CÔTE D’IVOIRE – Remaniement: Ouattara sous pression malgré Duncan

Le chef de l'Etat ivoirien devrait rentrer ce week-end dans son pays après d'un mois d'absence (pas du tout inactif), au cours duquel il a alterné repos, participation à des rencontres internationales, audiences discrètes et surtout réflexion sur la meilleure manière d'aborder son second mandat, tout en répondant aux attentes de son peuple.

 

Ouattara

 

Alassane Ouattara arrive à Abidjan après la Cop 21 à Paris, et après le sommet Chine-Afrique en Afrique du Sud, ( l’étape du Bénin pour une réunion Uemoa et les obsèques de Kérékou n’est plus sûre ), dans une ambiance marquée par une forte attente de remaniement ministériel, pour ne pas dire dans une ambiance faite de rumeurs.

 

Les plus introduits de la maison Ouattara annonçaient la mise en place d’une nouvelle formation ministérielle seulement après les élections législatives prévues en principe dans un an, ou tout au moins après le  référendum pour la modification constitutionnelle.

Ainsi dans la foulée de la nomination à titre transitoire du 1er vice-président de la 3ème république, le 1er gouvernement de cette même troisième république serait alors mis en place.

 

Les sources proches de cette façon de faire sont les mêmes qui aux premières heures de la présidentielle ivoirienne du 27 octobre dernier avaient dit déjà, qu’aucun remaniement n’était à l’ordre du jour.

À l’appui de cette approche ils citent la reconduction immédiate du premier ministre Daniel Kablan Duncan, les multiples satisfécits du chef de l’Etat à son égard, ainsi qu’à celui du gouvernement.

 

 » Il est clair que le Président Ouattara n’a pas envie de remanier, même si des observateurs lui prêtent un côté Garrincha, un côté dribbleur, pour ne pas dire boulanger consistant à endormir les ministres pour leur surprendre. Pourtant il est connu de tous que tel n’est pas le style du chef de l’Etat ivoirien », lance un proche du chef de l’exécutif ivoirien.

 

Malgré tout cet environnement, Abidjan reste lourdement sous le poids non de rumeurs, mais d’une grande et forte attente de remaniement.

Et les partisans du remaniement assurent qu’attendre après les législatives ou après le référendum, est un agenda lointain.

 

Ils veulent voir des têtes tomber hinc et nunc et ils disent que ce sont pratiquement les mêmes ministres, les mêmes hommes et les mêmes femmes, qui sont avec le président depuis 5 ans.

Alors qu’à leur façon et à leur manière ces ministres et autres cadres ont été des acteurs de la victoire et au cœur de la campagne, les partisans d’un remaniement immédiat qui interviendrait contre toute attente, rêvent donc d’un changement radical de l’équipe gouvernementale.

 

Lorsqu’il leur est opposé le satisfecit adressé à Duncan, ainsi que la bonne intelligence entre le chef de l’Etat et le Premier ministre, ces partisans du remaniement juste après les fêtes ( entre mi-janvier et mi-février ), ou aussitôt même lors du conseil de ministre de reprise du Mercredi 9 décembre 2015, rétorquent qu’il est possible de faire un grand remaniement sans changer de Premier ministre. Ils évoquent à l’appui de leur souhait, une rencontre Bédié-Ouattara à ce sujet en Europe, loin des regards et loin des oreilles indiscrètes.

 

Pour sûr, le chef de l’Etat ivoirien s’est toujours gardé de céder aux rumeurs et aux pressions. C’est un leader qui prend des décisions résolues et fermes, sans beaucoup céder aux matches arrières. Les attentes de remaniement dans l’opinion publique et dans le camp des partisans de Ouattara n’obéissant pas toujours aux objectifs forcément recherchés par lui-même, rien n’indique que le président ivoirien soit immédiatement perméable à ceux qui veulent des sensations fortes, qui veulent voir des têtes tomber, et qui rêvent d’applaudir la chute de plusieurs membres du gouvernement et même des conseillers et collaborateurs proches du chef de l’exécutif ivoirien.

 

« Il ne s’agit pas de changer pour changer, mais d’appliquer une bonne politique, peut-être même la même politique déja appliquée et plébiscitée par le peuple. Alors où est le problème ? Les ministres ne sont que propriétaires de pouvoirs délégués. La victoire est collective, l’échec si échec, il y’a ne saurait être individuel. Les ministres et collaborateurs du président n’agissent que par ordre, que pour appliquer un programme du président de la République, mais on a l’impression dans cette affaire, que certains font prévaloir leurs sentiments personnels et leurs états d’âme avec cette histoire de remaniement « , confie la source précédemment citée qui avoue que l’inquiétude d’après 27 octobre 2015 et d’avant l’annonce de la poursuite de la mission du gouvernement est passée. La sérénité est liée au maintien du même Premier ministre, même si le chef de l’Etat n’a pas donné un blanc-seing illimité, ou à durée indéterminée.

 

Remanier radicalement maintenant ou remanier plus tard, avec des petits ajustements, des ajustements cosmétiques en cours de route ? C’est clair que le président ivoirien reçoit les échos de tout ce qui se dit, et qui se raconte en ville. Et qu’il prendra, en temps opportun, des décisions allant dans le sens des intérêts de la majorité de la population, et de l’intérêt général de la Côte d’Ivoire.

 

Dosso Villard et Alex Aguie

 

Source : http://www.afrikipresse.fr

 

Afriki Presse

 

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