CONGO / PRESIDENTIELLE DU 20 MARS – L’Opposition conteste la réélection de Denis Sassou Nguesso

Aussi bien dans son déroulement que dans la proclamation de ses résultats, la présidentielle du 20 mars au Congo est loin de faire de Denis Sassou Nguesso un président élu comme il faut. Bien au contraire, l’opposition au président sortant conteste non seulement les résultats mais exige aussi le recomptage des voix dans les conditions de transparence requises. Au demeurant, elle soutient que le vainqueur déclaré, à savoir le président sortant, est bien loin derrière la tête de peloton des candidats au second tour qui devrait se dessiner, à tout le moins.

 

Le Général Jean-Marie Michel Mokoko au premier plan (Photo d'archives).Le Général Jean-Marie Michel Mokoko au premier plan (Photo d’archives).

« Au moment où je fais cette déclaration, les Procès-verbaux en notre possession, collectés dans les bureaux de vote à travers l’ensemble du territoire national, ne permettent pas au candidat Denis Sassou Nguesso d’espérer gagner cette élection. Bien au contraire, malgré des multiples irrégularités organisées pour tronquer les résultats du vote, il apparait parfois très loin derrière les principaux candidats de l’opposition. Il est donc impossible que le candidat Denis Sassou Nguesso soit élu au premier tour comme il vient de le faire annoncer. Comme nous n’avions cessé de le dire, tout au long de la campagne, si une telle éventualité vous était imposée, vous seriez en droit de considérer cela, comme une forfaiture de plus ».

 

Ainsi peut-on lire dans l’appel lancé à Brazzaville par le général Jean-Marie Michel Mokoko au peuple congolais à la suite des résultats proclamés par la Commission nationale électorale indépendante(CNEI). Le principal adversaire du président Denis Sassou Nguesso s’inscrit de ce fait dans la dynamique de groupe de l’opposition. En effet, la plateforme de l’opposition politique congolaise conteste les résultats ainsi proclamés qui font du président Denis Sassou Nguesso le vainqueur dès le premier tour. Cette réélection a été annoncée à la télévision nationale par le ministre de l’Intérieur, Raymond Zéphyrin Mboulou, à travers laquelle il a crédité le président sortant Denis Sassou Nguesso de 60,39% des voix contre 15,05 % pour l’ancien ministre et opposant Guy-Brice Parfait Kolélas et 13,89 % pour le général Jean-Marie Michel Mokoko.

 

JMMK

 

Au Congo, la communauté internationale est désormais face aujourd’hui au défi du respect des règles du droit et de la démocratie, voire du respect de l’expression même du suffrage des peuples. Décidément, la réélection proclamée du président congolais Denis Sassou Nguesso a du mal à être acceptée aussi bien au Congo qu’à l’étranger. Eu égard au flou artistique qui a caractérisé l’organisation du scrutin présidentiel, avant pendant et après le jour de vote à proprement parler.

 

Dans une déclaration publiée au lendemain de la présidentielle, le Parti socialiste (PS) français, à travers son Secrétaire national à l’International, immigration et co-développement, Maurice Braud, a notamment déclaré : « Depuis des mois, le président congolais a placé son pays sous un régime d’état d’urgence de fait, dont la seule justification a été d’entraver la libre circulation et la libre expression des opposants politiques.

Dans de telles conditions, le Parti socialiste juge non crédible le résultat annoncé par une commission électorale notoirement partiale. Il demande instamment aux organisations internationales, particulièrement à l’Union africaine et à l’Union européenne de se saisir immédiatement de la question afin de prévenir une crise majeure pour la région ».

 

Dans une autre déclaration en réponse à la prise de position du parti du président français, François Hollande, le Parti congolais du travail (PCT) se déclare : « surpris et dénonce un acharnement », tout en soulignant par la voix de Michel Ngakala que le PS « confond les époques et ne veut pas contribuer à la construction d’une démocratie apaisée au Congo ».

 

En attendant de savoir comment ce qui se dessine comme une nouvelle crise sociopolitique majeure en perspective, les opposants au président Denis Sassou Nguesso continuent de faire l’objet de persécution.

 

Par Jean Kebayo

 

 

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