GUINEE – Jusqu’à preuve du contraire … « Tout innocent est un coupable qui s’ignore » (Par Top Sylla)

 

Doré

 

« Les absents ont toujours tort », a-t-on coutume de dire. Ce qui n’est pas souvent le cas pourtant en Guinée, tout au moins quand l’absent s’en est allé définitivement manger l’herbe par la racine au cimetière de Cameroun ou ailleurs.

 

En général chez nous, on ne dit du bien de quelqu’un que lorsqu’il a affronté la grande Faucheuse. Un combat à l’issue duquel, on le sait, cette dernière gagne toujours.

Après Siradiou Diallo, Bâ Mamadou, Alfa Sow et autres Paul Faber (Ah, la sommité intellectuelle !), c’est au tour de Jean Marie Doré d’être rappelé à Dieu. Créant ainsi le vide autour d’un Alpha Condé devenu du coup le « dernier des Mohicans ».

 

Ange ou démon, Doré a marqué la vie politique dans son pays depuis l’instauration du multipartisme au début des années 1990. Même si son poids électoral ne l’a pas permis de se hisser à hauteur des Lansana Conté, Alpha Condé, Bâ Mamadou ou Siradiou Diallo lors des présidentielles de 1993 et de 1998 (1,72%). Ses détracteurs ironisaient d’ailleurs en disant qu’il ne pouvait être président de la République qu’à la faveur d’un … décret ! C’est tout dire …

 

Le verbe haut, il ne dédaignait pas les coups portés sous la ceinture quand un adversaire politique – du moment – avait le malheur d’engager une polémique avec lui. Et comme il lui arrivait de franchir allègrement la barrière entre pouvoir et opposition, dans les deux sens, de nombreux leaders politiques ont dû, un jour ou l’autre, constater que sa réputation n’était pas surfaite : qui s’y frotte s’y pique !

 

N’empêche, sa virulence verbale (d’aucuns parlaient volontiers d’un « staphylocoque doré ») ne le mettra pas à l’abri des attaques, des accusations fondées ou non.

Comme celle qui soutient que le président Ahmed Sékou Touré, à son retour au pays, lui a offert une villa à Conakry (au lieu de lui réserver une cellule au camp Boiro), en guise de rançon pour la trahison vis-à-vis de ses « compagnons » du Rassemblement des Guinéens de l’extérieur (RGE) dirigé par Siradiou Diallo et d’autres mouvements hostiles au régime d’alors.

 

On n’en saura peut-être rien, maintenant qu’il a emporté son secret dans la tombe. Pas plus que sur cette histoire d’empoisonnement lors d’un meeting du RPG au Palais du peuple en 2010.

 

Pour ceux qui tiennent à éclairer des lanternes, ce sera un peu comme avec la tragédie du camp Boiro aux heures sombres du parti unique. On a encore du mal à démêler l’écheveau entre innocents, bourreaux, victimes devenues bourreaux, bourreaux devenus victimes, dans un silence quasi-général et coupable qui fait de tout le monde, quelque part, un complice actif ou passif.

 

En retournant dans un autre sens une formule qui ne serait pas pour déplaire aux gendarmes –tortionnaires qui y extorquaient des « aveux », il serait à peine exagéré d’affirmer à propos que « tout innocent est un coupable qui s’ignore ».

Jusqu’à preuve du contraire …

 

Top Sylla

 

Source : http://www.mediaguinee.net

 

 Media Guinée.Com (Guinée)

 

 

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