MALI – IBK tend la main à l’opposition pour entrer au prochain gouvernement

Dans une interview accordée à l’Ortm et Africable Télévision, à l’occasion du deuxième anniversaire de son accession au pouvoir le vendredi 4 septembre dernier, le président de la République Ibrahim Boubacar Kéïta a tendu une main fraternelle à l’opposition en l’invitant à venir l'”accompagner dans la mission nationale ” pour faire face aux ” défis colossaux, sécuritaires, qui nécessitent que nous soyons tous là, la main à la pâte ” et “faire du Mali, un pays envié “. Si ces propos d’IBK devaient se traduire dans les faits, ne faudrait-t-il pas alors s’attendre à l’entrée dans la prochaine équipe gouvernementale des deux ténors de l’opposition républicaine, à savoir son chef de file Soumaïla Cissé et le président du PARENA, Tiébilé Dramé.

 

Le Président de la République, Son Excellence Monsieur Ibrahim Boubacar KEITA, a reçut ce 4 juin 2014, la classe politique malienne (majorité et l’opposition)Le Président de la République, Son Excellence Monsieur Ibrahim Boubacar KEITA, a reçut ce 4 juin 2014, la classe politique malienne (majorité et l’opposition)

 

Au cours de la tournée qu’il a effectuée dans la région de Sikasso, du 20 au 24 juillet dernier, les Maliens attendaient de leur président qu’il fasse des déclarations de très haute portée notamment politique pour la vie de la nation. Tel ne fut pas le cas et cela au grand dam de tous ces compatriotes qui tirent de nos jours le diable pas la queue. Tant la situation socio-économique et sécuritaire est des plus fragiles et des plus préoccupantes. Même si c’est vrai que le chef de l’Etat n’a pas la clé à tous nos problèmes, le citoyen ne voit que lui pour alléger sa souffrance tant le coût de la vie est devenu cher voire très cher pour l’ensemble des ménages.

 

Si cette tournée présidentielle en 3ème région n’a pas été riche en propos de haute portée, force est cependant de reconnaître qu’elle a rassuré nos compatriotes. Principalement ceux des localités visitées qui n’ont pas eu besoin d’intermédiaires pour porter leurs revendications au chef de l’Etat, sinon leur vision sur la marche du pays.

 

Des bains de foule pas à la hauteur

 

Un pays qui, aux dires des uns et des autres, ne marche plus normalement comme s’il avait un pied cassé. A juger par les bains de foule qui n’étaient pas à la hauteur de l’événement quand on sait que c’est la toute première tournée à l’intérieur du pays d’un président de la République élu par plus de 77% des électeurs. Quand on sait également que cette tournée a eu lieu dans la région la plus peuplée du Mali.

 

C’est dire combien l’anxiété est grande même dans le Mali profond traditionnellement à l’abri des pressions, des tensions et des soucis de la grande ville. Là-bas comme dans les grandes villes, le moral des populations n’est pas à la fête.

On se demande maintenant si IBK a, au cours de cette tournée, réellement pris la température de la situation qui prévaut dans ce Mali où le scepticisme commence à gagner même les esprits les plus optimistes.

 

L’appel d’IBK sera-t-il suivi d’effet ? 

 

C’est dire qu’il serait injuste voire injurieux de croire que le chef de l’Etat n’a pas été sensible au quotidien du Malien au cours de cette tournée présidentielle. Cela dans la mesure où les deux ans de son mandat n’ont pas été une sinécure pour les populations maliennes constamment préoccupées par la recherche du pain quotidien. Cela dans un train-train où le chômage des jeunes et le sous-emploi des moins jeunes sont devenus quasi endémiques. Mais partout et comme le ferait tout dirigeant soucieux de son pays et de son peuple, IBK a promis un Mali meilleur pour tous et de s’est engagé de s’y atteler au cours des trois années qui restent de son mandat.

