« Le CRAN a tort de porter plainte contre Alain Juppé » selon Karfa Diallo

SENENEWS- Engagé depuis de longues années à Bordeaux, le fondateur de Mémoires & Partages «s’oppose à la plainte» déposée par le Conseil Représentatif des Associations Noires de France.

 

KSD

C’est dans un tribune publiée sur le site internet de son association que Karfa Diallo a annoncé son opposition à l’action en justice annoncée par le CRAN par un communiqué repris dans nos colonnes le 31 mai dernier.

 

A l’occasion de l’inauguration de la Cité du Vin par le maire de Bordeaux et le président de la République, François Hollande, le CRAN avait, en effet, attaqué «le musée des esclavagistes» et une «Cité du vin financée par des capitaux en bonne partie issus de l’esclavage, et elle permettra de mettre en valeur des familles qui du sang des esclaves ont tiré le vin de Bordeaux. Car les viticulteurs d’aujourd’hui sont bien souvent les négriers d’hier. C’est le cas par exemple de Barton-Guestier, qui a été racheté par Castel, de Schröder et Schÿller, du vin de Nairac, du groupe de Bethmann ou du groupe Balguerie. »

Enfonçant le clou, le président du CRAN, Louis-Georges Tin avait annoncé une plainte contre Alain Juppé pour «recel de crime contre l’humanité».

 

Pour Karfa Diallo et son association, «le CRAN rend un bien mauvais service à la cause de la mémoire de la traite des noirs et de l’esclavage». Et d’expliquer ainsi sa prise de position dans un débat qui ne peut le laisser indifférent. «Si, je prends la parole aujourd’hui, pour dénoncer cet abject communiqué et l’action en justice de cette organisation, c’est que ces fantasmes existent bel et bien chez une partie de nos concitoyens, qu’ils soient européens ou africains. Et qu’il ne sert à rien de « mettre la poussière sous le tapis ».

 

Dénonçant  «des approximations historiquement fausses, de volontaires confusions non seulement injustes mais inexactes» dans le communiqué du CRAN, le militant bordelais soutient que «c’est une conception bien triste du travail de mémoire qui est du plus mauvais gout dans une ville qui expérimente un dialogue inédit autour de la mémoire de l’esclavage entre des militants et des descendants d’armateurs. «

 

Pour Karfa Diallo «Il est absolument urgent de déconstruire et de combattre non seulement les fantasmes involontaires mais aussi ceux qui sont instrumentalisés pour diviser les populations, radicaliser notre jeunesse en leur servant de fausses informations et de vains modèles.»

 

Source : http://www.senenews.com

 

Senenews (Sénégal)

 

 

 

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