BENIN – Merci à Lionel Zinsou

 

Professeur Roger Gbégnonvi.Le Professeur Roger Gbégnonvi.

Après le 6 mars 2016, élection ou pas, très vite en cas de non élection, Lionel Zinsou s’en retournera chez lui, en France, et reprendra, peut-être, sa place aux côtés d’Angélique Kidjo, comme l’honneur des Béninois à l’extérieur. Nous autres, Béninois à l’intérieur, continuerons de lui être reconnaissants pour trois points importants sur lesquels il aura, à son corps défendant, attiré notre attention pendant son court séjour parmi nous comme Premier Ministre prétendu et comme candidat incongru à la Présidence de la République.

 

Nous savions notre Président capable de beaucoup de tours de passe-passe ainsi que de nombreuses figures de géométrie dans l’espace pour ramener au ras du sol tout ce qui monte, toute noblesse intellectuelle et morale. Mais nous ne le savions pas capable de la prouesse d’obtenir du Béninois le plus adulé de France qu’il se soumette à lui et lui serve d’escabeau pour que la preuve soit faite de son malin génie à tout aplanir, tout avilir, ternir tout ce qui a tendance à scintiller. Nous savons gré à Lionel Zinsou d’avoir composé avec notre Président pour lui permettre de montrer à la face du monde que même les hauteurs de l’Atakora pourraient céder un jour à sa furieuse entreprise de rase-motte. Merci Lionel.

 

Lionel Zinsou.Lionel Zinsou.

 

Nous savions que nos hommes dits politiques sont mercantiles et non politiques et que leur course vers le pouvoir est une ruée échevelée vers les avantages du pouvoir. Mais à l’apparition du candidat de notre Président, la bousculade se fit pitoyable. Ayant appris que l’élection de Lionel Zinsou était acquise bien avant le scrutin grâce à toutes sortes de dispositions maffieuses concoctées dans les usines de Satan, ils se jetèrent sur lui comme des abeilles sur une grosse fleur, comme de grosses mouches sur une charogne. Un candidat, aimé des jeunes, jeta sa candidature et alla s’agripper à Lionel Zinsou. Un fils de famille renia son héritage politique et alla se jeter aux pieds de Lionel Zinsou. Nous savons gré à Lionel Zinsou d’avoir composé avec des gredins et permis ainsi au peuple béninois de voir clairement que ses hommes dits politiques savent reconnaître un homme-appât et s’accrocher á lui comme sangsues pour des gains immédiats et monstrueux. Merci Lionel.

 

Nous savions que, ensemble avec d’autres peuples d’Afrique, nous sommes le marchepied dont se sert la France pour paraître grande dans le monde, et qu’elle nous a liés à elle par des liens qui rendent presque fusionnel notre attachement, des liens dont le vernis nous fait souvent oublier le déshonneur de notre aliénation. Mais nous ne savions pas que la France pourrait aller jusqu’á choisir un homme d’honneur soi-disant pour nous faire tomber du statut de marchepied à celui d’essuie-pieds. Il n’est pas dur de dégringoler de marchepied à serpillière, ce qui est dur c’est que la dégringolade eût été causée par un grand cheval de Troie, votre compatriote soi-disant. Nous savons gré à Lionel Zinsou d’avoir composé avec la France et permis ainsi au peuple béninois de voir clairement quelles humiliations la France est prête à infliger aux peuples d’Afrique qui l’aident à peser quelque chose. Merci Lionel.

 

Le Premier ministre Lionel Zinsou saluant son mentor, le président Boni Yayi lors de son investiture comme candidat de la coalition FCBE au pouvoir.Le Premier ministre Lionel Zinsou saluant son mentor, le président Boni Yayi lors de son investiture comme candidat de la coalition FCBE au pouvoir.

 

Ainsi tenu, Lionel Zinsou nous a permis de voir clairement la petitesse de tous et la sienne, car, pour avoir cautionné ces choses, il s’est réduit lui-même à un petit-chose, qui ne peut, à son retour chez lui, rejoindre Angélique Kidjo dans la loge des grands Béninois de la diaspora. Et c’est triste car, dans ce domaine, quand on en perd un, on n’en retrouve pas dix. Mais si l’on en croit Voltaire, ’’Le génie n’a qu’un siècle, après quoi il disparaît’’. Lionel Zinsou se retirera. Appuyé sur sa grande capacité de réflexion, il méditera. Un livre sortira peut-être de la mésaventure de collabo qui l’a saisi il y a dix mois. Nous le lirons avec attention. Pour l’instant, nous disons merci à Lionel Zinsou. A son corps défendant, peut-être, il nous aura aidés à voir défiler les prétentions sans plus jamais nous émouvoir. Merci Lionel. »

 

Par Roger Gbégnonvi

 

 

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