BURKINA / GESTION DU COUP DE FORCE DU RSP – Chefs de corps promotionnaires de l’armée burkinabé, chapeau !

 

Le Général de brigade Pingrenoma Zagré, Chef d’Etat-major général des Armées au premier plan.Le Général de brigade Pingrenoma Zagré, Chef d’Etat-major général des Armées au premier plan.

 

Mon vieil oncle aujourd’hui malheureusement décédé pour continuer de me donner à réfléchir sur la bonne vieille sagesse proverbiale d’Afrique avait coutume de me dire: « même du diable, on peut toujours tirer du bien », « rien n’est tout à fait positif ni tout à fait négatif dans la vie », etc. Le Général Gilbert Diendéré est un homme et non un diable, je ne veux pas parler de lui. Même si je veux parler de son coup d’Etat.

 

Je veux parler de ces chefs de corps, promotionnaires de l’armée burkinabé qui, à travers ce très inopportun coup d’Etat que nous avons fermement condamné et décrié chacun à sa manière, nous ont donné une formidable leçon de vie sur ce que des gens issus d’une même promotion sont capables de faire. Et cela, même en étant dans des camps opposés.

 

Il y avait d’une part des chefs de corps des Forces armées loyalistes au gouvernement de transition et d’autre part le chef de corps par intérim du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), putschiste. Et comme si dans notre modernité confuse, nous avons du mal à liquider en Afrique notre passé issu de la nuit des temps, le pacte qui sauva le Burkina Faso fut scellé chez le Mogho Naaba, Roi ou Empereur des Mossi, c’est selon !

 

Mon vieil oncle serait encore aujourd’hui vivant qu’il m’en dirait tant de choses à ce propos…Sur nos bonnes vieilles traditions africaines ainsi que leur code d’honneur. Hélas !

 

Rencontre entre frères d'armes au palais du Mogho Naaba à Ouagadougou, dans le cadre de la signature de l'accord de non affrontement.Rencontre entre frères d’armes au palais du Mogho Naaba (au milieu) à Ouagadougou, dans le cadre de la signature de l’accord de non affrontement.

 

Le pire a été évité. Et il faut maintenant tourner la page, certes douloureuse. Et c’est parce qu’elle est même très douloureuse qu’il faudrait s’armer non pas de Kalachnikov ou de RPG mais de courage tout bonnement. Et de bon coeur ! Bon courage donc, chers frères et soeurs du Burkina, car il faut avancer…avancer encore et avancer toujours… Non pas sans regarder derrière, mais sans jamais se retourner ou rebrousser chemin. Nos ancêtres disaient de cela, que c’est avoir le « complexe du crocodile du Nil ». Car le crocodile ne sait pas reculer. C’est son défaut, mais c’est aussi sa qualité. Il peut contourner, mais il avance toujours. N’est-ce pas de cette si fameuse et légendaire Vallée du Nil que viennent les ancêtres des Burkinabé ? En tout cas: chapeau bas, aux chefs de corps promotionnaires de l’armée burkinabé qui ont su gérer avec tact et intelligence ce coup d’Etat pour lui trouver une issue bien heureuse, il faut bien le dire ! Car un affrontement en pleine ville comme Ouagadougou aurait pu non seulement la défigurer littéralement en quelques minutes, mais aussi entraîner beaucoup de victimes civiles. En cela, il suffit de demander à mes frères et sœurs du Tchad qui vous édifieront sur les nombreuses et coûteuses chirurgies architecturales qu’il a fallu administrer à N’Djamena avant que la capitale tchadienne  ne change de visage, un tant soi peu.

 

Par Marcus Boni Teiga

 

 

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