BENIN / PRESIDENTIELLE DU 28 FEVRIER – Une coalition d’une dizaine de candidats de l’opposition face à Lionel Zinsou

Pour barrer la voie du Palais de la Marina au candidat du président sortant Boni Yayi, à savoir le Premier ministre franco-béninois Lionel Zinsou, une nouvelle coalition de l’opposition a vu le jour le 15 janvier dernier à Cotonou.

 

le Premier ministre Lionel Zinsou, candidat des FCBE soutenu par le PRD et la RB.Le Premier ministre Lionel Zinsou, candidat des FCBE soutenu par le PRD et la RB.

 

Le candidat choisi par le président Boni Yayi pour lui succéder au nom de sa coalition des Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE), Lionel Zinsou, a reçu les soutiens controversés du Parti du renouveau démocratique (PRD) de Me Adrien Houngbédji et de la Renaissance du Bénin (RB) de Léhady Soglo. Et pour faire face à ce mariage politique insolite, une dizaine de candidats de l’opposition ont décidé de faire un nouveau front. Il s’agit de Sébastien Ajavon, Patrice Talon, Pascal Irénée Koupaki, Victor Topanou, Issifou Kogui N’Douro, Fernand Amoussou, Abdoulaye Bio Tchané, Karimou Chabi Sika, Alexandre Hountondji, Bruno Amoussou, Idji Kolawolé, Lazare Sèhouéto. Et la liste est loin d’être fermée.

 

A l’issue d’une rencontre qui s’est tenue à l’hôtel Azalaï de Cotonou, le front de l’opposition et du refus d’un troisième mandat déguisé de Boni Yayi a désigné l’ancien directeur Afrique du FMI et ancien président de la Banque ouest africaine de développement (BOAD), Abdoulaye Bio Tchané comme son porte-parole.

 

Dans une interview à notre confrère Afrika7, Victor Topanou a été sans ambages : « Pour moi il n’est pas question de laisser perpétuer le système sortant. Tout simplement. Donc il faut pouvoir le combattre ; il faut proposer de solutions, des approches nouvelles pour que nous puissions avancer ». L’initiative du 15 janvier qui a été bien accueillie par l’ensemble des militants et sympathisants de la nouvelle opposition béninoise est donc claire : barrer la voie à ce que nombre de Béninois qualifient comme le troisième mandat déguisé du président Boni Yayi à travers la candidature de son Premier ministre Lionel Zinsou. A défaut d’avoir pu réviser la Constitution du pays.

 

S’il n’est pas encore question de candidature unique de l’opposition, les adversaires du pouvoir en place sont plutôt déterminés. Mieux, ils s’inscrivent résolument dans la dynamique d’une alternance en faveur de l’opposition. A preuve, il aura fallu cette circonstance pour que le peuple béninois apprécie notamment les hommes d’affaires et milliardaires béninois Patrice Talon et Sébastien Ajavon qu’on disait opposés à mort, les généraux Robert Gbian et Fernand Amoussou ou les économistes comme l’ancien Premier ministre Pascal Irénée Koupaki aux côtés d’Abdoulaye Bio Tchané ou encore d’anciens proches du président Boni Yayi comme Issifou Kogui N’Douro, Karimou Chabi Sika et Alexandre Hountondji …

 

Dans le cadre de la présidentielle du 28 février prochain, cette nouvelle opposition a largement les moyens de créer l’alternance au pouvoir. Il suffit seulement d’un sursaut patriotique. Et face aux enjeux, aucun sacrifice ne sera impossible. En dépit du soutien du PRD et de la RB, le candidat Lionel Zinsou n’est en effet pas certain de voir respecter les consignes de vote en sa faveur. Même si le PRD de Me Adrien Houngbédji est souvent crédité d’un électorat stable, son choix ne sera pas aisé à faire admettre au niveau de toutes les couches de la population. Quant à l’ancien président du Bénin, Nicéphore Soglo et son épouse Rosine Vieyra Soglo, respectivement président d’honneur et présidente-fondatrice de la RB; ils se sont publiquement et catégoriquement démarqués du soutien de leur fils Léhady Soglo au Premier ministre Lionel Zinsou. Car il n’est non seulement considéré par une grande partie de Béninois comme le candidat de la France ou de la Françafrique, mais également de la continuité du pouvoir du président Boni Yayi. Lequel pouvoir, en dix années de gestion, s’est particulièrement illustré par des scandales politico-financiers à répétition, du népotisme, voire du régionalisme.

 

Par Jean Kebayo

 

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