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Fracassante. La déclaration du Premier Ministre, Jean Ravelonarivo, hier à Mahazoarivo a amplifié la guerre froide qui l’oppose au Président Hery Rajaonarimampianina.

« Je vous le répète, je ne démissionnerai pas quoiqu’il arrive. C’est la Constitution qui m’a installé et c’est la Constitution qui peut me démettre », a-t-il affirmé à la presse à la sortie d’une audience accordée à des diplomates. Voilà donc qui est clair dans ce long bras de fer maquillé souvent sous des dehors favorables.

 

Alors qu’on chuchotait hier une imminente démission collective des minis­tres pour isoler Ravelonarivo, c’est le Premier ministre qui a pris les devants en affichant nettement sa position. Une réponse allusive à l’ultimatum que le Président lui aurait donné pour rendre son tablier et qui expirerait ce jour.

 

Ravelonarivo s’en remet donc à la Constitution même si celle-ci donne les prérogatives de révocation du Premier ministre par le Président en cas de faute grave et de défaillance manifeste. Ce qui, pour le moment, semble difficile à trouver. Le Premier Ministre martèle, à qui veut l’entendre, qu’il n’est mouillé ni dans le trafic de bois de rose ni dans les histoires de corruption.

 

Au contraire, il a pris l’ini­tiative de monter la chaîne spéciale contre les trafics dont la mise en place semble avoir été bloquée par la Présidence.
Son leitmotiv Tolérance zéro semble gêner la présidence. « Cela s’applique à tout le monde, y compris les barons de la Présidence et ses sbires et ce n’est pas du goût d’Iavoloha en particulier de la Première dame », révèle un proche du Premier ministre. On sait, pourtant que c’est sur insistance de l’épouse du Président, copine de l’épouse du Premier ministre, que Ravelonarivo avait été nommé, avec en prime, une promotion au grade de général.

 

Différend

 

La dernière action en date de Ravelonarivo est l’enquête diligentée contre Claudine Razaimamonjy, conseillère spéciale du Président et bailleur de fonds du HVM. Elle a été convoquée par l’inspection générale de l’État pour un prétendu détournement de fonds dans un projet de la commune rurale d’Ambo­himahamasina. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase pour en arriver au fameux ultimatum.

 

Mais le différend entre les deux chefs de l’Exécutif remonte à l’année dernière. « Le Premier ministre était derrière la déchéance du Président à l’Assemblée nationale et nous en avons la preuve matérielle irréfutable », affirme un habitué du Palais d’État.
Par la suite l’idée d’écarter Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana de l’élection présidentielle de 2018 avait cheminé et le Premier ministre aurait été sollicité pour échafauder la faisabilité constitutionnelle de ce plan. « Ravelonarivo a poliment décliné la proposition », révèle encore un de ses collaborateurs pour montrer la divergence de vue et de méthode entre Iavoloha et Mahazoarivo.

 

Les deux hommes se trouvent aujourd’hui à la croisée des chemins mais Rajaonari­mampianina doit trouver d’autres moyens pour déloger Ravelonarivo, un officier général qui ne se laisse pas conter , après l’échec des intimidations, de collecte de signatures à l’Assemblée nationale et de l’ultimatum auquel Ravelo­narivo a donné une fin de non recevoir avant son expiration.

 

L’histoire arrive aujourd’hui au point de non retour. Le Président a promis qu’il agirait sans prévenir pour prendre de court le Premier ministre. Un gag à la Tom et J…hery.

 

 

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