BENIN – L’opposition la plus bête ou la plus vénale du monde ?

 

Le président du Bénin, Boni Yayi.Le président du Bénin, Boni Yayi.

 

Ils ont décrié Yayi Boni tout le temps. Ils ont mis en évidence le fonctionnement de sa gouvernance trouble et hasardeuse. Ensemble et contre lui, ils sont allés aux élections, opposé à ses actions des critiques les plus extrêmes, plus virulentes que les autres se réclamant de la même veine. L’UN, parce qu’il s’agit de l’Union fait la Force, regroupement des forces de l’opposition, aurait pu nous offrir l’embarras du choix avec deux candidatures émanant de ses rangs. A l’arrivée, ils nous offrent le choix de l’embarras entre confusion, égoïsme et bêtise.

 

manifestation anti-Yayi de l'opposition le 11 décembre 2014 pour réclamer la tenue des élections au Bénin.manifestation anti-Yayi de l’opposition le 11 décembre 2014 pour réclamer la tenue des élections au Bénin.

 

A l’origine, les manoeuvres d’un Ange-Marie Bruno Amoussou, le grand Manitou de la coalition, qui a tout fait pour que son protégé, Emmanuel Golou puisse être l’élu qui portera le flambeau de l’alliance. Mais Golou n’est pas Gohou; il est tellement triste et son charisme, au ras des paquerettes, que sa candidature risquerait de faire se gondoler jusqu’aux larmes les Béotiens d’en face. A l’inverse, le positionnement d’un Eric Houndété aurait pu susciter beaucoup d’intérêts. Jeune, plus percutant, seul, depuis toujours, à risquer à l’endroit de l’exécutif, des contre-propositions en prise avec la réalité, il aurait pu donner un visage plus rafraîchissant à cette opposition. On aurait pris date en ce moment-là et assisté au début d’un renouvellement du personnel politique béninois. Au lieu de ça, on a assisté à des dilatoires, de petits meurtres entre personnes dans les zones obscures, des enfantillages, des niaiseries. C’est à croire qu’à l’UN, on a vendu ses yeux pour vouloir regarder avec sa nuque.

 

Lehady Soglo de la RB lors de la manifestation anti-Yayi du 11 décembre 2014 pour réclamer des élections au Bénin.Lehady Soglo de la RB lors de la manifestation anti-Yayi de l’opposition le 11 décembre 2014 pour réclamer la tenue des élections au Bénin.

 

L’autre fait important, c’est le PRD. Seul parti à avoir clamé haut son opposition à Yayi, mais qui, n’a jamais constitué qu’une menace de chaton, la formation d’Adrien Houngbédji vient de convoler en justes noces avec FCBE, la coalition des partis au pouvoir qu’elle prétend pourtant combattre. On soupçonnait les leaders des tchoco-tchoco, avec son silence, de vouloir nous la jouer à la Nollywood, cest-à-dire de manière imprévisible et incohérente. Finalement, il est resté fidèle à sa posture de toujours: opportuniste, flairant les bons coups, déterminé à préserver, au prix de controsions gymanstiques digne d’athlète olympique, ses intérêts et ceux de son dernier cercle. Ayant écrasé à l’interne des vélléités de candidatures, il a pris, depuis le début, la posture de faiseur de roi, posture qui lui offre la possibilité de marchander son soutien à tout venant. Lionel Zinsou a alors appuyé sur le bouton. la rumeur annonce cinq beaux milliards de nos francs pour la transaction. Colère de certains partisans dans son fief d’Adjina (Porto-Novo) « si Houngbédji devrait être une chose, il se transformerait volontiers en billet de banque, il est tellement insatiable qu’il ne jure que par ça »!

 

Mais, bien sûr, l’interessé, la main sur le coeur, jurera qu’aucune coupure de billet n’a favorisé une telle action. De toutes les façons, à son électorat complètement remonté contre lui, il a des explications à donner pour que son mot d’ordre. A moins que ce soit lui qui ne passe pas.

 

Me Adrien Houngbédji du PRD.Me Adrien Houngbédji du PRD.

 

Enfin, à cette situation, il faut ajouter cette de la RB. Le Président Soglo a beau hurler son opposition à la candidature de Lionel Zinsou, son fils, Lehady, Maître de Cotonou, lui fait honneur en prenant parfaitement le contre-pied de son discours. Heureux de pouvoir associer le logo de la RB et celui du PRD à son nom, Lionel ZIinsou, lui, se rend à peine compte de son bonheur. L’opposition lui offre, comme sur un plateau d’or, les manettes du pouvoir post-Yayi.

 

Bruno Amoussou au milieu dudéputé Candide Azanaï (à droite) félicitant Me Adrien Houngbédji à l'occasion de son élection à la présidence de l'Assemblée nationale pour le compte de l'opposition à la coalition FCBE du président Boni Yayi.Bruno Amoussou au milieu du député Candide Azanaï (à droite) félicitant Me Adrien Houngbédji à l’occasion de son élection à la présidence de l’Assemblée nationale pour le compte de l’opposition à la coalition FCBE du président Boni Yayi.

 

Mais rien n’est encore joué. Les consignes de vote ne sont pas automatiques et les reports de voies non-mécaniques. En outre, se sentant trahi par son fils, le Président Soglo promet de s’investir lui-même dans la campagne aux côtés d’un autre candidat. Lionel Zinsou, sans peut-être l’avoir fait exprès, a provoqué l’implosion de l’opposition. Les jours prochains s’annoncent âpres.

 

Par Florent Couao-Zotti

 

 

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