NIGERIA – Les 100 jours du président Buhari à Aso Rock

Le président nigérian, Muhammadu Buhari, ancien Général à la retraite investit président de la République le 29 mai, à la suite du scrutin présidentiel du 28 mars dernier vient de franchir le cap des cent (100) jours au pouvoir. Regards sur les premières actions de l’homme qui promettait de « balayer » le Nigeria.

 

Le président Muhammadu Buhari du Nigeria.Le président Muhammadu Buhari du Nigeria.

 

L’élection du Général à la retraite, Muhammadu Buhari, à la tête du Nigeria avec 53,9% des voix face à son adversaire de la présidentielle du 28 mars dernier, le président sortant Goodluck Jonathan, a suscité et continue de susciter d’immenses attentes. Cent jours après, rien n’a encore altérer cet espoir, d’autant que les Nigérians connaissent l’ampleur de la tâche qui attend les nouvelles autorités.

 

En effet, les principales actions sur lesquelles les Nigérians attendent l’administration Buhari restent la lutte contre la secte islamiste de Boko Haram qui s’est rebaptisée Etat islamique en Afrique de l’Ouest (EIAO), la relance de l’économie nationale et la lutte contre la corruption. Et peu après son investiture, ce Peul du Nord du Nigeria originaire de l’Etat de Katsina qui avait fait du balai son symbole de campagne électoral s’est mis à œuvre pour « balayer » la Maison Nigeria.

 

Lutte contre l’Etat islamique en Afrique de l’Ouest (ex Boko Haram)

 

Dans son discours d’investiture, à l’occasion de sa prise de fonction le 29 mai dernier, le président Muhammadu Buhari avait été on en peut plus prudent sur les jeunes lycéennes de Chibok enlevées par l’ex Boko Haram. Mais il avait fermement promis que le chef des islamistes Abubakar Shekau et ses hommes allaient très vite se rendre compte de la volonté commune des Nigérians de les mettre rapidement hors d’état de nuire. « Je peux vous assurer que Boko Haram va vite mesurer la force de notre volonté collective et de notre engagement à débarrasser la nation de la terreur et pour ramener la paix », déclarait-il.

 

Depuis, il a non seulement multiplié les déplacements et contacts diplomatiques avec les pays engagés dans la lutte contre ces terroristes, à savoir le Niger, le Tchad, le Cameroun et le Bénin, mais il a aussi fait remplacer tous les chefs militaires de l’armée nigériane. En nommant au surplus un Général originaire de l’Etat de Borno dans lequel sévit l’Etat islamique en Afrique de l’Ouest (ex Boko Haram) comme chef d’Etat-Major des Forces armées nigérianes en la personne du Général Tukur Buratai. Tout en faisant déménager le commandement opérationnel d’Abuja – la capitale fédérale – à Maiduguri, la capitale de l’Etat de Borno. Au surplus, dans les négociations concernant le commandement militaire de la Force multinationale, le Général à la retraite et président du Nigeria a opposé un refus catégorique de voir le commandement en chef attribué à un quelconque pays autre que le Nigeria. Et il a eu gain de cause.

 

Récemment, début septembre, des soldats nigérians ont pu ainsi reprendre la ville stratégique et symbolique de Gamborou qui relie le Nigeria au Cameroun que les hommes d’Abubakar Shekau tenaient depuis le repli des soldats tchadiens au-delà des frontières nigérianes à la demande du gouvernement sortant du président Goodluck Jonathan.

Seul bémol, jusqu’à ce jour, les jeunes lycéennes de Chibok toujours portées disparues cinq cent jours après. En dépit de nombreuses autres libérations de femmes, de jeunes filles et d’enfants auparavant détenu par l’ex Boko Haram.

 

Lutte contre la corruption

 

Contrairement à bien des chefs d’Etat et dirigeants africains, le président Muhammadu Buhari est connu pour son intégrité et sa droiture qui ont d’ailleurs beaucoup pesé dans son élection. L’homme, même s’il est Peul de naissance, est austère comme il apparaît physiquement. Il s’est fait fort de déclarer ses biens pour être en conformité avec la loi et son éthique personnelle.

 

Ainsi les Nigérians savent dorénavant et contrairement à nombre de présidents qui l’ont précédé qu’il ne dispose d’aucune concession pétrolière. Pas plus qu’il n’a de compte bancaire à l’étranger. Selon sa déclaration de patrimoine faite le 2 septembre dernier, le chef de l’Etat nigérian possède au total 30 millions de nairas, soit l’équivalent de 136 000 euros sur son compte bancaire.

 

A l’occasion de sa première visite officielle aux Etats-Unis, Muhammadu Buhari a demandé aux autorités américaines de l’aider à rapatrier les fonds détournés au Nigeria et logés dans les banques du pays. Une requête à laquelle les autorités américaines ont promis de donner une suite favorable. En effet, sous l’administration précédente des milliards de naira du pétrole nigérian se sont volatilisés vers des destinations diverses sans qu’on puisse justifier des nombreuses sorties d’argent. Il reste donc à l’administration Buhari de pouvoir traquer et récupérer cet argent sans pour autant donner l’impression de faire une chasse aux sorcières contre les officiels de l’ancien régime de Goodluck Jonathan.

 

Relance de l’économie nationale

 

Le président Muhammadu Buhari est en train de diligenter des plans pour réduire drastiquement la situation du chômage au Nigeria de manière drastique, a révélé son entourage. Et cela de concert équipe d’experts de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI). Il s’agit, pour lui, de tout faire pour juguler le chômage de masse au Nigeria.

Contrairement à l’opinion publique nigériane qui le trouve lent dans ses prises de décisions et la réalisation de ses promesses aux Nigérians, le président est en train de travailler et les Nigérians verront bientôt les résultats de ces efforts sur le terrain.

Faut-il le souligner, Muhammadu Buhari n’a pas encore formé son cabinet et les Nigérians attendent avec impatience de mettre des noms et des visages sur les ministres du nouveau gouvernement de l’après-Goodluck Jonathan à l’Aso Rock, le palais présidentiel d’Abuja.

 

En attendant, beaucoup se focalisent sur ses dernières nominations. Lesquelles sont fortement critiquées par certains qui y voient une prépondérance des gens du Nord du pays. Mais à cela, l’entourage de Buhari préfère répondre que ces critiques ne sont que l’œuvre d’anciens politiciens qui se sont retrouvés sans emploi du jour au lendemain du fait de leur échec et qui cherchent des noises dur la tête président nigérian. Car la question qui prime aujourd’hui n’est pas la coloration régionale, mais plutôt l’efficacité dans les actions et par conséquent les résultats.

 

Tout compte fait, cent jours après son accession démocratique à la magistrature suprême, Muhammadu Buhari continue à bénéficier d’un préjugé favorable et d’un immense courant de sympathie. En dépit du fait que face à son parti du Congrès de tous les progressistes (All Progressive Congress – APC), le Parti démocratique populaire (People’s Democratic Party – PDP) qui a perdu le pouvoir tente vaille que vaille de s’organiser et de jouer pleinement son rôle d’opposition politique. Une chose est sûre, les Nigérians l’attendent au tournant de ses promesses électorales. Et il ne le sait que très bien: ses adversaires ne vont pas le rater au moindre faux pas.

 

Par Serge-Félix N’Piénikoua

 

 

 

 

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