AFRIQUE – De la nécessité des règles de convergence, en attendant l’émergence

 

Drapeau des Etats-Unis d'AFRIQUE

 

Beaucoup d’experts ne le pensent plus tout simplement bas, ils le disent maintenant tout haut : l’Afrique est une puissance économique en devenir. Et les projections de croissance économique ne le démentent pas. Elles iront en se raffermissant. Lors de sa désormais historique visite en Afrique en tant que président des Etats-Unis, Barack Obama, l’a encore réitéré le 25 juillet dernier, s’il en était encore besoin, en déclarant au sommet mondial de l’entrepreneuriat à Nairobi au Kenya: « Je voulais venir ici parce que l’Afrique va de l’avant. Le taux de croissance de l’Afrique est l’un des plus robustes du monde. Les gens commencent à sortir de la pauvreté, les salaires augmentent, la classe moyenne s’élargit, et des jeunes comme vous embrassent les technologies pour changer la façon dont les Africains font des affaires ».

 

Les convoitises que l’Afrique suscite auprès des puissances étrangères et de nombreux pays étrangers sont à la hauteur du potentiel énorme qu’elle pourrait receler dans un avenir tout proche. Toutes choses qui expliquent la ruée sur le continent de divers investisseurs et autres partenaires désireux de se positionner dans cette perspective dans différents secteurs d’activités. Il s’agit de s’intéresser au marché les premiers afin de pouvoir espérer en récolter les dividendes au moment opportun. « Avec la reprise de la croissance depuis dix ans et la remarquable résilience dont elle a fait preuve face aux chocs internationaux, l’Afrique séduit de plus en plus les investisseurs étrangers », soulignait un rapport de la Banque africaine de développement (BAD) et de ses partenaires sur les Perspectives économiques en Afrique.

 

Mais il ne faut guère se leurrer. L’Afrique ne deviendra un continent en plein essor économique que si les dirigeants du continent parviennent à définir, mettre en place et faire observer une politique qui favorise un tel épanouissement. Sinon, le continent en dépit de ses nombreuses ressources et de sa démographie galopante ou favorable demeurera tout au plus un énorme marché économique. Tout juste bon pour être au profit des autres pays et continents. Un marché qui au lieu de profiter aux différents pays respectivement, ne se contentera que de maigres retombées à la fois de sa croissance démographique et de l’augmentation du pouvoir d’achat de ses citoyens.

 

A travers le continent, on dénombre une panoplie d’ensembles économiques ou de marchés régionaux et sous régionaux (UMA, CEDEAO, CEN-SAD, UEMOA, CEMAC, CEEAC, SACU, SADC, IGAD, EAC, COI, COMESA, CCG (*), etc.) dont on se demande comment ils peuvent bien fonctionner dans cette cacophonie des objectifs pour parvenir à terme à un objectif qu’on dit commun à l’Union africaine (UA). Au demeurant, la question qu’on est en droit de se poser est de savoir s’il ne vaut pas mieux couper court à cette prolifération des organisations pour finalement se concentrer sur la réalisation d’un marché africain commun. Peu importe qu’il soit à plus ou moins longue échéance. L’avantage serait de définir clairement et pour tous les Etats membres des règles de convergence, tout en mettant en exergue les avantages qu’implique l’observance desdites règles.

 

Les règles de convergence, pour la construction d’une Afrique forte et unie, ne devrait même pas concerner uniquement le domaine économique. Au-delà, elles devraient être en principe applicables à tous les secteurs définis et susceptibles de constituer les fondements de ce qui doit préfigurer l’Etat fédéral de l’Union africaine. Qu’il s’agisse de la monnaie, de la santé, de l’environnement, de l’éducation, de l’agriculture, de la coopération et de la diplomatie, etc.

 

L’Afrique sous l’égide de l’Union africaine devrait se montrer encore et beaucoup plus ingénieuse, voire déterminée en prenant des initiatives qui la font manifestement avancer et en tirant leçon de toutes les expériences à travers le monde. En cela, des règles de convergence africaines sont sinon obligatoires du moins nécessaires pour lui servir de locomotive. Et face à elles, les nombreux ensembles régionaux et sous régionaux pourraient apparaître comme un frein sur lequel il faudra bien, un jour ou l’autre, se pencher. Quels que soient les objectifs louables qui auraient été à la base de leur création, il est nécessaire et voire indispensable qu’ils en viennent à se conformer aux règles de convergence africaines. Le plus tôt serait d’ailleurs le mieux dans le cas d’espèce. Car aucune émergence de l’Afrique ne serait possible dans une telle démultiplication des initiatives et des institutions et sans un cap clairement fixé comme objectif à atteindre pour tous.

 

(*) UMA : Union du Maghreb arabe

CEDEAO : Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest

CEN-SAD : Communauté des Etats sahélo-sahariens

UEMOA : Union économique et monétaire ouest africaine

CEMAC : Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale

CEEAC : Communauté économique des Etats d’Afrique centrale

SACU : Union douanière d’Afrique australe

SADC : Communauté de développement d’Afrique australe

IGAD : Autorité intergouvernementale pour le développement

EAC : Communauté d’Afrique de l’est

COI : Commission de l’Océan indien

COMESA : Marché commun de l’Afrique orientale et australe

CCG : Conseil de coopération du golfe

 

 

Par Marcus Boni Teiga

 

 

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