CAMEROUN : Quand la question de la dot divise

 

Quand, au Cameroun, la question de la dot divise | DRQuand, au Cameroun, la question de la dot divise | DR

 

Pour l’Église catholique, cette coutume retarde le mariage des jeunes et favorise l’union libre.

Le problème est aussi ancien que la coutume et le débat fait rage au sein de la population. En leur temps, des personnalités, à l’exemple de l’écrivain Guillaume Oyono Mbia, s’était déjà attaqué à cette pratique dans son livre « Trois prétendants un mari », devenu un classique de la littérature africaine.

 

Dimanche 13 décembre dans le cadre du Jubilé de la miséricorde du diocèse de Yaoundé, l’archevêque métropolitain de Yaoundé a dit la volonté de l’Eglise catholique de suspendre la dot, cette somme d’argent que le futur marié doit offrir à sa belle-famille avant de convoler en justes noces.

 

Pour Mgr Jean Mbarga, la dot est une entrave au mariage des jeunes et favorise l’union libre. Il a énuméré la suspension de la dot comme l’une des principales actions de miséricorde. En militant pour la suppression de la dot, l’Église catholique est consciente de ce qu’elle s’attaque à un problème épineux.  Si la position du prélat est claire, l’opinion populaire reste partagée.

« Je suis content que l’Eglise catholique ait relancé le débat sur cette question. Vraiment, les gens exagèrent. C’est devenu comme un business. Certains parents diront que leur fille a le Cep, le Bepc, le Bac, la Licence, le Doctorat et qu’il faut payer en conséquence », s’insurge Éric, étudiant en droit à l’université de Yaoundé 2.

« Il y a 5 mois, un de mes anciens camarades qui avait déserté notre amicale est revenu nous voir pour qu’on l’aide pour la dot de sa future épouse. Il n’a pas d’argent et nous-mêmes on n’a pas pu l’aider. Je suis sure qu’en supprimant la dot, on enlèvera un poids énorme aux jeunes mariés », soutient fermement l’étudiant.

 

Banquière de formation, Astrid Njocka, 26 ans fiancée et maman d’un petit garçon, n’est pas aussi catégorique. Pour elle, le problème n’est pas la dot, mais les proportions qu’elle a prise au fil des années. « La dot fait partie de nos traditions. Je trouve que c’est une belle coutume, l’homme qui prend femme doit savoir qu’elle a de la valeur. En assistant aux mariages d’amies, j’ai constaté que sa pratique varie en fonction des ethnies et peut prendre des proportions vraiment grandioses. Avec mon fiancé, nous projetons de nous marier dans quelques années. Pour nous, la dot est juste un symbole », dit-elle avec conviction.

 

Son avis est partagé par de nombreux camerounais rencontrés dans la rue. La majorité d’hommes et de femmes restent attachés à cette coutume. Pour eux, il ne faut pas supprimer la dot mais penser à une modification afin qu’elle reste symbolique.

 

© CAMERPOST par Florence Ngwa

 

Source : http://www.camerpost.com

 

Camer Post (Cameroun)

 

 

 

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