AFRIQUE FRANCOPHONE – L’avenir du franc CFA en question

Les ministres de finances des pays utilisateurs de la monnaie dite CFA (Colonies françaises d'Afrique) se sont retrouvés le 9 avril dernier à Yaoundé au Cameroun. Entre autres questions étudiées, l’avenir du franc CFA dont beaucoup de citoyens de ces pays voudrait voir disparaître le plus rapidement possible. Pour des raisons de souveraineté d’abord.

 

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Cela fait 70 ans que le franc des Colonies françaises d’Afrique (CFA) associé à la colonisation a été instauré. Une monnaie qui constitue d’une manière ou d’une autre une perpétuation de l’esprit qui a présidé à sa création. Sans compter les avantages et inconvénients qu’elle implique pour les différentes parties concernées par son utilisation.

 

Il ne fait l’ombre d’un doute que le franc CFA est de plus en plus critiqué et par l’élite africaine et par certains politiques aussi. Tant et si bien que lors de la dernière réunion à Paris entre les ministres africains concernés et celui de la France, Michel Sapin, ministre français des Finances avait laissé entendre : « Que ce débat soit porté par les uns et les autres est parfaitement légitime. Je comprends tout à fait que l’on cherche à voir les avantages et éventuellement les inconvénients en fonction des situations (…) S’il y a de la part des uns et des autres au niveau académique ou au niveau politique des propositions, et bien, nous en discuterons tous ensemble avec cet esprit de respect et d’égalité ».

 

La réunion du 9 avril était donc très attendue par les Africains sur cette question précise. Mais il n’en a rien été concrètement. Les différents ministres africains réunis à cette occasion se sont plus penché sur l’interchangeabilité du franc CFA entre ses utilisateurs d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique du Centre. Et les responsables des deux banques centrales ont décidé de tout mettre en œuvre pour que cela devienne réalité. Car la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et la Banque des États d’Afrique centrale (BEAC) émettaient des billets de francs CFA qui n’étaient valables que dans leurs zones monétaires respectives.

 

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En effet, selon le gouverneur de la BCEAO Tiemoko Koné et le gouverneur de la BEAC, Lucas Abaga Nchama, des mesures de sécurisation étaient par ailleurs nécessaires à l’implémentation de cette décision qui concerne les pays de l’ensemble de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), à savoir le Mali, le Burkina Faso, le Sénégal, la Guinée-Bissau, la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Togo et le Niger, et ceux de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC), soit le Cameroun, le Gabon, le Congo, la Guinée équatoriale, la Centrafrique et le Tchad.

 

Sur la récurrente question de l’abandon du franc CFA au profit d’une monnaie purement africaine, la réunion de Yaoundé a plutôt laissé bon nombre d’Africains sur leur faim. Dans l’espace économique de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’on sait qu’on s’acharne quant à la création de l’Eco, une monnaie commune ouest africaine. Mais du côté la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC), rien ne semble filtrer encore.

 

D’un côté,  certains Africains ont tendance à penser que l’abandon du franc CFA va résoudre ipso facto tous les problèmes inhérents aux économies africaines concernées. Et de l’autre côté, et particulièrement en Occident, d’autres ont tendance à faire croire aux Africains que l’abandon du franc CFA va entraîner une catastrophe économique. Si l’abandon du franc CFA ne règlera pas tous les problèmes économiques comme par un coup de baguette magique, il permettra au moins déjà à la monnaie de ces pays-là de ne plus s’appeler franc des Colonies françaises d’Afrique (CFA). Ils sont nombreux les pays africains qui utilisent leurs propres monnaies et dont certains possèdent des économies plus performantes que celles de l’espace franc CFA. Il n’y a donc rien à craindre que les pays francophones qui ne sont plus des colonies décident de se séparer de cette monnaie qui n’a pas évolué et qui continue de les maintenir, d’une manière ou d’une autre, sous dépendance.

 

Par Tcha Sakaro

 

 

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