BURKINA – 100 premiers jours à la Présidence du Faso : Roch Kaboré …, en Président-citoyen !

En acceptant de rendre compte de ses 100 premiers jours de gestion à la tête de l’Etat, et de se soumettre ainsi aux critiques, l’actuel occupant du Palais Kosyam, Roch Kaboré, marque incontestablement une rupture avec une certaine tradition dans la gouvernance. Au-delà du jugement que chaque citoyen peut faire de cet arrêt, cet exercice revêt un caractère symbolique important et place ainsi, et pleinement, le peuple au centre des actions de gouvernance. Les faits sont sacrés, les commentaires sont libres, dit-on. Mais il s’agit plutôt pour nous de se focaliser sur la valeur symbolique de cet exercice dont on souhaite qu’il serve réellement à ce pour quoi, il a été initié. Ce qui suppose que chaque citoyen à son niveau puisse s’approprier de tels moments pour améliorer son rapport au quotidien avec ses concitoyens, avec l’Etat et avec sa patrie.

 

Kaboré

Dimanche 3 avril 2016, le Président Kaboré avait donc rendez-vous avec l’histoire. Après avoir, 48 heures auparavant, ‘’pompé’’ son équipe à travers des activités de plusieurs natures, c’est un Président plein de tonus et surtout confiant qui s’est présenté devant la presse pour marquer l’arrêt sur ses 100 jours à la Présidence du Faso. A la tête du premier pouvoir post-insurrection, Roch Kaboré incarne ainsi au mieux, le « plus rien ne sera comme avant ». Ce qui corrobore les propos de son discours d’investiture dans lequel, il avait sonné la fin de la récréation, face à un certain nombre de tares en matière de gouvernance, sur les plans social, économique et culturel. C’est dans la posture de Président-citoyen, carotte et bâton en main, que Roch Kaboré a donc ausculté le chemin parcouru et annoncé la suite …

 

L’exemple par le haut !

 

Mais, s’il y a bien une chose sur laquelle, les Burkinabè ne semblent plus faire un pari, c’est bien les discours d’intentions de leurs gouvernants. Et pour cause ? Pendant longtemps, ils ont reproché aux dirigeants de faire le contraire de ce qu’ils ont toujours prôné. Même le pouvoir de la Transition qui, à leurs yeux devait être le modèle parfait en matière de gouvernance, semble n’avoir pas pu déroger à cette triste réalité. Le pouvoir Roch Kaboré fera-t-il l’exception à cette ‘’tradition’’ ? Le temps se chargera sans doute d’apporter réponse à cette question à mille dollars. Pour ceux qui voudraient devancer l’iguane dans l’eau par l’optimisme, les mesures de ‘’rationnement’’ prises depuis la constitution du gouvernement donnent de la matière à illustration : réduction de la dotation en carburant des ministres et des cadres de l’administration, baisse des frais de communication du Président du Faso. ‘’Mieux’’, les Burkinabè ont été informés, à la faveur de cet exercice de bilan, qu’aucun membre du gouvernement n’a touché un salaire depuis sa nomination ; ‘’tous fonctionnent avec leurs propres moyens’’. ‘’Ne vous fiez donc pas aux cravates et autres costumes des ministres, ce n’est pas la sinécure ’’ ! Par-là, le Président du Faso dit vouloir montrer l’exemple à suivre et appeler ainsi les Burkinabè à compter d’abord sur eux-mêmes.

 

Dans cette lancée, le mal que l’on puisse souhaiter à cette vision, c’est le succès. Et pour cela, il faut que tous soient sur une longueur d’onde, à commencer surtout par ses plus proches collaborateurs. Cela est impératif pour la prospérité de cette vision et partant, pour le bonheur du peuple tout entier. Vivement donc, que cette option et ce style du Président inspirent ses collaborateurs dans l’élan à imprimer au Burkina. Autant le citoyen lambda doit rompre avec l’esprit selon lequel « … C’est l’Etat qui », parlant de l’utilisation des biens publics, autant les autorités doivent se convaincre qu’elles sont au service de l’intérêt général et mesurer, de ce fait, l’importance de leur responsabilité devant l’histoire.

 

Oumar L. OUEDRAOGO

Source: http://www.lefaso.net

 

Lefaso.net (Burkina)

 

 

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