BURKINA – Pourquoi Yacouba Isaac ZIDA est un grand

En matière de grandeur, c’est d’omettre la comparaison qui est déraison. Monsieur Zida est grand parce que ses adversaires et ennemis sont petits. Pourquoi petits ? Parce qu’eux-mêmes fournissent au Premier ministre burkinabè les preuves incontestables de sa grandeur évidente. Voilà l’affaire.

Le Général de division Yacouba Isaac Zida.Le Général de division Yacouba Isaac Zida.

. COMPARAISONS

Est grand ce à quoi l’on s’attaque sans jamais pouvoir en venir à bout. Est grand celui qui ne sait pas, ni ne dit qu’il est grand, mais laisse à ses ennemis le soin de le montrer.

 

Est grand celui dont les défauts et maladresses (Zida avait tort de reprendre, on s’en souvient, la chanson de Diendéré sur le chien et la chèvre, à propos du RSP), celui dont les erreurs et fautes ne rendent pas grands ses ennemis, mais les rendent même encore plus petits, puisqu’ils sont incapables d’en profiter pour eux-mêmes, et incapables de faire plus et mieux.

 

Alors que beaucoup ont passé leur temps à dénoncer en Zida l’espion du RSP pour la seule raison qu’il était issu de ce corps armé aujourd’hui dissous, le même ex RSP n’avait de cesse de s’acharner contre lui pour l’humilier d’autant plus qu’il était le Premier ministre du pays. Or qu’est-ce qu’un espion qui devient le souffre-douleur victime de ses propres commanditaires ?

 

La vérité est que c’est bien grâce à la contradiction et à l’adversité tenaces et courageuses qu’il a osé opposer à ses camarades hier tout puissants et craints de tous, comme un ver dans un panier de fruits, que Zida a indirectement poussé cet ex RSP a dévoiler encore davantage ce que ce corps avait d’ignoble et de répugnant. Très exactement comme MM. Roch Kaboré, Salif Diallo et Simon Compaoré ont affaibli et ruiné le CDP de l’intérieur en le quittant. Or pendant que l’on déteste et critique Zida, les burkinabè, eux, viennent de porter massivement nos dirigeants ex CDP du MPP au pouvoir : pourquoi ce que l’on reconnaît à ces derniers en les élisant massivement serait refusé à Zida, c’est-à-dire d’avoir choisi de se placer du bon côté de l’Histoire du Burkina ?! Parce que Zida serait militaire, et les autres des civils ?

 

Sans cette résistance de Zida, l’ex RSP aurait, à coup sûr, complètement dompté la Transition qu’elle aurait soumise à sa terreur pour perdurer et ne jamais être dissous même après les élections. Jamais. C’est Zida qui, depuis le début, a exacerbé la contradiction face à l’ex RSP qu’il a poussé à la faute irréparable. En ce sens précis, la présence des militaires dans le gouvernement de la Transition a incontestablement eu quelque chose de bon et salutaire, comme si c’était par le militaire qu’il fallait mieux combattre et éloigner le militaire de la vie politique burkinabè …

 

Or, l’on peut s’en souvenir, nombreux étaient lâches qui, au lieu de diriger leurs attaques contre Diendéré et son ex milice, portaient leurs coups au soldat Zida qu’ils rendaient même responsable de la situation pour lui, le premier, invivable. Ce qu’il souffrait et endurait était, selon les mauvaises langues, la rançon de son ambition personnelle démesurée. Mais l’Histoire, celle de la démocratie burkinabè en particulier, n’a que trop besoin des hommes passionnés et ambitieux pour avancer. Pourvu que ces hommes et femmes aient l’intelligence et l’habileté de ne pas travailler contre leurs propres ambitions et, à la place d’une gloire et d’une grandeur recherchées, ne se couvrent pas de honte…

 

À ce propos, et soit dit en passant, sans beaucoup d’ambition, de poigne et de volontarisme, les seules embrassades et congratulations d’après élections, les seuls unanimisme et consensualisme lisses ne SUFFIRONT jamais pour permettre aux burkinabè de manger à leur faim ; pour en finir, même progressivement, avec un système éducatif et universitaire public délabré et arriéré qui jalouse avec raison un système privé qui brasse beaucoup d’argent certes, mais aussi des chômeurs ; ne suffiront donc pas pour créer et offrir des emplois aux jeunes même diplômés…

