FOOTBALL – George Weah, l’ex-star du foot qui veut devenir star de la politique au Liberia

Le Libérien George Weah qui a manqué de peu de devenir président du Liberia face à l’actuelle présidente, Ellen Johnson Sirleaf, en 2005 est un footballeur que les Africains ne sauraient oublier. Mais l'ex-star qui est devenu un homme politique dans son pays vient de se lancer officiellement de nouveau dans la course pour la présidentielle de 2017. Et il se dit confiant. Il a fait cette annonce le 28 avril dernier au siège de son parti, le Congrès pour le changement démocratique (CDC). Retour sur le parcours de celui qu'on appelle affectueusement "Mister George".

 

Le ballon d'or George Weah a quitté les stades de foot pour l'arène politique de son pays, le Liberia.Le ballon d’or George Weah a quitté les stades de foot pour l’arène politique de son pays, le Liberia.

Au plus fort de la crise que connaissait son pays, l’homme avait complètement pris en main l’équipe nationale, les Lone Stars, dont il faisait partie, en y investissant ses propres moyens financiers. Généreux et volontariste, il en a donné la preuve sur les stades et dans sa vie quotidienne. Ses anciens coéquipiers racontent à ce sujet que, lorsque les joueurs ne terminaient pas leurs repas, George Weah allait les distribuer dans les rues aux Sans domicile fixe (SDF).

 

On se souvient de ses années passées surtout au Paris Saint-Germain, en France, et à l’AC Milan, en Italie. Joueur offensif et très technique, ce n’est sans doute pas le fait du hasard si celui qu’on appelle affectueusement « Mister George » a été le premier non européen à recevoir le Ballon d’or et le seul jusqu’alors. Il a aussi reçu le Ballon d’or africain en 1989, en 1994 et en 1995 ainsi que plusieurs autres distinctions.
L’ex-star de football, George Weah, a été élue au Sénat du Liberia. A l’issue du scrutin qui a eu lieu le 20 décembre dernier dans le cadre du renouvellement de 15 des 30 sièges, il a obtenu 78 % des suffrages contre 10,8 % seulement pour son adversaire, Robert Sirleaf, candidat indépendant et l’un des fils de la présidente du Liberia, Ellen Johnson-Sirleaf.

 

Il s’agit là en effet du premier mandat électif pour le champion du Congrès pour le changement démocratique (CDC). A la suite de sa brillante carrière professionnelle en Europe, George Weah aujourd’hui âgé de 48 ans s’est engagé depuis en politique. Il a ainsi quitté les stades de football pour descendre dans l’arène politique de son pays en raison de la déception des Libériens vis-à-vis des hommes politiques de son pays. George Weah lui-même déclarait à un journaliste de l’AFP à Monrovia en mai dernier lorsqu’il annonçait sa candidature aux sénatoriales, mais également à la présidentielle prévue en 2017 : « Mes sympathisants veulent que je sois président de la République. Ils pensent que je peux changer leur vie ». Au-delà du Liberia même, la question du renouvellement de la classe politique se pose quasiment partout actuellement en Afrique.

Carton rouge pour les dirigeants africains !

 

En donnant l’avantage à l’ex-vedette du football George Weah lors du premier tour de la présidentielle de 2005, les Libériens ont montré leur rejet des élites. Cette « révolution » pourrait faire tache d’huile dans toute l’Afrique.

Le 11 octobre 2005, en effet, les Libériens étaient allés aux urnes pour élire leur président de la République et leurs députés. Ce scrutin avait connu une forte mobilisation, sous la supervision notamment des observateurs électoraux de l’Organisation des Nations unies. Une kyrielle de candidats était en lice, y compris l’ex-footballeur international Georges Weah qui était venu en tête avec 28,9% des voix, contre 19,7% pour l’économiste Ellen Johnson-Sirleaf et 13,9% pour l’homme d’affaires Charles Brumskine.

 

George Weah (Photo: FIFA)George Weah (Photo: FIFA)

 

A y regarder de près, l’arrivée en tête à l’élection présidentielle de cette ex-star du football, considérée comme le meilleur footballeur africain des années 1990, était symptomatique de la volonté du peuple libérien de se trouver des dirigeants dans un sérail autre que celui des politiciens professionnels et des seigneurs de la guerre qui ont régné en maîtres sur le pays depuis le coup d’Etat de Samuel Doe, en 1980. Au demeurant la popularité grandissante du footballeur issu du petit peuple apparaît comme le symptôme d’une fracture entre les élites dirigeantes et la grande majorité des Libériens, qui ont préféré un néophyte de la chose politique. Car les actions de cet homme pendant les pires moments de la guerre civile avaient milité en sa faveur (notamment par ses dons aux populations civiles et à l’équipe nationale de football). Et cela au détriment des politiciens professionnels et des chefs de factions qui ont tout le temps brillé par la défense de leurs intérêts, leurs querelles de tranchées et leurs promesses non tenues, au point de se discréditer aux yeux de tous.

 

Car ce n’est seulement au Liberia que les élites à divers niveaux ont déçu les espoirs des peuples à l’échelle du continent africain. Loin d’un simple scrutin destiné à sortir le pays d’une crise profonde sur fond de guerre civile, l’exemple libérien pourrait bien se révéler un catalyseur en faveur d’une nouvelle race de gouvernants en Afrique.

 

Pour la prochaine présidentielle de 2017, il faudra encore compter avec « Mister George ». Il pourrait bien dribbler tout le monde et trouver le chemin du palais présidentiel. Et au cas où George Weah remporterait le prochain scrutin, il sonnerait ainsi le glas d’un mythe du pouvoir comme l’apanage des élites. Le cas échéant, il y a fort à parier que l’expérience ferait école dans bien d’autres pays du continent dans un avenir proche. Les intellectuels se sont révélés incapables d’apporter des solutions aux problèmes les élémentaires des populations. A tort ou à raison, les Libériens sont légion à considérer l’ex-jour du Paris Saint-Germain comme la seule alternative crédible pour un nouveau départ du pays.

 

Par Serge-Félix N’piénikoua

 

 

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