 

C’est ceci qui nous amène à son interview télévisée du 4 septembre dernier, au cours de laquelle il a lancé un véritable cri du cœur en appelant tous les Maliens, y compris l’opposition, à l’aider à réussir sa mission. Il s’agit là, si l’on peut ainsi s’exprimer,  d’une des principales moissons de la tournée d’IBK dans le Mali profond, quand il a compris que les critiques visant les mauvaises pratiques qui minent son régime ne viennent pas seulement de l’opposition et de la presse bamakoise.

 

Des défis colossaux

 

En effet, sous la gouvernance d’IBK, le pays avance si lentement que l’impression générale est qu’il recule. Dans cette interview sur ses deux ans au pouvoir, même s’il a esquivé certaines questions qui fâchent – c’est-à-dire celles sur le panier de la ménagère et sur les cas les plus récents de détournements présumés des deniers publics -, le président de la République, conscient des limites de son cercle de partisans et se mettant au-dessus de la mêlée, a invité l’opposition républicaine à le rejoindre pour travailler ensemble.

 

Ainsi, s’est-il exprimé au cours de cet entretien : «Je vais essayer, plus que par le passé, d’être le plus disponible possible vis-à-vis des uns et des autres pour que dans l’échange nous fassions en sorte d’améliorer l’existence de ce pays. Nous avons aujourd’hui des défis colossaux, sécuritaires, qui nécessitent que nous soyons tous là, la main à la pâte…Si dans le parcours, des erreurs sont commises, ce serait mauvais que je n’ouvre pas les oreilles, que je n’écoute pas».

«Je serai ouvert  et fraternel à tous»

Avant de poursuivre : «Je tends la main à mes frères de l’opposition. Il n’y a pas d’opposition contre IBK…Peut-être contre le RPM, mais pas contre moi…Il faut que chacun soit disponible à m’accompagner dans la mission nationale. Moi je suis disponible, je n’ai d’ailleurs pas le choix, pour qu’ensemble nous fassions de ce pays, un pays envié “.

 

S’adressant à la société civile dont les leaders les plus en vue avaient été invités à assister à l’entretien, IBK a souligné : “Il est bon que vous sachiez que ce travail, c’est votre affaire à tous. Je serai ouvert et fraternel à tous les Maliens”.

Après ces propos qui sonnent comme un appel direct à l’opposition à entrer dans la prochaine équipe gouvernementale, les Maliens attendent que le chef de l’Etat trouvent rapidement une solution au mal-vivre ambiant devenu le lot quotidien de l’écrasante majorité de la population. Cela doit-il passer par la nomination des barons de l’URD et du PARENA, dont la rumeur dit d’ailleurs qu’ils ont été consultés, dans le futur gouvernement ?

 

En tout cas, seul le président de la République est à même d’apprécier à sa juste valeur cette opportunité. Lui-même étant jugé par le peuple sur la seule base des résultats qu’il va engranger dans l’amélioration des conditions de vie de ce dernier. Le temps restant étant de trois ans seulement, c’est dire encore combien le défi est énorme.

 

Mamadou FOFANA

 

 

Source : http://www.maliweb.net

 

Maliweb.net (Mali)

 

 

 

A lire aussi:

 

MALI – Terrorisme : Démantèlement d’une Cellule Djihadistes à Bamako

 

MALI – Rencontre entre le président IBK et les partenaires du Mali : Le Gatia sommé de quitter immédiatement Anéfis et sans condition

 

MALI – Le Représentant de la CEDEAO, Aboudou Touré Chéaka à propos de la sortie de crise : « La mise en œuvre de cet Accord n’est pas un problème de temps mais de volonté politique »

 

Lettre d’Amadou Hampâté Bâ à la Jeunesse : «soyez au service de la vie sous tous ses aspects»

 

HISTOIRE – Grandeur et décadence de l’Empire du Ghana

 

MUSIQUE – La diva Babani Koné à la conquête du monde

 

Commentaires