Est grand celui que ses propres faiblesses n’écartent pas de l’Histoire (celle du Burkina en l’occurrence), mais projettent au contraire dans le sens de cette Histoire. Celui ou celle qui ne sort pas seulement vainqueur (on peut vaincre sans être grand, si l’on vainc sans avoir raison !), mais que l’on élève en voulant l’abattre et tuer, comme s’il ou elle était protégé(e) par quelque chose de plus grand encore, de plus haut

 

Dans l’une de ses chansons, Koffi Olomidé fredonne avec philosophie qu’ »être grand ne veut pas dire mesurer deux mètres » ! De même, dirons-nous ici, être grand ne veut pas dire accumuler des années au pouvoir, ni multiplier actions et actes, si en outre ceux-ci sont scandaleux, indécents et indignes. Il n’y a pas que les actes glorieux pour faire et être grand, la manière d’être et le comportement aussi. C’est même plutôt le grand nombre d’actes honteux et abjects posés et signés par ses propres ennemis qui, par comparaison, rend un homme grand.

 

Est grand celui en comparaison duquel tous les autres ne sont pas meilleurs mais médiocres ou pires, seraient-ils acclamés et adulés, sans que lui-même soit jamais parfait et irréprochable. Le président Kafando, en promouvant général le lieutenant-colonel Zida, n’a certainement pas voulu nous imposer un saint à adorer et vénérer, mais signifier que l’attitude et le choix du militaire Zida, ex de l’ex RSP qui plus est, en faveur de la démocratie et du Faso (car il aurait pu faire partie aussi des militaires putschistes) devraient et devront être non pas l’exception, mais la règle : la règle GÉNÉRALE…

 

À cet égard, c’est au mieux une plaisanterie bon enfant, à laquelle il faut sourire, ou au pire un bas goût intellectuel et moral pour la médiocrité et le dégoûtant, de penser et laisser croire que Zida général est, en termes de républicanisme et de patriotisme, moins méritant que nos plus anciens officiers supérieurs couards et prêts à collaborer même avec le diable contre leur propre pays, pourvu qu’il leur jette quelques miettes de billets de banque.

 

Quel burkinabè qui se respecte n’a-t-il pas eu mal à son burkindlim, et ressenti honte et malaise de voir surgir sur son écran de télévision, surtout depuis l’étranger, cet officier au visage ahuri et abruti, sorti d’on ne sait quelle préhistoire, et trébuchant comme un analphabète sur son propre texte, pour annoncer au monde entier le coup d’Etat de Diendéré ?! Ce visage-là ne peut pas être celui du burkinabè républicain méritant : non du tout, ça n’est pas le visage de Yacouba Isaac Zida !…

 

Si le seul critère de la promotion de Zida est bien le républicanisme, le patriotisme et le sens de la démocratie, alors le lieutenant-colonel Zida mérite largement plus d’être général que nos généraux qui croupissent en ce moment à la MACA (et pour cause), et plus que ceux, Zagré compris, qui n’attendaient que le vent du coup de Diendéré tourne en faveur des militaires pour conserver ou occuper des postes. En quoi Zida président du Faso puis premier ministre aura-t-il nui au Burkina Faso, et nui plus que d’autres ? En quoi aura-t-il, et pire que d’autres, fait régresser la démocratie au Faso ? Quand aura-t-il trahi notre pays ? Combien aura-t-il fait de victimes ?

 

Le burkinabè que je suis est plutôt fier d’avoir dans son armée un général qui s’appelle Zida et pas Diendéré, Bassolé et autre Nabéré Traoré qui, eux, étaient bombardés généraux pour des raisons qui n’ont rien à voir ni avec quelque mérite militaire, ni encore moins avec le sens de la République, de la patrie et de la démocratie. Une critique sérieuse et juste ne devrait donc pas lâcher imprudemment la proie pour l’ombre, et risquer d’abandonner l’or pour de la boue, en tapant aveuglément sur Zida général comme s’il était pire que d’autres, ou le pire de tous selon le seul critère du républicanisme et du sens de la démocratie.

 

La promotion de Zida est donc aussi symbolique, parce qu’elle vise à surtout encourager ce sens de la République, de la patrie et de la démocratie dans la nouvelle armée des courageux jeunes (sous-) officiers et soldats de rang qui, contre l’inertie de leurs chefs, étaient montés écraser l’ex RSP. Ce sont eux nos vrais généraux, pas ceux qui en portent seulement les galons.

