LIVRE / DICTIONNAIRE COMPARE EGYPTIEN/FANG-BETI – Quand des langues négro-africaines éclairent l’égyptologie

Le Professeur Grégoire Biyogo a publié un ouvrage monumental qui fera date dans l’historiographie de l’Afrique Noire, voire du monde. En ce sens qu’il bouleverse nos connaissances actuelles en la matière.

 

 

Le temple de Louxor en Égypte.Le temple de Louxor en Égypte.

En effet, ce philosophe et égyptologue nous apporte un nouvel éclairage tant sur l’égyptien ancien que sur les Langues Négro-africaines en général, et le Fang-Beti en particulier. Après des années de recherches auprès des sages de son pays, cet éminent spécialiste qui maîtrise en outre parfaitement les subtilités de sa langue maternelle, remonte le cadran de l’histoire au moyen de la philologie.

 

LIVRE DICTIONNAIRE EGYPTIEN FANG BETI 034

 

A travers son livre intitulé Dictionnaire comparé Egyptien/Fang-Beti De la coappartenance Kémit-Ekang L’Egypte et l’Afrique en quête d’éternité, c’est l’histoire cachée de la relation intime entre l’Egypte ancienne et l’Afrique Noire qui se dévoile. Le cordon ombilical commun étant la Nubie antique.On pourrait presque résumer le livre en un passage de l’auteur lorsqu’il écrit :

 

« il faudrait donc que ce discours égyptologique, pour gager le nouveau tournant appelé par cette recherche, se réconciliât avec l’exigence philologique, logique et aporétique de la philologie comparée, réparant ainsi l’amputation du contenu philosophique infligée aux mots et aux choses d’Afrique et d’Egypte, à travers des opérations téméraires et répétées de sur interprétations, et des appropriations pour le moins inadéquates, qui sont apparues comme des déviations suspectes, heurtées, arrimées tantôt au prisme de la pensée grecque, tantôt à la courbe d’esprit du christianisme, ou à celle de l’islam, lors même que toutes ces Religions, et toutes ces pensées, à bien regarder, procèdent de loin en loin, de l’ancienne Egypte elle-même. D’où la nécessité de revenir à l’Egypte ré-africanisée, en vue de rendre compte de ce qu’elle a été, de ce qui en elle a été oublié, sans médiation, sans intermédiaire, pour tirer profit de ce qu’elle peut encore nous permettre d’être, autrement dit ce qu’elle porte puissamment comme message philosophique universel ».

 

 

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Au-delà de la coappartenance de l’Egypte et de l’Afrique Noire, Grégoire Biyogo évoque aussi et surtout les sciences dont les origines de maintes d’entre elles se trouvent gravées en Afrique Noire comme le révèle la philologie. Il s’agit de la philosophie, la médecine, l’astronomie, la physique, les mathématiques…, mais qu’on a injustement attribuées à d’autres civilisations. Involontairement ou non. Beaucoup de chercheurs ont longtemps pensé que les Langues Négro-africaines descendaient de l’Egyptien ancien, lors même qu’il s’agit exactement du contraire. Raison pour laquelle l’auteur invoque la « Querti », c’est-à-dire la « source » ou l’« origine » des mots, pour nous en rendre compte.

 

Le Shemsu Maât Grégoire Biyogo.Le Shemsu Maât Grégoire Biyogo.

 

En dépit de sa brillante et extraordinaire civilisation qui a irradié le monde, l’Egypte n’a été en fait que le prolongement de la civilisation de la Nubie antique dont elle fut l’héritière la plus moderne et la plus perfectionnée en son temps. Car l’Egypte elle-même a toujours reconnu la Nubie en tant que telle lorsqu’elle parle de « Medu Netjer » ou de « Takhent » ou encore de « Ta Séti », c’est-à-dire le « Pays des dieux » ou le « Pays des ancêtres, des origines, du commencement ». Ce pays qui n’est autre que le Pays de Koush. L’ouvrage de Grégoire Biyogo montre bien, s’il en était encore besoin, que l’Egyptologie gagnerait en un nouveau souffle à explorer dans les fonds abyssaux de l’Afrique Noire. Et en cela, la philologie reste la clef essentielle qui la ferait avancer dans les méandres des chemins de l’histoire afin de découvrir les trésors secrets qu’elle nous cache encore. Un livre passionnant qui mérite lecture aussi bien pour les spécialistes et chercheurs que pour les profanes.

 

Par Marcus Boni Teiga

 

 

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