HUMOUR – Bande d’impolis !

 

Florent Couao-ZottiFlorent Couao-Zotti

Les résultats issus de la présidentielle qui s’est tenue au Burkina ont montré que les compatriotes de Thomas Sankara sont loin d’être des plaisantins : ils ont concentré leur vote majoritairement sur deux candidats, Roch Marc-Christian Kaboré (53, 49%) et Zephyrin Diabré (29, 69%). Le troisième, Tahirou Barry s’étrangle loin derrière avec un score de 3,09% tandis que les onze autres se dépatouillent dans les profondeurs du classement avec des scores difficilement convertibles en arithmétiques primaires. Les électeurs, comme cela se dit là- bas, les ont « multipliés par zéro ». Bien plus, ils leur ont montré qu’ils étaient exactement comme la grenouille de la fable, celle qui, en voulant se faire plus grosse que la vache, a fini par exploser…

 

Ici, au Bénin, l’exemple des Burkinabè n’inspirera jamais nos candidats à la présidentielle de février 2016. L’ego surdimensionné de certains prétendants, même inconnus de leurs grottes ou de leurs termitières natales, ne les empêchera pas de se présenter. L’ignorance et la misère que vit la majorité du peuple constituent les armes par lesquelles ils tiendraient pour impossible le retrait de leurs candidatures. Dans les campagnes, parce que les gens instruits ne seraient pas là pour leur apporter la contradiction, ils vendront allègrement leurs mensonges. Dans les quartiers de ville et les banlieues populeuses, parce que c’est là où s’entasse la grande misère, ils arroseront les gens de leur argent douteux. Ils croiront ainsi se donner la chance de ratisser large, mais ils ne verront que leurs toutes petites grandeurs. A charge pour les électeurs, le jour du vote, de réduire leurs prétentions aux mêmes proportions que les miettes consenties par les burkinabé aux onze derniers de leur élection.

 

Même si la démocratie requiert une pluralité d’expressions, j’estime que 60 ou 70 candidats pour une présidentielle, c’est du grand-n’importe-quoi. Pourquoi ceux qui, comme mon frère Kuessan Djagoue savent, avant même d’y penser qu’ils ne récolteront jamais 2%, continuent-ils de se présenter ? Pourquoi mon ami Jean-Yves Sizogan se risque-t-il de nouveau en sachant qu’il ne ferait pas plus de 1%? Que cherche une énième fois Marie Élise Gbedo dans ce qui apparaît, dans ses habitudes, comme un anniversaire quinquennal? Ne voient-ils pas ce à quoi l’histoire ou l’ordinaire a réduits les ex-candidats aux présidentielles passées, les Rafiou Toukourou, Yacouba Fassassi, Didier Hodonou, Marcel Gbaguidi, Antoine Dayori, Ibrahim Soulé? En quoi cette exposition leur a profité? Peut-être,comme l’avait fait Gatien Houngbédji, cela a permis à certains de mettre sur leurs cartes de visite la qualité de « ex-candidat à la présidentielle ». Je ne savais pas qu’être avant-dernier ou dernier de la classe était devenu une profession.

 

Par Florent Couao-Zotti

 

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