GABON – Poursuivie en justice, Chantal Myboto Gondjout soutenue par l’USP

Suite à la plainte en diffamation dont elle est l’objet, l’Union sacrée pour la patrie (USP) a récemment pris fait et cause pour la maman d’Onaïda Maïsha Bongo Ondimba, dénonçant une tentative d’intimidation de la part du pouvoir.

 

Albert Ondo Ossa (au milieu), livrant la communication de l’USP, le 14 mai 2016 à Libreville. © GabonreviewAlbert Ondo Ossa (au milieu), livrant la communication de l’USP, le 14 mai 2016 à Libreville. © Gabonreview

 

Poursuivie en diffamation depuis sa sortie tonitruante sur l’état-civil d’Ali Bongo, Chantal Myboto Gondjout serait sous le coup d’une pression politicienne exercée par le pouvoir, qui tenterait de la faire plier pour son appartenance politique mais davantage en raison de la procédure pour faux et usage de faux intentée contre Ali Bongo par sa fille. C’est du moins la lecture de l’Union sacrée pour la patrie (USP) qui, le 14 mai dernier, a fustigé une «diversion» du président de la République, «destinée, entre autres, à créer le contre-feu pour que l’attention du peuple gabonais soit orientée vers d’autres centres d’intérêt, plutôt que sur le fait simple qui est attendu de lui de produire son acte de naissance».

 

Si la plateforme dirigée par Albert Ondo Ossa a dit ne pas être étonnée de cette initiative qu’elle impute déjà à Ali Bongo, c’est qu’elle a estimé que «le choix porté sur Chantal Myboto Gondjout procède d’un calcul machiavélique dont la diffamation n’est qu’un prétexte et n’a d’autre raison que de la mettre en prison afin de se débarrasser d’un adversaire redoutable et d’un témoin gênant de sa vie».

 

Pour L’USP, «la plainte en diffamation d’Ali Bongo apparaît, de ce point de vue, comme l’autre manifestation du harcèlement contre une femme au courage exemplaire, qui a déjà subi la fermeture, par le fait du prince, de son établissement hôtelier». Militant pour la destitution du président de la République, l’USP a regretté que le procès qui devrait en découler ne permette pas d’aller en profondeur, notamment au sujet de la situation administrative d’Ali Bongo, en raison de son statut. «La plainte en diffamation d’Ali Bongo (…) réduit le débat aux dimensions de savoir si des imputations de nature privée ont été rendues publiques. Parce qu’elle ne donne pas le droit au débat de vérité sur les faits imputés, elle constitue manifestement un détournement de la vie privée dans un domaine où la loi fondamentale incite à de telles investigations», a estimé le président de l’USP, pour qui cette plainte est «l’exemple de l’instrumentalisation des fonctions de l’Etat pour le besoin de la conservation du pouvoir politique». Pour lui, il s’agit clairement d’un dessin du chronogramme annonçant «un autre passage en force» d’Ali Bongo.

 

Appelant les populations à ne pas «se laisser distraire par des stratégies de bas étages d’un pouvoir aux abois», l’USP a déclaré qu’elle répondra à toutes les provocations du pouvoir. Elle invite les populations à faire échec «par tous les moyens» au procès devant se tenir dans les jours qui viennent. L’USP a, par ailleurs, réitéré son projet de lancer prochainement une campagne de destitution citoyenne, pour «mettre fin au mensonge qui préside depuis sept ans à la tête du Gabon».

 

Par

 

 

 

A lire aussi:

 

CONGO / GABON – Diplomatie : Descente de police chez l’ambassadeur du Gabon à Brazzaville

 

GABON – Les raisons de la démission de Guy Nzouba-Ndama

 

Football: Samba, mascotte de la Can 2017

Commentaires