PRESIDENTIELLE EN FRANCE – Avec qui joue Rama Yade ?

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SENENEWS- « Fidèle en cela à l’esprit du général de Gaulle » On pourrait en sourire mais l’heure est grave.

 

A-t-on vraiment le droit, parce qu’un système médiatique est assez dévoyé pour entendre tout et n’importe quoi, de prêter attention à une entreprise narcissique aussi vaine ?

Mais il est vrai que la crise de l’identité politique française (état d’urgence, déchéance de nationalité, loi travail, etc) est telle en ce moment précis de son histoire que les dérives sont malheureusement devenues plus que probables mais étonnamment crédibles.

 

Sénégalaise d’origine, l’ex-secrétaire d’Etat de Nicolas Sarkozy se jette dans la bataille présidentielle française avec, si jeune déjà, les derniers calculs de ceux que plus personne n’attend. Ni les nombreux militants de droite qui, après l’avoir adulé et admiré son teint d’ébène trop poudré, ont fini par la ranger aux oubliettes, ni les millions de français d’abord séduits par le vent de fraîcheur qu’elle aurait pu insuffler à la démocratie hexagonale mais très vite interloqués et désarçonnés par ce mimétisme politique surréaliste et surtout incroyable.

 

La pilule est trop grosse : recourir au Général De Gaulle quand on est née sénégalaise est quand même fort de café !

Passe encore que son diagnostic soit partagé sur « la crise démocratique profonde », sur la menace de l’extrême-droite, sur l’immobilisme d’une société politique française où «rien n’a changé », où l’« on rejoue toujours la même pièce de théâtre, avec les mêmes mauvais acteurs. »

 

Mais se servir de la date symbolique du 21 avril 2002 (où Jean Marie Le Pen et le Front National se retrouvaient au deuxième tour de l’élection présidentielle) pour lancer une opération politique solitaire aussi maladroite qu’inopportune choquerait moins si l’ancienne secrétaire d’Etat était connue pour respecter et célébrer l’agenda des grandes dates fondatrices des combats pour la liberté et l’égalité que les millions de français mais aussi d’immigrés ont mené pour asseoir malgré tout l’insuffisant et certes décevant socle républicain.

 

Sarkozy l’a décidément trop gâtée !

 

Propulsée au-devant de la scène politique française, non par un quelconque engagement citoyen ou militant, mais par le fait d’un prince aussi fantasque que fourbe que Nicolas Sarkozy, Rama Yade semble n’envisager d’avenir que dans les ors de la République. De sa sortie du gouvernement en 2010 au Conseil Régional d’Ile de France en passant par sa niche de l’UNESCO, l’une des égéries des années « fric et frime » de la France de Sarkozy n’a jamais su traduire la trop facile sympathie, que les français lui ont accordé, en ressources de sincérité, de citoyenneté, d’engagement et de proximité.

 

Abusée par ces sondages et classements, aussi fantaisistes que versatiles, qui en ont fait la « personnalité politique préférée des Français » en 2009, Rama Yade veut continuer à jouer dans « la cour des grands » avec une classe politique française qui ne veut plus d’elle. De l’UMP à sa nouvelle « coopérative politique » en passant par le Parti Radical et l’UDI (Union des Démocrates Indépendants), l’ancienne secrétaire d’Etat joue le même mauvais film, le même scénario écrit par ces tenants de la cinquième république qu’elle prétend maintenant remplacer par sa « France qui ose ».

 

N’y aurait-il donc d’autre avenir que politicienne pour une jeune femme aussi compétente qu’elle ? Ne pourrait-elle justement s’inspirer de ces millions de français et d’immigrés qui inventent une autre société transversale et  collaborative qui, sans renier totalement la représentation par la classe politique, savent qu’il ne faut plus compter sur elle pour changer la société, changer la vie ?  Que valent toutes ses grandes déclarations sur les droits de l’homme quand, dès lors qu’elle n’est plus en fonction gouvernementale, elle ne prend le risque de faire fondre son maquillage sur les routes de France, de Dakar ou de Tripoli ? Quelle est vraiment l’alternative qu’elle propose aux français ?

 

La France est, effectivement, à un tournant.

 

Cette pléthore de candidats à l’élection présidentielle augure d’une violente compétition d’ego surdimensionnés et survitaminés dont le clash risque d’accroître la méfiance populaire à l’égard de la démocratie française.

 

Et, il est à craindre que l’acharnement dans l’erreur, cette absurde prétention de ne pouvoir exister hors de la politique, cette incapacité nubile à se dissocier de soi-même pour se hisser au niveau de la crise et tous ces stratagèmes infantiles de la vanité aux abois, concourent à brouiller davantage la confusion de nombre de français que les bras vénéneux du front national risquent d’étreindre davantage. A les étouffer…

 

KSD (Editorial)

 

Source : http://www.senenews.com

 

Senenews (Sénégal)

 

 

 

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