AFRIQUE – Une saison électorale pas comme les autres

 

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L’Afrique connaît depuis la fin de 2015 une saison électorale tout à fait particulière. Non seulement de par le nombre des échéances électorales à son agenda mais également de par les enjeux et le contexte dans lequel celles-ci s’étalonnent.

 

La Côte d’Ivoire a déjà passé le cap de sa présidentielle à l’instar de la Guinée et du Burkina Faso. Toutes les trois présidentielles ont en commun d’avoir été remportées dès le premier tour par K.O. La première par le président sortant Alassane Dramane Ouattara, la deuxième par le président sortant Alpha Condé et la troisième par ne nouveau venu Roch Marc Christian Kaboré. Mais de tous ces trois présidents, l’on peut dire que c’est ce dernier qui aura réussi le K.O parfait. Sans utiliser ni les moyens de l’Etat ni l’administration publique ainsi que c’est le cas généralement en Afrique, le président burkinabè a été élu en toute transparence. Sans contestation du résultat par ses adversaires en compétition. Chose plutôt, là aussi, rarissime en Afrique.

 

La Centrafrique qui a traversé une longue crise sociopolitique vient de tenir tant bien que mal le second tour de son scrutin présidentiel le 14 février dernier. Et à sa suite, il y a respectivement les élections présidentielles de l’Ouganda le 18 février, du Niger le 21 février, des Comores le 21 février, du Bénin le 6 mars, du Congo-Brazzaville le 20 mars, de Djibouti le 8 avril, du Tchad le 10 avril, de Guinée Equatoriale le 24 avril, du Gabon le 16 août, de la République démocratique du Congo…On peut par conséquent dire que les Africains sont bel et bien lotis pour les élections.

 

Seulement voilà : de toutes ces élections qui se déroulent çà et là en Afrique, il y a bien peu qui ne sont souvent pas pipées d’avance. Le respect des règles du jeu démocratique étant la chose la moins partagée par les différents acteurs politiques, et surtout par les dirigeants au pouvoir.

 

Les Africains veulent certes la démocratie, mais certains de leurs dirigeants leur demandent de se contenter seulement d’aller voter. Pour le reste, ça ne les concerne pas. Comme si c’était une affaire de couvent. Mais c’est Achille Mbembe, Professeur à l’Université de Johannesburg qui résume bien le défi qui reste à relever par les Africains en matière de gouvernance et de démocratie: « Si les Africains veulent la démocratie, c’est à eux d’en payer le prix ». C’est à eux non seulement d’aller voter mais d’exiger aussi en amont comme en aval le respect scrupuleux du choix qu’ils effectuent dans les urnes. Et cela, à tout prix.

 

Par Marcus Boni Teiga

 

 

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