RD CONGO – Cent dix détenus libérés de la prison centrale de Mbuji-Mayi

Cent dix détenus préventifs de la prison centrale de Mbuji-Mayi ont recouvré leur liberté le samedi 5 septembre 2015, à la suite de la visite d’une délégation conduite par le vice-ministre de la Justice. Cette maison carcérale fait face à une épidémie de tuberculose depuis plusieurs mois. Depuis novembre 2014, vingt-sept détenus sont déjà morts de cette maladie. Des sources judiciaires indiquent que l’objectif de cette opération est de libérer environ trois cents détenus poursuivis pour des faits bénins et ceux atteints de la tuberculose.

 

ACTU PRISONNIER LIBERE

Au sujet des prisonniers malades qui se trouvent à l’intérieur de la prison de Mbuji-Mayi, le vice-ministre de la Justice, Mboso Nkodia Kwanga, a promis qu’ils seront transférés dans les institutions sanitaires. La prison centrale de Mbuji-Mayi a été construite avec une capacité d’accueil initiale de deux cents personnes. Actuellement, elle accueille plus de huit cents détenus.

 

Le vice-ministre de la Justice a annoncé que la libération de 110 prisonniers fait partie d’un processus de désengorgement de la prison de Mbuji-Mayi. Il a précisé : « Aujourd’hui, c’est le début du processus de désengorgement de la prison. Nous allons diminuer le nombre des prisonniers ici à Mbuji-Mayi, jusqu’à atteindre deux cents. Après, nous allons réhabiliter les prisons de Mbuji-Mayi, Kabinda et Lusambo ».

Il a par ailleurs demandé aux personnes libérées de faire le serment de ne plus remettre les pieds en prison. « Aujourd’hui, vous jouissez de la liberté, grâce au chef de l’Etat et à la compassion des magistrats », a précisé Mboso Nkodia Kwanga, promettant que d’autres prisonniers vont bénéficier d’une libération conditionnelle, s’ils purgent le quart de leur peine et s’ils s’amendent et se reconvertissent.

 

A propos de cette prison, les organisations non gouvernementales de défense des droits de l’homme  du Kasaï Oriental demandent au gouvernement central d’améliorer urgemment les conditions de détention dans la prison centrale de Mbuji-Mayi. Elles ont à cet effet publié un communiqué de presse le 28 août dans cette ville.

 

Les chiffres issus de cette prison sont alarmants. Les statistiques disponibles au 25 août 2015 renseignent qu’il y a 815 détenus dans une prison exiguë, d’une capacité d’accueil initiale de 200 pensionnaires. Deux cent-douze prisonniers sont atteints de la tuberculose. Du 1er janvier au 30 août 2015, vingt-trois prisonniers sont décédés de la tuberculose et de la mauvaise alimentation, renseigne le communiqué.

Les ONGDH de Mbuji-Mayi qualifient les conditions des détenus de la prison de Mbuji-Mayi, de « proche de l’holocauste». Pour améliorer cette situation, elles recommandent à la justice de procéder à la vérification des dossiers de tous les détenus, afin que chacun soit fixé sur son sort.

 

Ces ONG demandent au gouvernement d’envoyer régulièrement la dotation pour la ration alimentaire et de délocaliser cet établissement carcéral ; et soumettre au Parlement le financement pour la construction et l’équipement d’une autre prison moderne, respectant les standards internationaux, figure aussi parmi les recommandations faites à l’exécutif national.

Les rédacteurs de ce communiqué souhaitent par ailleurs que le gouvernement provincial s’implique dans la prise en charge des prisonniers. Ils motivent leur appel par le fait que les autorités nationales et locales demeurent insensibles à toutes les alertes face à la situation inquiétante des détenus de la prison centrale de Mbuji-Mayi.

 

Les ONG de défense des droits de l’Homme que voici : Centre des droits de l’Homme et du droit humanitaire (CDH), Action contre l’impunité des droits de l’Homme(ACIDH), Fondation Frankel Van Ler (FKVL), Protégeons la vie humaine (PVH), et l’Union des femmes pour les droits de l’homme (UFDH), ont participé à la rédaction de ce communiqué.

A ce sujet, il sied de noter que deux personnes sont mortes de tuberculose le lundi 17 août 2015 à la prison centrale de Mbuji-Mayi.  Comme noté plus haut, ces décès ont été dus à la tuberculose pulmonaire et à une sous-alimentation, avaient précisé les  sources pénitentiaires. Les deux victimes étaient des détenus civils dont l’un était un mineur de 17 ans.

 

Plus de deux cents tuberculeux

 

La population pénitentiaire de la prison centrale de Mbuji-Mayi est estimée à environ 850 détenus. La plupart vivent par centaines dans des cellules de six mètres sur dix. A en croire le ministre provincial de la Justice Jean Claude Musaas Manyong, les prisonniers n’ont plus reçu de ration alimentaire depuis fin mars. Depuis décembre 2014, la prison centrale de Mbuji-Mayi a enregistré 15 décès dus à la tuberculose. Fin juillet 2015, 210 cas de tuberculose étaient enregistrés dans le même centre de détention et 124 prisonniers malades suivaient un traitement.

 

Toutes les sources sont concordantes sur la situation catastrophique qui prévaut en ce lieu. Même le directeur de la prison a affirmé qu’environ deux cent-dix détenus souffrent de tuberculose sur environ huit cent trente-huit dépistés. Le mardi 21 juillet 2015, il a attribué cette situation au manque de financement depuis le mois de mai 2015 pour l’achat de la nourriture.

 

Selon ce responsable de la prison de Mbuji-Mayi, il est difficile de fournir une alimentation équilibrée aux détenus, particulièrement les tuberculeux sous traitement. Cent trente-cinq malades sur deux cent-dix sont encore détenus à la prison centrale de Mbuji-Mayi. Les autres ont été libérés après avoir purgé leur peine. Au nombre de ceux qui restent en prison, cent vingt-cinq sont sous traitement.

Mais suite à l’insuffisance de la ration alimentaire, il est difficile de poursuivre la prise en charge médicale, car le malade sous traitement a besoin d’au moins deux repas par jour, souligne le directeur de cette maison carcérale.

 

Il fait remarquer que le dernier financement intervenu en mai dernier  n’avait servi qu’à payer les dettes antérieures des fournisseurs de nourriture. Les responsables de la prison de Mbuji-Mayi continuent, tout de même, à obtenir de la nourriture à crédit pour les détenus, en attendant les fonds du gouvernement.

 

Par Donatien Ngandu Mupompa

 

 

Source : http://www.lepotentielonline.com

 

Le Potentiel (RD Congo)

 

 

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