BENIN – La laisse du chien lâchée, le boxer montre du muscle…

 

Florent Couao-ZottiFlorent Couao-Zotti

Il était à l’étroit dans sa posture. Prêt à en découdre avec Yayi qui croyait l’avoir ferré à son hameçon, Gbadamassi ne rêvait que du jour où il lui dirait merde sans craindre que l’épée de Damoclès ne tombe sur son cou de taureau. Aujourd’hui, c’est fait. Rachidi ne désobéit pas seulement à son ex-mentor dans le choix de Lionel Zinsou comme candidat-dauphin à sa succession, il attaque le franco-béninois comme jamais, le voue aux gémonies et même fait de lui la cible de Boko Haram si les Béninois s’avisaient à le choisir comme président.

 

C’est pour cette raison qu’on aime bien cet inénarrable honorable: toujours intégral, porté par cette violence qui l’avait caractérisé quand il « sévissait », joint aux lèvres, dans les zones obscures de Parakou. En politique comme dans les bas-fonds, il a fait de l’invective et des déclarations choc, sa façon d’exister et de rompre avec ses alliés d’hier. Il avait, qu’on se rappelle, traité Boni Yayi d' »adolescent politique », puis, pour faire amende honorable, avait décidé de devenir son lèche-godasses. L’alliance à laquelle il avait appartenue avec Modeste Kérékou, Salifou Saley et Nassirou Bako, était alors qualifiée, selon lui, de « regroupements insignifiants ». Dans une mise en scène diffusée au JT, il avait organisé l’enterrement symbolique de l’UPR, par la mise en terre d’un cercueil portant le logo du parti. Ses ex-amis, pour lui, n’avaient d’autre choix que de rejoindre la mouvance présidentielle. Personne, dans l’Empire FCBE, n’avait pas cru monter au créneau pour dénoncer cette bouffonnerie.

 

Aujourd’hui que Yayi quitte le navire, Gbadamassi a réussi à sauter par-dessus bord pour gagner la terre ferme, heureux de constater qu’il est hors de portée. Les dossiers sulfureux dans lesquels son nom apparaît et qui permettaient à Yayi de le tenir en laisse, ne semblent plus représenter aucun danger. En tout cas, il l’a déjà acté ainsi. Désormais, le taureau est en très bonne compagnie, celle justement d’Ajavon Sébastien.

 

Le vendeur de koklo koukou qui ratisse large jusque dans les espaces les plus bitumineux du pays, se frotte les mains de cette arrivée lourde. Mais sait-il que Rachidi Gbadamassi n’est pas à deux ou à trois retournements de veste et qu’il incarne à merveille le scorpion de la fable face à la grenouille ? Ce scorpion qui supplie la grenouille de le transporter au dos, mais qui, au milieu de la traversée, le pique de ses dards? Cependant, contrairement au scénario du conte, Rachidi est un acrobate extraordinaire capable de se retrouver sur la rive, les habits secs. Son nouvel ami, au fond de l’eau, ne pourrait que constater le dégât irréversible: sa noyade programmée.

 

 

Par Florent Couao-Zotti

 

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