SENEGAL – Le retour du refoulé (par Karfa S. Diallo)

SENENEWS- Fin de semaine où faillite, arrogance et rancœur planent sur le ciel dakarois

 

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La publication par Souleymane Jules Diop, sur sa page Facebook, de l’avis de recherche visant Pape Massata Diack, clôture une semaine sénégalaise ponctuée de deux principaux rebondissements judiciaires aux conséquences sociales et politiques  riches d’enseignements.

 

Craint et promu pour ses haines tenaces et sa redoutable rhétorique, le secrétaire d’état sénégalais chargé du PUDC semble décidément incapable de s’affranchir de ses démons. A peine quelques jours après avoir loué les «étincelles de génie du président Macky Sall» et s’être félicité de l’augmentation sensible du budget de son ambitieux et attendu programme d’urgence de développement communautaire, le voici qui laisse éclater ce qu’on ne peut qualifier autrement que de haine à l’endroit du fils de l’ancien président de l’IAAF contre qui Interpol vient de lancer un avis de recherche pour fraude, blanchiment d’argent et corruption dans le cadre de l’enquête sur les affaires ayant récemment défrayées la chronique politico-judiciaire mondiale.

 

Cela choquerait moins s’il ne s’agissait d’un représentant de l’Etat sénégalais. Qu’un ministre d’un régime politique, certes gêné aux entournures par cette affaire de corruption qui vise un des dignitaires du pays mais qui s’est tenu, il faut bien l’avouer, remarquablement à distance et que les récents développements semblent absoudre de toute complicité à la dimension des accusations de l’ex-président de l’IAAF, commette une telle faute politique renseigne sur la rancœur de l’entourage présidentiel à l’endroit de la famille Diack. Intimement convaincus de leur impunité et de leur puissance, les Diack, par maladresse ou « sous le poids de l’âge », ont voulu entraîner toute la classe politique sénégalaise dans une dégringolade vertigineuse dont le dernier coup de grâce vient d’être porté par l’enfant terrible de l’Alternance sénégalaise.

 

A l’intensité de ce coup on peut relier la déflagration sociale, sportive et politique causée par le verdict de la Cour d’Appel sur l’affaire du Lamentin Beach. Poursuivi, depuis octobre 2012, pour association de malfaiteurs, détention de drogue et complicité de tentative d’extorsion de fonds, Luc Nicolaï, star révérée par le public sénégalais, incontournable promoteur de lutte sénégalaise, vient d’être condamné à 5 ans de prison ferme. Les retentissements intimes et personnels de cette affaire ne nous intéresseraient pas s’il ne s’agissait d’une personnalité installée au cœur des enjeux de représentation et de pouvoir qui défigurent le visage de notre chère patrie. Condamné à une peine moins lourde en première instance, Luc Nicolaï s’est laissé griser par une société médiatique cannibale qui se délecte de dévorer jusqu’à la moelle ses fils révérés en prime time sous les flashs des projecteurs.

 

Provisoirement libéré en février 2014, on a, en effet, vu toute l’élite médiatico-politique accourir à la rescousse du beau gosse incomparablement doué dans l’organisation de ces grandioses spectacles où un certain Sénégal vient étaler ses toilettes et possessions. Jusqu’à la nausée. Que dire, en effet, au CNG (comité national de gestion de la lutte) qui, après avoir suspendu le promoteur suite à sa première condamnation, lui ouvrira en grand, mais de façon si prématurée les portes d’une rédemption sociale et professionnelle passagèrement contrariée par la dernière décision de la justice sénégalaise ?

 

A Ndoumbelane, décidément, l’amnésie est devenue l’éventail de puissants dont la grande misère est d’ignorer non seulement ce à quoi les oblige leur bonne fortune mais surtout de se convaincre que tout ce qui brille est or !

 

KSD (Editorial)

 

Source : http://www.senenews.com

 

Senenews (Sénégal)

 

 

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