BURKINA – Putsch du CND : Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé à la MACA ou à Paspanga ?

Depuis le mardi 6 octobre 2015, les enquêtes sur le putsch manqué du CND se sont accélérées avec la mise en accusation des principaux auteurs et complices présumés, les généraux Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé. Déférés officiellement à la maison d’arrêt et de correction des armées (MACA) sise au camp Lamizana le même jour, ils étaient, jusqu’à ce mercredi 7 octobre, toujours au camp de gendarmerie de Paspanga. Pourquoi ?

 

ACTU Bassolé

 

Contre le Gal Diendéré, le cerveau présumé du putsch, l’on parle d’une dizaine de chefs d’accusation dont on peine jusqu’ici à avoir la liste exhaustive. L’on cite, principalement, l’attentat à la sûreté de l’Etat, meurtres et complicité de meurtres, la haute trahison, la collusion avec des ennemis extérieurs. Pour le Gal Bassolé, il serait retenu contre lui les deux derniers chefs d’accusation, à savoir la haute trahison et la collusion avec des ennemis extérieurs.

 

Dans un communiqué publié le 28 septembre, le gouvernement avait explicitement accusé Djibrill Bassolé de complicité avec le Gal Diendéré. La « résistance s’organise actuellement autour d’une poignée d’éléments putschistes, instrumentalisés par le général Diendéré, appuyé désormais par le général Djibril Bassolé » disait-il dans un communiqué, soulignant que « …plus grave encore, le Gouvernement a connaissance de la mobilisation de forces étrangères et de groupes djihadistes qu’ils ont appelés à leur secours dans la réalisation de leur funeste dessein ».

 

Dès le lendemain, Djibrill Bassolé était arrêté à son domicile officiel sis à Koulouba, malgré ses dénégations et celles du Gal Diendéré qui le disculpait de toute implication dans cette affaire. Par l’entremise de son avocat, Me Dieudonné Bonkoungou, Bassolé avait tenu à démentir toute implication. « C’est avec amertume mais sans grande surprise que je prends connaissance du communiqué du gouvernement de la transition qui m’associe à une entreprise de déstabilisation. Après les mesures d’exclusion et d’acharnement politico judiciaire dont j’ai été victime, il s’agit à présent d’une campagne de diabolisation » avait-t-il clamé.

 

Mais il est vrai qu’au lendemain du putsch, Djibrill Bassolé avait tenu des propos sibyllins, qui n’exprimaient pas une condamnation ferme du coup d’Etat. « Je suis affligé par les récentes évolutions de la situation de sécurité au Burkina Faso et profondément préoccupé pour l’avenir de notre pays. Nos ambitions communes de bâtir un Burkina paisible et prospère seront irrémédiablement compromises si l’usage des armes et de la violence vient à prendre le pas sur une véritable promotion de la démocratie et des libertés fondamentales » écrivait-il sur sa page Facebook le 18 septembre, avant de conclure : « En tout état de cause, la hiérarchie militaire, et en particulier le Président du CND, doit très clairement expliciter leur intention et leur agenda de restaurer dans les meilleures conditions un ordre républicain qui consacre le retour à une vie constitutionnelle et institutionnelle normale par la tenue d’élections libres, crédibles et apaisées » ; une position que des observateurs ont assimilée à de la complicité. Et qui lui vaut, en partie, de se retrouver aux arrêts.

 

Les deux généraux ont-ils été transférés à la MACA le 6 octobre ? Oui, selon le secrétaire général du ministère de la Défense, le colonel-major Alassane Moné qui, depuis le déclenchement de cette crise, a été sur le front des concertations pour son bon dénouement. Mais dans le même temps, des proches de Bassolé soutiennent qu’il est toujours au camp de gendarmerie de Paspanga et qu’il y aurait même rencontré brièvement le Gal Diendéré qui se serait étonné de le voir toujours retenu à cause de cette affaire…

 

Mais à la vérité, il n’y a pas de contradiction entre ces deux versions, selon les explications que nous avons recueillies auprès des sources sécuritaires. En effet, si la MACA a été créée par décret le 12 août 2009 comme un établissement pénitentiaire militaire à Ouagadougou, elle n’a pas encore été totalement aménagée conformément à certaines normes ; même si elle accueille déjà des pensionnaires, notamment les acteurs des mutineries de 2011 qui ont été reconnus coupables. Ainsi, le carré réservé aux officiers demanderait encore des travaux ; ce qui a obligé le ministère de la Défense à réquisitionner des bâtiments du camp de gendarmerie de Paspanga où sont gardés les prévenus depuis leur arrestation pour en faire des annexes de la MACA. Les généraux Diendéré et Bassolé sont donc pour le moment à la MACA…à Paspanga. Affaire à suivre.

 

Lefaso.net

 

 

Source: http://www.lefaso.net

 

Lefaso.net (Burkina)

 

 

 

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