Cette Afrique-là…

Cette Afrique-là ! est le titre d’un roman de l’écrivain d’origine camerounaise, Jean Ikellé-Matiba paru aux éditions Présence africaine en 1963. La trame évoque la période charnière entre l’Afrique ancienne et l’Afrique de la colonisation. Mais Cette Afrique-là…qui nous intéresse au premier chef aujourd’hui est celle qui se trouve constamment sous les projecteurs de l’actualité et de fort triste manière : celle de notre époque, la période postcoloniale. Celle qu’on a appelé pudiquement la période des indépendances.

 

Il s’agit en l’occurrence de l’Afrique des guerres comme au Soudan du Sud ou en Centrafrique, des révisions constitutionnelles avec leur corollaire d’interminables mandats présidentiels, des attentats à caractère intégriste comme au Nigeria avec Boko Haram, au Kenya ou en Somalie avec les Shebab, des pandémies avec le Sida, Ebola, etc. Bref, l’Afrique qui véhicule une mauvaise image déformante de la réalité profonde d’un continent que certains croient irrémédiablement voué aux errements et aux éternels balbutiements. Et j’en passe des clichés.

 

Cette Afrique-là…, avant d’être le résultat de la responsabilité collective des citoyens africains eux-mêmes est d’abord et surtout celle de la responsabilité particulière de ses élites et dirigeants. Car depuis le début – il y a plus de cinquante ans maintenant – les indépendances étaient censées libérer les énergies des Africains pour leur permettre d’avancer sur leur propre chemin de développement. Mais contre toute attente, nombre de dirigeants issue de ce qui constitue la crème de la crème, parfois comptant parmi les plus brillants dans les meilleures écoles et universités occidentales, se sont comportés pire que certains négriers de la tristement célèbre époque de l’esclavage, dans bon nombre de cas. A comparer les comportements de certaines élites africaines dans leur pays par rapport aux contextes et aux époques, ce n’est pas exagéré d’établir un tel parallèle. Soit.

 

Il faut en finir avec Cette Afrique-là…pour réinventer une nouvelle Afrique. Une Afrique qui, plus de cinquante ans après les indépendances, ne continue plus à invoquer son passé colonial pour justifier ses propres échecs et autres turpitudes en se cherchant partout des excuses ou des boucs émissaires là où il n’y en a pas. Mais qu’on se le tienne pour dit : Cette Afrique-là…dynamique, créative, inventive, déterminée et qui gagne, il ne faut guère attendre que ce soit les dirigeants ou les élites qui en prennent l’initiative. Elle doit appartenir aux citoyens eux-mêmes, dans les différents pays du continent, pris isolément ou collectivement. Sans attendre quoi que ce soit de ce ce qu’on appelle « Communauté internationale » ou a fortiori, des anciennes puissances coloniales.

 

Par Marcus Boni Teiga

 

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