BENIN – Me Adrien Houngbédji: Opposant malgré lui

 

Me Adrien Houngbédji, président de l'Assemblée nationale du Bénin derechef.Me Adrien Houngbédji, président de l’Assemblée nationale du Bénin.

Quand, avec un égocentrisme surdimensionné, le monde autour de soi est simplement et exclusivement ramené à ses intérêts personnels, coupé de son environnement immédiat par fatuité, l’on finit par être prisonnier de sa propre rêverie. C’est ce qui risque d’arriver dans les tout prochains jours à notre Hagbè National qui, se refusant de tirer leçon de ses mauvais choix depuis le début du renouveau démocratique est, à maintes reprises, passé tout près du but visé, sans jamais faire mouche. Et heureusement d’ailleurs pour ce vaillant peuple qui n’a pas fini de découvrir le personnage ! Son option unilatérale de se précipiter pour soutenir Lionel Zinsou, le dauphin désigné de Boni Yayi, son bourreau politique, est la dernière perle de son vaste bêtisier. Ce pas de clerc – à n’en point douter – contribuera à sa descente progressive mais irréversible aux enfers, à moins d’un retournement de veste spectaculaire, qui n’arrangera plus grand-chose ; le tout étant question de temps.

 

Attiré par l’odeur alléchante de ce que tout le monde sait maintenant, Hagbé n’a pas pu s’empêcher de mordre goulûment au fatal hameçon de l’hyène de Tchaourou, sans s’en référer à sa base, au motif que :
– le candidat « venu de France » et soutenu par son adversaire patenté serait le meilleur choix possible pour le Bénin, à tous points de vue ;
– l’élection présidentielle en vue n’était qu’une simple formalité à remplir et que depuis la « métropole », il a été décidé pour les Béninois que leur prochain président soit Lionel ZINSOU, une personnalité ayant pignon sur rue à l’Elysée ;
– qu’avec la coalition FCBE-PRD-RB, le KO était plus que certain et que ce « messie» devrait pouvoir honorablement s’en tirer au premier tour ;
– que, soucieux de s’installer désormais autour de la mangeoire, le PRD n’entendait plus continuer d’animer l’opposition, à six bons mètres du pouvoir, question de sustenter quelque peu les cadres et militants du parti dont le jeune forcé depuis 2006 risquait de virer à l’agonie.

 

Il importe de rappeler que la rencontre de validation de cette imposture avait plutôt pris l’allure d’une véritable kermesse au cours de laquelle les libéralités de Hagbè sont restées sans commune mesure avec tout ce à quoi les militants ont eu droit depuis la création du parti. Une bonne femme revenant de cette foire électorale s’en est ouverte à ses voisines : « Jamais je n’ai reçu autant d’argent du PRD depuis le renouveau démocratique mais pourquoi cette générosité soudaine si le blanc est pour notre bien? ».
Ce faisant, il a ignoré et brocardé avec une arrogance caractéristique, les acteurs de l’opposition toutes tendances confondues et les âmes de bonne volonté qui, dans un sursaut patriotique héroïque, ont œuvré de diverses manières à son élection en tant que Président de l’Assemblée nationale contre la volonté d’accaparement absolu de Boni Yayi. Ce dernier tenait avec acharnement à confier le perchoir à un jeune turc de son cru récemment venu à la politique.

 

Obnubilé par son intérêt personnel dans ce soutien, il en est venu également à oublier que très bientôt, il aura encore besoin de composer avec tous ceux qu’il a ridiculisés, non seulement par son attitude mais aussi par ses railleries ; ce qui ipso facto crée une crise de confiance qui entache sa crédibilité. Le compte à rebours commencera pour lui à partir de dimanche prochain et Hagbè devra être le seul à répondre de sa forfaiture. Il ne devrait plus cette fois-ci entraîner toute la ville de Porto-Novo dont il croit détenir le titre foncier dans son sillage.

 

Le leader des Tchoko tchoko a décidé de soutenir Lionel Zinsou, sans s’en référer à sa base qu’il a préféré livrer pieds et mains liés comme un troupeau électoral à Boni Yayi. La Cour Constitutionnelle vient de lui démontrer qu’il rame à contre courant et qu’il n’est plus en phase avec le peuple souverain qui, à plus de 72%, a voté contre la « recolonisation » du Bénin. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Tout le monde a vu et sait désormais de quel côté le vent souffle. Il faut le prendre sans hésiter.

 

Le deuxième tour de cette élection présidentielle qui aura lieu le 20 mars prochain confirmera probablement cette tendance et il importe que les quelques porto-noviens indécis qui traînent encore les pas abandonnent Hagbè à son triste sort. Il leur faut se rattraper en sautant massivement dès maintenant dans les premiers wagons de la rupture tirés par la puissante locomotive Talon avançant à toute vapeur.

 

Hagbè opposant malgré lui oui ! Mais il faut qu’il l’assume tout seul! Les Porto-Noviens sont invités à se démarquer radicalement de cette option, cette fois-ci. Il en va de la survie de la ville comme capitale du Bénin.

 

 

Jean-Luc GBÊTONDJI

 

 

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