BENIN – Élections présidentielles: dernières fourberies des loosers.

 

BENIN – 11 DECEMBRE 2014: L’OPPOSITION ET LA SOCIETE CIVILE MANIFESTENT A COTONOU POUR LE RESPECT DE LA CONSTITUTION DU 11 DECEMBRE 1990Vue partielle d’une rue de Cotonou, lors de la manifestation de l’oppositon et de la société civile le 11 décembre 2014 pour réclamer le respect de la Constitution et l’organisation des élections.

 

Donc, c’est fini. Les agitations qui vous ont secoué depuis la pré-campagne, puis la campagne, qui vous ont délesté de cinq à dix kilos et qui ont fait un énorme trou dans votre caisse, sont finies. Après la distribution des petites coupures de CFA, les dons de bidons d’huile et les jets de sacs de riz à la multitude – simple partie visible de la montagne de corruption – commence, pour pendant deux jours, la post-campagne. Paraît, selon les spécialistes, que cette ultime étape fait pencher la balance en votre faveur parmi les indécis, les affamés et tous ceux qui n’en ont rien à cirer des élections. Dans cette faune, les plus ciblés sont les deux dernières catégories. On les recrute surtout dans les villages, les quartiers de ville, les taudis, sur les immondices, là où la misère reste la grande star.

 

L’astuce trouvée par certains, c’est faire à manger, servir un plat prisé dans la région ou la dans la communauté. On se souvient de la sauce gombo accompagnée de la pâte de maïs fumante avec lesquelles le roi de Daher avait emballé ses sujets lors des législatives de l’année dernière. Certains mangeurs en ont gardé des souvenirs onctueux et apprêtent leurs langues à en accueillir de plus goûteuses.

 

D’autres candidats organisent des matchs de foot avec, pour les deux équipes, des coupes à gagner, coupes du reste pleines à ras bord de billets de banque. On s’arrange pour qu’aucune des équipes ne gagne afin d’éviter des frustrations. Des arbitres sont instruits pour siffler des penalties imaginaires pour que l’équipe qui mène soit rattrapée ou pour que le but marqué soit annulé. A la fin, tout le monde est content et le candidat peut recommander son âme présidentielle aux membres des deux équipes, aux supporters, au staff dirigeants et même aux fétiches qui les protègent, au moins un milliers de personnes. Ça a été vu à Parakou, quartier Yara Kinnin.

 

Et puis, il y a le porte-à-porte. La nuit venue, on passe de ménage en ménage pour « remercier » le chef de famille, la mère courage d’avoir été présent aux réunions publiques du candidat auxquelles, cependant, ils n’ont jamais assisté. Les remerciements sont en forme de liqueurs ou de viande qui passent de boubou en boubou et vont atterrir au pied du chef ou dans les pagnes de la maman…

 

Florent Couao-ZottiFlorent Couao-Zotti

Bref, les manigances les plus inimaginables sont utilisées pour rafler la mise. De l’achat des cartes dans les zones supposées acquises à l’adversaire à la non-installation du matériel de vote aux heures indiquées ; de l’empêchement de vote des électeurs du camp opposé, à la disparition mystérieuse des agents électoraux… La manipulation et la fraude qui sont les corollaires de la corruption sont sournoisement déployées pour tronquer les résultats et dévoyer les votes. Élections folkloriques, disions-nous. Mais élections finalement chloroformées.

 

 

Par Florent Couao-Zotti

 

 

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