MUSIQUE – LEILA CHICOT : « En tant qu’Afro-caribéenne, il est toujours particulier pour moi de revenir sur la terre-mère »

Née en Île de France à Sarcelles, originaire de La Guadeloupe et de La Martinique de par ses parents, Leila Chicot est auteur-compositeur-interprète depuis 20 ans. Rencontre avec une ancienne Reine du Carnaval de la Guadeloupe en 1996 devenue artiste-musicienne.

 

Courrier des Afriques : Leila Chicot, vous avez été Reine du Carnaval de la Guadeloupe en 1996, et qu’est-ce qui vous a poussé vers la musique ?

 

Leila Chicot : Élue Reine du Carnaval de la Guadeloupe en 1996, cette année-là avec mon groupe de Carnaval « Double Face », c’était notre première tentative et ce fut une très belle expérience. Mon décor représentait « La Musique » et moi « La Déesse ». Coïncidence ou pas, puisque ce fut une suite logique qui s’est présentée à moi je pense avec ce concours de chant organisé quelques mois plus tard la même année (1996) et qui m’a révélé dans le milieu de la musique antillaise. Il n’y a pas de hasard dans la vie. Donc je n’ai pas été poussé, j’ai toujours voulu chanter et mon envie s’est intensifiée quand j’ai découvert Tanya St Val à la Télé chantant son premier Hit « Mi Chalè ». Cela dit, je pensais qu’il fallait faire de grandes études en musicologie pour y arriver…( Rires)

Leila Chicot.Leila Chicot.

 

Quel genre de musique faites-vous?

Je fais du « Zouk Love », cette musique qui rassemble les Cœurs mais surtout les Corps….Sauf erreur de ma part (et je m’en excuse), c’est la seule musique que je connaisse qui se danse de face et d’aussi près, on peut sentir le cœur de l’autre battre, son souffle, son odeur, etc.

 

Leila Chicot, pourquoi avoir choisi de rester dans le genre de musique Zouk Love ?

Je pense que c’est un tout plein de choses, je dirais déjà – car je suis de cette génération de fanatiques de Zouk -, que c’est dans la profondeur des chansons mais aussi de la danse. Ensuite, je me suis entourée que de personnes dans ce milieu qui m’ont apporté beaucoup et avec qui j’ai agréablement collaboré (Tony Deloumeaux, Frederick Caracas, Patrick André, Ronald Rubinel, Ludo, Peggy Bajal…). Mais j’ai réalisé aussi trois ans après (1999) mon entrée dans le milieu, lors de mon premier voyage en Terre d’Afrique, mon baptême fut d’ailleurs au Burkina Faso. Après Kassav, le Zouk était fortement apprécié des peuples d’Afrique mais aussi Haïtiens (ceux vivant aux États Unis aussi), voir cette joie et surtout ce fanatisme de la musique de chez moi m’a poussé à continuer de véhiculer jusqu’à présent de l’Amour à travers mes chansons.

Leila Chicot 3

Quels sont les albums que vous avez aujourd’hui à votre actif ?

J’ai des titres inédits (Avoué, Toi et Moi…) sur sept (7) Compilations et trois (3) Albums solo (Excess, Renaissance et Divinement Love) à mon actif…

 

Comment entrevoyez-vous votre carrière musicale à la lumière de l’accueil du public caribéen et français sur ce que vous faites ?

J’ai la chance d’avoir un public de tous âges et de tous horizons qui me témoigne beaucoup d’amour ! Lors de mon concert parisien en avril dernier au Cabaret Sauvage, de voir cette salle comble avec ce public qui chantait mes chansons….Je chante aux USA, en Haïti, aux Antilles, en France, en Afrique ! Mon regard ? Je souhaite aller dans encore plus d’endroits, rencontrer encore plus de public pour présenter ma musique au plus grand nombre….

 

Quels sont vos projets actuellement ?

Après mon premier concert au Cabaret Sauvage à Paris l’an dernier, nous continuons la Tournée « Love Tour » sur la Caraïbe (notamment le 10 avril en Guadeloupe, puis la Martinique, Guyane, Haïti, Miami…De plus une émission de radio se prépare pour un direct par mois sur le web (Antillesradiotv.com)….

 

Leila Chicot avec Fally Ipupa .Leila Chicot avec Fally Ipupa .

Vous connaissez l’Afrique, pour y être déjà allée. Quand comptez-vous y retourner pour faire découvrir davantage votre musique aux mélomanes africains ?

Oui, je connais l’Afrique ! Mais malheureusement, je ne connais que trois pays…..En tant qu’Afro-caribéenne, il est toujours particulier pour moi de revenir sur la terre-mère. Je voudrais aller à la rencontre de tous les peuples d’Afrique, j’ai d’ailleurs sur mon dernier album « Divinement love » des collaborations avec Fally Ipupa et Wezepe du Togo….

 

Un message à vos fans ?

Un énorme MERCI à tous ceux qui me soutiennent depuis plus de quinze (15) ans. J’attends patiemment de revenir vous voir pour chanter, danser avec VOUS….Soyez richement Bénis. Lanmou (Amour en Créole).

 

Interview réalisée par Marcus Boni Teiga, envoyé spécial

 

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