 

N’y aurait-il pas plutôt urgence et plus de pertinence à nous demander comment il se fait que nos généraux symboliques (tous ces soldats qui font plus et mieux que leurs galons) correspondent davantage et mieux que nos généraux réels à ce que nous attendons de notre armée ? N’est-ce pas précisément parce que nos généraux et officiers supérieurs ne paraissent pas tous à la hauteur que l’on est bien obligé de promouvoir exceptionnellement un lieutenant-colonel comme Zida au grade de général ? Ce n’est donc pas Zida général qui…dégraderait l’armée burkinabè, mais le comportement non patriotique et non démocratique de nos généraux qui fait mériter au général Zida son grade

 

La promotion de Zida général est également la meilleure façon d’enterrer solennellement l’ex RSP et son esprit, puisqu’elle signifie aux officiers supérieurs fidèles à cette milice qu’un lieutenant-colonel qui ne fait que servir son pays pour plus de démocratie vaut mieux et est plus méritant qu’eux. C’est donc l’idée même de mérite qui se trouve redéfinie de façon à reposer désormais davantage sur les critères du républicanisme, du patriotisme et de la démocratie, que sur l’arbitraire du favoritisme. Ou encore, c’est aussi l’idée de favoritisme qui se trouve inversée et retournée, en ce sens : favoriser désormais ceux et celles qui servent le pays au lieu de s’en servir…

 

En cela, le président Kafando a vu et fait juste, en voyant enfin ce que son premier ministre avait de grand et d’exemplaire, le même qu’il avait pourtant semblé abandonner seul face aux furies et injonctions de Diendéré et de ses soldats miliciens. La véritable taupe, le véritable espion de l’ex RSP dans le gouvernement de la Transition aura été le colonel Sidi Paré nommé à la place d’Auguste D. Barry (un autre généralisable !), et non pas Zida, car c’est avec Paré et d’autres que Diendéré a fait son coup contre la Transition.

 

Franchement et sérieusement dit : la seule, l’unique et ultime lucidité du président Kafando à la tête de la Transition, en même temps sa seule vraie DÉCISION auront même été de remarquer, enfin, en quoi Zida est grand et méritant, en le faisant général. La grandeur c’est encore cela : obtenir par la grâce involontaire de ses propres ennemis cela même (la reconnaissance et le mérite) que Zida n’aurait certainement pas pu obtenir par ses propres moyens et par sa seule ambition.

 

En effet, le président Michel Kafando candidat transitoire de l’armée de Diendéré aura constamment été faible dans ses indécisions, et trop complaisant avec les militaires de feu RSP, Diendéré en tête, et jusqu’au bout ; c’est-à-dire jusqu’à la reddition de Diendéré, en négociant avec le président togolais l’indue et indécente hospitalité pour madame Diendéré : le même Togo d’où Diendéré avait, outre la Côte-d’ivoire (cela est établi par l’enquête sur le putsch), fait venir des armes pour faire son coup… Mais ici les critiques sont curieusement inexistantes

 

Mais Michel Kafando lui-même otage victime de Diendéré aura enfin compris et remarqué où et quel était le bon côté où il aurait dû plus tôt et sans tergiverser se placer : celui de Zida qui, grandeur oblige, est le côté par où l’Histoire de la démocratie au Burkina avance… Mais c’est au contraire ici, et tout aussi curieusement, que les critiques sont abondantes. Ce ne sont donc pas les critiques elles-mêmes qui dérangent celui qui est lui-même en train de les critiquer ici, mais le fait qu’elles ne sont pas proférées aux bons endroits ni aux bons moments, contre les bonnes cibles ; et qu’elles méconnaissent donc, qu’en matière de critique, il est indispensable, pour être juste, de justement savoir qui la mérite avant et plus que qui : il est de la critique comme du mérite et de la reconnaissance : elle doit savoir se s’attribuer et se distribuer

 

Enfin, la promotion de Zida général est un défi aux politiciens civils qui arrivent et qui suivront : à eux maintenant de faire, en termes de républicanisme, de démocratie et de patriotisme, plus et mieux que le général Zida qui, sans le savoir, aura mis la barre haut. Ainsi tout le monde sait très bien au Burkina qu’aucun président même élu avec 99,99% des voix ne pourra commettre l’erreur de revenir en arrière et en deçà du train des procédures et dossiers judiciaires en cours (Sankara, Zongo, Diendéré, Bassolé, etc). Or, là encore, c’est Zida qui, parfaitement en phase avec le peuple, et sans populisme (comme la critique l’en a accusé) a donné le ton et le coup d’envoi

 

