BURKINA – Diaspora : Manifestation hier à Paris contre le coup d’Etat

Venus en grand majorité de Paris et sa région, mais aussi de provinces, des Burkinabè, des Burkinabè et leurs amis ont condamné vendredi soir le coup d’Etat du 17 septembre dirigé par le Genéral Gilbert Diendéré

 

ACTU BF France

 

A l’appel du Collectif contre la confiscation de la démocratie au Burkina, près deux cents personnes se sont rassemblées hier en début de soirée à une centaine de mètres de l’ambassade du Burkina à Paris, dans le 8e arrondissement, pour condamner le coup d’Etat commis par le Général Gilbert Diendéré et réclamer la restauration des organes de la Transition. La fine pluie qui s’est progressivement intensifiée sur Paris n’a pas suffit à dissuader les dissuader, tant la cause leur semblait d’une grande importance.

 

Les oreilles du président du Conseil national de la démocratie (CND), ont dû siffler. « Diendéré, assassin », « CND-RSP, le peuple vous vaincra », etc., n’a cessé de répéter les manifestants que la police a confinés à l’angle de la Rue de Courcelles et de la Baume, à la grande colère de Adama Coulibay, un des orateurs du jour.

 

Comme en octobre 2014, les Burkinabè ont reçu le renfort d’autres ressortissants africains, notamment du Burundi, du Congo-Brazzaville, de Côte d’Ivoire, du Sénégal, des militants du Parti communistes français (PCF), des pourfendeurs du F CFA, etc., tous venus dénoncer le coup d’Etat perpétré contre les organes de la Transition. « Cette manifestation marque le top départ d’une série d’autres qui, certainement prendront d’autres formes, jusqu’au retour des organes de la Transition », explique Adama Coulibaly, une figure de la société civile de la diaspora burkinabè de France. « Je m’attendais à plus de monde, mais je suis quand même satisfait de la mobilisation parce que les gens travaillent, et pour moi, l’essentiel est de savoir que nous condamnons tous le putsch », confie Nabaloum Sibiri, président du MPP France. « Diendéré doit savoir que les Burkinabè n’accepteront jamais son régime et nous allons continuer la mobilisation jusqu’à ce que le pouvoir soit géré par un civil et que l’armée retourne dans les casernes comme toutes les armées du monde », poursuit-il.

 

Coordonnateur du Collectif, Didier Ouédraogo est plus incisif : « Diendéré se trompe d’époque et s’il croit que les Burkinabè vont se résigner devant sa forfaiture, il se trompe. Cet monsieur est bien connu de notre peuple et son nom est associé à toutes les exactions commises dans notre pays depuis 27 ans ». Sur l’invitation à la concertation lancée par le Général Diendéré, sa réponse est claire et nette : « Il n’y pas de dialogue possible avec un putschiste comme lui. Le seul message qu’on peut lui envoyer, c’est de dégager toute suite pour que les organes de la Transition organisent les élections démocratiques ».

 

Paul Tamini, autre figure de la diaspora ne veut pas non plus entendre parler de dialogue avec « celui dont le nom est associé aux assassinats et autres actions de déstabilisation de certains pays comme en Sierra-Leone et au Libéria. Il joue sa dernière carte car il sent que l’étau se resserre petit à petit sur lui et qu’il n’échappera à la prison ». Représentante de l’Unir/Ps en France et candidate à la députation à Fada, Germaine Pitroipa croit savoir que « Diendéré sait que dans l’affaire Sankara, il allait être bientôt convoqué par le juge qui a les résultats des tests ADN pratiqués sur les restes de Thomas. Je ne sais pas ce que disent les résultats, mais de toute évidence, des fuites sont parvenues aux oreilles de Diendéré et ce qu’il a fait n’est qu’une fuite en avant ».

 

Un orateur burundais « salue la détermination du peuple burkinabè dans sa lutte pour la démocratie et rassure que chez nous, au Burundi, d’ici six mois, Nkurunziza va dégager parce que les Burundais ne veulent plus de lui ».
La nuit commence à tomber. Au plus tard à 20 h, il faut libérer les lieux pour ne pas importuner les riverains. C’est une consigne de la police. Malgré la pluie qui tombe toujours, du monde continue d’arriver et l’espace devient continu. On se serre et s’abrite sous les parapluies que les plus prévenants ont apportés. Les médias venus couvrir la manifestation rangent leur caméra. Un dernier Ditanyè retentit, repris à plein poumon. « Restez à l’écoute pour les prochaines actions que nous allons entreprendre », lance un orateur.

 

Joachim Vokouma ; Lefaso.net (France)

 

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Source: http://www.lefaso.net

 

 

Lefaso.net (Burkina)

 

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