CONGO / PRESIDENTIELLE DU 20 MARS – Le Général Jean-Marie Michel Mokoko se met en lice

Le président congolais Denis Sassou Nguesso n’aura plus que ses opposants traditionnels à affronter lors de la présidentielle du 20 mars prochain. Depuis le 3 février dernier, le Général Jean-Marie Michel Mokoko a définitivement pris ses distances avec lui. Avec la ferme volonté de se présenter au scrutin présidentiel.

 

Le Général Jean-Marie Michel Mokoko au premier plan.Le Général Jean-Marie Michel Mokoko au premier plan.

Tous ceux qui ont suivi les manifestations contre la révision de la Constitution au Congo avaient sans doute entendu parler du le Général Jean-Marie Michel Mokoko. En son temps, des manifestants l’avaient ouvertement appelé au secours en lui demandant de rentrer de sa mission en Centrafrique. Jusque-là Représentant spécial de la présidente de l’Union africaine (UA), chef de mission pour la Centrafrique et l’Afrique centrale, il occupait aussi les fonctions de Conseiller spécial du chef de l’Etat Denis Sassou Nguesso à la sécurité et la paix. Mais depuis le 3 février dernier, il a officiellement démissionné.

 

A l’origine de sa démission, plusieurs griefs à l’encontre du président congolais avec lequel il n’était d’ailleurs plus en accord. Surtout, après qu’il avait officiellement pris position contre la révision de la Constitution de son pays. Dans sa lettre de démission de son poste, le Général Jean-Marie Michel Mokoko l’a notifié en ces termes : « Vraisemblablement, cette prise de position de principe n’a pas été appréciée à sa juste valeur prospective (…) Ce qui se passe depuis lors dans notre pays n’a fait que conforter ma prise de position ». Et de révéler par ailleurs, les pressions et autres menaces dont il a fait l’objet.

 

Formé à l’Ecole militaire de Saint-Cyr en France et faisant partie de promotion « Général de Gaulle » , le Général Mokoko a  été plus d’une fois d’un concours précieux dans la vie de son pays. Et cela tant sur le plan militaire que sociopolitique. Il a été chef d’Etat-major de l’armée congolaise de 1987 à 1993 et avait joué un rôle capital quant à l’issue de la Conférence nationale congolaise. Ce qui lui vaut depuis une popularité aussi bien dans la société civile qu’au sein de ses frères d’armes. Face à l’opposition sur laquelle le pouvoir de Denis Sassou Nguesso n’a de cesse d’exercer des pressions de toutes sortes et qui peine à s’organiser, il pourrait bien se présenter comme une alternative capable de fédérer. Après avoir essayé en vain de convaincre le président congolais de ne pas réviser la Constitution et de laisser courir une transition politique dans le pire des cas, l’ancien Conseiller à la sécurité qui a rompu les amarres avec Denis Sassou Nguesso a décidé de prendre ses responsabilités. En se présentant à la présidentielle prochaine du 20 mars. Il l’a déclaré sur RFI en ces termes:

 

« Je serai candidat parce que j’estime que j’ai des choses à dire et que j’ai réfléchi pendant longtemps aux différentes problématiques de mon pays. J’ai pensé : ‘Je suis en mesure de proposer des solutions à mes compatriotes (…) Ce n’est pas une question d’amour-propre ou de quoi que ce soit. Je sais que dans mes fonctions actuelles au niveau de l‘Union africaine, j’exerce une espèce une espèce de monitoring sur les questions de paix et de sécurité. Depuis pratiquement deux ans, il y a un débat au Congo qui m’a donné la conviction que ce débat pouvait accoucher de situations regrettables ».

 

Par Tcha Sakaro

 

 

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