SENEGAL – Un guerrier sérère à l’assaut du référendum (par Karfa S. Diallo)

 

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SENENEWS- Si on comprend le besoin de galvaniser ses troupes, l’usage de termes guerriers….

 

C’est encore Idrissa Seck qui aura le mieux compris la faute politique dans laquelle s’enfonce le président Macky Sall qui semble incapable de se défaire de son statut de chef de parti et de prendre de la hauteur pour percevoir les enjeux de ce référendum.

A voir, l’ancien premier ministre et président de Rewmi, Idrissa Seck, aussi drôle et percutant, lors de son meeting auprès de la diaspora sénégalaise de France, on se met à redouter l’afflux vital que Macky Sall a inconsciemment insufflé à l’opposition.

 

Il est vrai que nous sommes nombreux à avoir été effaré de voir le président de la République, Macky Sall (et toujours chef de parti, malgré l’interdit constitutionnel), utiliser des termes aussi guerriers pour qualifier le débat démocratique en cours autour du référendum.

C’était le 06 mars dernier, au Grand-Théâtre, une des réalisations intangibles de l’ancien président Abdoulaye Wade.

 

Dédaignant, pour une fois, les halpulaars qu’il n’a cessé de favoriser selon nombre d’observateurs et s’adressant aux sérères, le président s’est transformé, l’espace d’une minute et demie, en un guerrier sérère qui ne ferait même pas peur à l’immigré toucouleur que je suis.

Si on comprend le besoin de galvaniser ses troupes, on se demande bien pourquoi utiliser une gestuelle et un vocabulaire aussi lourds que méprisants à l’encontre de ses contradicteurs.

 

Dramatisant le référendum du 20 mars prochain,  « Nous étions là le 23 juin 2011 pour nous opposer aux tentatives de tripatouillages de la constitution et de coup d’état contre les institutions », le candidat (il faut bien l’appeler ainsi tant il semble jouer un remake de l’élection de 2012), va jusqu’à affirmer, sans ciller, que « Ce sont les mêmes tentatives vaines qui sont en cours pour s’opposer à cette constitution nouvelle pour le renforcement de l’état de droit et de la démocratie ».

 

Plagiant, bien maladroitement, n’est ni sérère ni poète qui veut, l’ancien président Léopold Sédar Senghor, Macky Sall s’est lancé dans une diatribe lyrique dans son discours « je me rappelle des marrons du feu et des femmes APR de Nder (sic !) au cours de ce combat ».

Et pour finir, il regrettera que l’Afrique ait «connue trop de tragédies du fait de l’ivresse du pouvoir » sans que cela ne l’apaise ni ne le dissuade de proposer le combat et la violence physique coutumière des déchirements électoraux de l’Afrique.

O naagaa ñaagaa boo andatiiro me o jofaa, nomtooxi mam inoor oona

(Si vous ne savez plus ou vous allez, retournez d’où vous venez)

 

Mon vieux papa, halpulaar élevé et initié à la lutte traditionnelle à Djilass, m’a toujours donné ce conseil que le secrétaire général de l’APR ferait bien de suivre.

Qui conseille vraiment Macky Sall ? Ecoute-t-il vraiment ses conseillers ? N’est-il pas sous une forme d’influence nocive et pour son pouvoir et pour la démocratie sénégalaise ?

La dramatisation inutile du référendum, les comparaisons inappropriées et la répétition historique qu’il semble vouloir indiquer peuvent, à contrario, le fragiliser et l’enfoncer dans un désamour croissant et accéléré avec la société sénégalaise.

 

 

KSD (Editorial)

 

Source : http://www.senenews.com

 

Senenews (Sénégal)

 

 

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