Il n’y a jamais eu, dans l’histoire politique du Burkina Faso (et peut-être même dans toute l’Afrique), de dirigeant militaire qui aura été aussi haï, malmené et par moments aussi publiquement humilié par ses propres confrères d’armes que Yacouba Isaac Zida, pendant qu’il servait son pays. Thomas Sankara peut-être, puisqu’il a même été liquidé par ses camarades ! En général les militaires se soudent contre les civils et les peuples, ou draguent et s’allient les politiciens civils contre les peuples. Ça n’est pas le cas de Zida : président en treillis, puis premier ministre en civil, parlant et comprenant la langue du peuple…

 

Mais l’on peut malheureusement constater qu’il existe encore des burkinabè qui, même après le putsch et son échec, continuent de ne jurer que par des individus, quoi que ceux-ci aient fait contre leur propre pays. Pour ces nombreux burkinabè, le sort de leurs idoles politiques passe avant celui de leur pays. C’est cette logique des idoles qui explique que des dirigeants comme Zida soient systématiquement fustigés quoi qu’ils fassent de bien ou de moins pire que d’autres. Plus des individus sont publiquement sales et odieux, et plus ils sont applaudis et vénérés. Le monde à l’envers.

 

Beaucoup en sont encore à défendre moins des idées et des valeurs (alternance, nation, justice, République, démocratie, vérité, emploi, égalité des chances, développement, etc) que des personnes, ce qui nous éloigne de la politique comme telle, pour nous conduire dangereusement vers des affrontements de personnes, pour des personnes. Certains aujourd’hui en Afrique font et voudraient faire de la politique sur notre pauvre-riche continent comme des stars de show-business font « rêver » des masses, et s’inventent une grandeur dont les seuls signe et mesure seraient que des fans s’évanouissent et entrent en transe (transe de colère et/ou de vénération, selon les circonstances) à la seule évocation de leurs noms : politique-show-buisiness (le « nom »). Politique-vaudou (les transes). Mais la juste contrepartie en est que lorsque des scandales les éclaboussent, la honte publique aussi les (pour)suit comme l’ombre de leur grandeur fabriquée…

 

La grandeur de Zida ne consiste pas à conquérir l’Afrique et le monde, mais à terminer son mandat comme exactement il est arrivé en politique pendant l’insurrection d’octobre 2014 : en se démarquant clairement de ses camarades, et de la partie putschiste de l’armée dont il a souffert le harcèlement, bouclant la boucle de bien belle manière, par l’exacte même victoire qui était DÉJÀ celle de la révolution d’octobre 2014 sur le système putschiste, et prenant encore le dessus sur ses ennemis. Tant il est juste et heureux que ce ne soit pas ce qui est petit qui doive gouverner ce qui est grand… Avec Zida c’est tout le Burkina qui est grand, et ne sera pas vaincu par des ennemis intérieurs et extérieurs forcément petits…

 

2. INOUÏ

 

Mais le citoyen burkinabè que je suis ne peut pas faire semblant d’ignorer que les attaques contre Zida ont aujourd’hui pour prétexte les entretiens téléphoniques surpris et enregistrés autour du putsch de Diendéré. Ce qui fournit l’occasion de faire quatre (4) brefs commentaires :

1/ Ces entretiens téléphoniques qui circulent existent et sont une réalité, qu’ils soient authentiques ou faux : si c’est le général Zida qui était l’auteur de ces objets audibles, alors il faut même reconnaître qu’il n’est pas seulement grand, mais aussi génial, de faire ainsi exister et permettre de circuler ces conversations qui pourraient être fausses, mais qui sonnent à l’oreille plus authentiques que fausses. Si ces entretiens téléphoniques sont faux, alors il faut reconnaître que leurs (f)auteurs sont plus habiles que débiles ou maladroits ; tout comme on peut reconnaître la génialité d’un artiste qui rend visible l’invisible, crédible l’incroyable, ou qui fait ouïr l’inouï…

 

Mais dire même que ces entretiens téléphoniques proviennent d’ÉCOUTES enregistrées revient à reconnaître qu’ils sont intrinsèquement VRAIS, car la technologie de l’écoute ne ment pas, aucune mise sous écoute ne cherchant à écouter et enregistrer du faux, et étant donc suffisamment fiable et probant pour servir utilement à toutes les polices et tous les renseignements du monde !! Si cette technologie de l’écoute n’était plus fiable, alors adieu à tous les renseignements de lutte anti-terroriste devenue vaine : c’était pourtant à cette technologie de renseignements que notre général Diendéré était employé et commis, et là qu’il a conquis ses seuls titres de « noblesse » et de guerre !

