SUCRE – UE / ACP : Des relations économiques de moins en moins sucrées

Le marché su sucre va connaître des changements notables d’ici à la fin 2017. Dans le cadre des relations ACP-UE, il s’agit d’une nouvelle page qui est en train de s’écrire. Et les pays sucriers devraient s’y préparer.

 

canne-bresil-a3b17

 

Le ministre mauricien de l’Agro-industrie, Mahen Seeruttun, n’est pas allé par quatre chemins pour mettre le doigt là où c’est amer dans le partenariat entre l’Union européenne (UE) et les pays ACP. En tant que président du Comité interministériel des ACP sur le sucre, dont son pays est réputé pour sa production,  il a déclaré récemment à Dakar au Sénégal : « Il ne faut pas que l’Union européenne (UE) reprenne d’une main ce qu’elle donne de l’autre aux pays producteurs de sucre du groupe Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP). Cela irait à l’encontre des fondements sur lesquels les Accords de Partenariat Économique (APE) ont été négociés entre l’UE et les ACP ». C’était le 2 mai dernier à l’occasion de la session du Conseil des ministres des ACP.

 

Force est de remarquer qu’ils sont de plus en plus nombreux les pays producteurs de sucre qui ne sont pas liés par des accords ACP à débarquer sur le marché européen. Ce qui fait craindre des retombées négatives au détriment des termes préalablement négociés entre l’UE et les pays ACP.

 

En attendant l’entrée en vigueur des nouvelles mesures qui sont en train d’être mises en place, en l’occurrence le mécanisme de sauvegarde européen, les pays ACP devraient se préparer aux nouvelles perspectives qui se dessinent. Il va sans dire que la fin du quota sucrier d’ici au 30 septembre 2017, ne manquera pas d’entraîner un certain dérèglement. Les prix du sucre et de la production d’isoglucose devant être dorénavant fonction des conditions du marché. Ce qui nécessite que les pays ACP soient préparés à cette nouvelle donne. Car elles vont conduire à des chutes drastiques des recettes de ces pays.

 

Le ministre mauricien a cependant apprécié à sa juste valeur la résolution de la Commission européenne sur la question du co-embarquement des cargaisons de sucre à bord de navires et émis le vœu que mention en soit faite dans les APE. Il en est de même aussi du fait qu’il n’y aura aucune imposition de label concernant le pays d’origine.

 

En dépit de toutes ces précautions de départ, il reste que le marché mondial du sucre n’ira pas s’améliorant pour les pays ACP. Lesquels devraient chercher de nouvelles filières pour pouvoir tirer leur épingle du jeu. Car, comme dans le coton, il faudra bien veiller à la question des subventions qui plombent souvent les efforts fournis à la base par les pays producteurs afin de répondre aux exigences du marché mondial.

 

Par Daniel Yaoni

 

 

 

A lire aussi:

 

AFRIQUE FRANCOPHONE – L’avenir du franc CFA en question

 

EGYPTE / ARABIE SAOUDITE – Un pont de 32 km sur la Mer Rouge pour relier les deux pays

 

NIGERIA – Le président Buhari envisage de lever des fonds Panda en Chine

 

 

NIGERIA – Quand Aliko Dangoté lorgne vers Peugeot Automobile Nigeria

 

MAROC – Saphira Awards: L’entrepreneuriat féminin récompensé à Marrakech

Commentaires