De la Culture en tout lieu et en tout temps…

 

Florent Couao-ZottiFlorent Couao-Zotti

Ces derniers temps, je me suis un peu retiré du débat politique, préférant m’occuper du culturel, domaine que j’aime particulièrement, qui me permet de m’accomplir dans tous les sens du mot. Outre un roman, un livre pour enfant, un recueil de dix nouvelles, une bande dessinée à paraître en 2016, je continue de me construire un univers dans les arts visuels, le cinéma et les séries télévisées, qu’ils soient des initiatives personnelles ou qu’ils relèvent de commandes spéciales.

 

Mais dans l’un ou l’autre cas, je suis convaincu d’une chose: la culture reste un espace vital, le lieu de convergence de toutes les expressions du vivre commun. Si ce secteur arrive à transcender tous les domaines et à donner du sens à notre identité, aux valeurs communes qui définissent notre rapport au monde, il demeure surtout un levier essentiel pour notre développement. Bien sur, en le disant, je n’enfonce que des portes déjà ouvertes, mais à l’heure où les candidats à la présidentielle du Bénin, se gargarisent de soutiens, font enfler les surenchères pour paraitre plus qu’ils n’en sont, il est impératif de leur rappeler ces vérités toutes terre à terre.

 

Car, ni les capitaux venus de l’Occident, ni les cultures de rente, ni le gobelet de pétrole qui s’ennuie quelque part dans un offshore improbable, ni les performances du Port Autonome de Cotonou, ne pourront jamais assurer à notre pays un réel essor économique. Ces différentes activités et les pôles qui leur assurent de tels résultats, peuvent nous donner tout au plus des indications sur le dynamisme de notre économie, mais ils ne pourraient jamais se substituer à notre culture, seul espace consensuel et fédérateur où se déploie le génie d’un peuple, où s’expriment son passé, son présent et son avenir, seul endroit où la créativité se renouvelle indéfiniment. Ailleurs, on parle d’énergies fossiles, mais ici, il s’agit d’énergies éternelles – parce que portées par un peuple et transmises de générations en générations; il s’agit aussi d’énergies renouvelables – parce que remodelées par l’inventivité et la créativité des artistes; il s’agit
enfin d’énergies productrices – parce qu’investies dans le champ industriel. L’économie culturelle, qui parait si improbable aux hommes politiques, tire toute sa légitimité et sa crédibilité de ce triptyque.

 

Florent

Tout le monde veut devenir président du Bénin. On remercie les dieux voduns pour la générosité de ces candidats et leur volonté à se sacrifier pour nous – Jésus Christ est passé par là. Mais du vendeur de koklo koukou à l’analphabète qui sait à peine décrypter son nom; du forban qui a pactisé avec le diable au trafiquant de poussière d’ange, personne ne s’est jamais risqué sur la question culturelle. La grande escroquerie des institutions de Breton Woods, c’est de nous faire croire que seul le tout-économie peut nous sortir de l’ornière. Et comme les Africains sont incapables de penser par eux-mêmes, ils avalent les quintaux d’idioties produites par les autres. Le sous-développement commence par l’absence de culture ou notre faible capacité à résister au discours de l’autre. Nous en sommes encore là. Malheureusement.

 

Par Florent Couao-Zotti

 

A lire aussi:

 

HUMOUR – Bande d’impolis !

 

BENIN – Rosine Soglo entre vérité et racisme

 

BENIN – Candidature à la présidentielle de 2016 : L’indispensable « Oui » d’Ajavon

 

BENIN / PRESIDENTIELLE 2016 – Pourquoi les Béninois doivent rester très vigilants…

 

BENIN – Présidentielle 2016 : Le candidat Zinsou et l’épreuve du soutien des cauris

 

Commentaires