 

2/ Ce que tout le monde peut écouter et entendre dans ces entretiens téléphoniques est par moments tellement grave que l’on est plus qu’étonné que personne à ce jour, et pour autant que nous le sachions, que personne n’ait porté plainte contre quelqu’un, ou contre X, ce qui pourrait sonner comme un aveu d’authenticité : plainte pour diffamation, si les entretiens ne sont pas authentiques ! À moins que ceux qui s’en disent victimes n’entendent utiliser et n’attendent que d’utiliser, une fois de plus, non la Justice mais les armes encore pour contester les soupçons et accusations qui les accablent, et tenter encore d’utiliser la force pour se faire justice, comme l’avaient fait les putschistes

 

3/ Le sujet récurrent de ces entretiens téléphoniques n’est pas la politique, mais l’argent. Il n’y est pas souvent question de politique, encore moins de la démocratie au nom de laquelle pourtant les putschistes ont avoué avoir fait leur coup. Authentiques ou faux, ces entretiens ne tournent pas autour de ce dont des hommes politiques démocrates devraient parler : d’élections, de stratégies électorales et démocratiques pour conquérir le pouvoir démocratique. Et lorsque l’on croit entendre parler de politique, ce n’est jamais de peuple burkinabè, du Burkina (c’est pourtant là que la crise a lieu), mais de « je » et « moi » qui se croient au-dessus de tout et de tout le monde. Inouï

 

Derrière donc les beaux discours de la politique-show-buisiness sur la démocratie ici et là en Afrique se trouve en réalité « la maudite engeance » de Sophocle, l’argent. Derrière certains beaux discours et beaux parleurs sur la démocratie en Afrique se cachent en réalité des coureurs de « jetons », des commerçants et mendiants d’armes, de sombres petits Père-noël de la mort…

 

4/ Que ces entretiens téléphoniques soient authentiques ou faux (tout en sonnant néanmoins plus vrais que faux) la seule chose qui importe et qui intéresse le Burkina Faso et ses autorités politiques et judiciaires, c’est de décider du sort des présumés coupables sur lesquels ils ont mis la main, au sujet de ce putsch qui reste tout de même l’unique contexte et la seule raison de tous ces entretiens téléphoniques :

Or, tout le monde en conviendra, ce putsch du 16 septembre 2015, lui, n’est pas faux mais bel et bien authentique, comme fait têtu que toutes les dénégations et contestations sophistiquées du monde ne pourront jamais nier…

 

Revenant à Zida pour finir : si notre général est aussi clivant (on le soutient vigoureusement, ou au contraire on le déteste à mort, comme la Transition elle-même), c’est parce qu’il est le dirigeant qui, à la faveur de la révolution burkinabè d’octobre 2014, (dé)marque plus nettement qu’aucun autre la fin de l’ancien pouvoir que beaucoup pleurent encore, ET le commencement d’un renouveau politique et démocratique visiblement irréversible au Burkina Faso, ou le début d’une reconstruction du pays : général Zida Cyrus !…

 

Ce clivage de Zida, sa dualité, n’est absolument pas la duplicité d’un espion ou d’un traître, mais l’ambiguïté d’un bord, d’une frontière, bref d’un passage (transition). Celui que beaucoup se sont trompés à considérer comme l’espion de Diendéré s’est révélé très tôt un poison pour tous les traîtres et espions
La grandeur ne consiste pas en des vacarmes d’acclamations douteuses et intéressées, mais c’est aussi sur des pas silencieux de colombe qu’arrive et passe, sans se faire remarquer ni oublier, ce qui est grand. L’inouï par excellence

 

La philosophie avoue modestement que c’est au coucher du soleil qu’un certain oiseau, qui n’est rien d’autre que la philosophie encore, prend son envol, après coup, en retard donc sur le jour qui s’achève. Non par nostalgie, mais par LUCIDITÉ, car il s’agit, la nuit tombée, de VOIR plus clairement avec les yeux de l’esprit qu’avec ceux du corps l’astre lumineux qui s’éteint provisoirement

 

Pour dire et signifier, après que tout ou presque semble avoir été déjà connu et dit, toute la grandeur du soleil qui disparaît et s’éclipse pour faire place à la nuit qui tombe. Le soleil Zida (et non pas Zida soleil, pour ne pas donner dans la vénération, mais rester dans la comparaison et l’image) se couche et s’en va, pendant que l’obscurité de la nuit s’abat sur ses ennemis que déjà les harcèlements de la Justice plongent dans l’insomnie, et peut-être dans une juste nuit sans matin…

 

Kwesi Debrsèoyir Christophe DABIREKwesi Debrsèoyir Christophe DABIRE

 

Kwesi Debrsèoyir Christophe DABIRE

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