Refusons l’horreur promise !

 

Khal TorabullyKhal Torabully

 

Je ne suis pas d’Istanbul, ce détail est sans intérêt. Je ne suis pas Istanbul non plus (d’ailleurs on ne voit pas ce type de hashtag apparaître, démontrant que l’empathie demeure sélective sur Facebook ou ailleurs), mais j’ai une pensée, ce matin, pour toutes les victimes de la violence, à Istanbul ou à Rangoon, d’où qu’elle vienne ; je m’insurge contre la terreur aveugle ou planifiée pour tuer et soumettre des humains… Confusément, je sais que le temps vient, au-delà de la nébuleuse discursive de ces puissants, de ces médias et des vendeurs d’armes, qui font leur pouvoir et fortune sur le massacre des innocents. Je connais la Turquie, pour y avoir été de nombreuses fois. Mon fils Camil y a suivi un stage Erasmus, à la célèbre Université Koch, et l’accueil et la chaleur de ce peuple ne sont plus à rappeler. Devant ces corps disloqués, je me souviens que mon fils Camil, qui a quitté Lyon dimanche après-midi, a séjourné à ce même aéroport d’Istanbul, où il a passé des heures. Il aurait pu voyager hier… La vie, vraiment, tient à très peu de choses dans ce monde volontairement troublé par des causes pétrolières, gazières, coloniales, territoriales, postcoloniales, néocloniales… après le 11 septembre qui a changé la vie sur cette Terre.

 

Il faut reconnaître que la promesse de Bush, adoubé par Huntington prônant un clash des civilisations, a été tenue et scrupuleusement actée : nous connaissons une guerre diffuse, sans visage, imprévisible et sans fin. Chaque jour, dans l’inconscient du monde, on se réveille avec une question diffuse : où la bombe a-t-elle explosé aujourd’hui ? Puis, les questions collatérales : combien de morts, que disent les médias, qui en rajoutent souvent ? Voilà ce que l’Establishment nous a vendus. La mort imprévisible comme modernité ou post modernité… Je pense que tout un chacun se sent désemparé en face de ce nouveau type de « guerre » qui frappe n’importe qui, n’importe où, et qui est devenu un nouveau mode de gouvernance, suivant l’équation « plus de sécurité, moins de liberté »… De nombreuses questions se posent au regard de la nébuleuse terroriste : qui les active, qui les manipule ? On entend parler des false flags, parfois des liens avec les services secrets… On capture des hélicoptères des puissants livrant des armes à ceux qu’ils combattent… Oui, sans visage et imprévisible en effet, mais la question ultime à se poser est : à qui profite le crime ? Oui, à qui profite le terrorisme ? C’est la seule QUESTION, en fin de compte, qui peut nous éclairer, en dehors de nos retranchements, peurs ou crispations identitaires et idéologiques. Car, ne l’oublions pas, le terrorisme tue tous, musulmans et non-musulmans. A qui profite le crime ?

 

Cette question devrait nous agiter, nous hanter, dans la conscience de tous les instants du monde, où la terreur est, n’en doutons plus, aussi globalisée que le commerce des armes. Il nous faut, face à cette horreurs, nous réveiller, quitter les décombres, les corps anéantis et nous éloigner de la fumée savamment entretenue, pour nous demander qui est derrière tout ce désordre organisé du monde, désordre d’un nouveau genre, qui, cependant laisse prospérer l’hyper libéralisme, la vente des armes, le massacre des innocents, la haine de l’autre, la richesse des plus nantis, le pouvoir de Monsanto, la pollution, la prolifération nucléaire militaire et civile, le racisme, la xénophobie….

 

Parallèlement, les mails des citoyens peuvent être fouillés, des téléphones mis sur écoute (pour nous protéger, nous dit-on)… Des lanceurs d’alerte, qui, eux font un vrai travail de démocratie, sont menacés par les pouvoirs en place ; une chose est sûre : la démocratie est gangrénée par les extrémistes de tout bord. Big Brother a beaucoup de little brothers… Ce matin, je me réveille, abasourdi, en pensant à mon fils qui est, Dieu merci, à l’abri et qui, à 2 jours près, aurait pu être victime de cet acte barbare, commis par les kurdes ou Daesh ou…, qu’importe. Cette boucherie me révulse, m’inquiète, me révolte, comme toutes les tueries d’innocents au Moyen-Orient, en Birmanie, au Congo (génocide sous silence radio), comme si tout cela devait être notre lot quotidien. La nouvelle norme du monde marchandisé de la globalisation ? Je sais, confusément aussi, que d’autres pères, mères, amis, voisins, qui de la Turquie, la France, l’île Maurice, la Lettonie, le Maroc, le Royaume-Uni, la Tunisie à Singapour, aux Antilles, au Sénégal… ONT EU LA MEME PENSEE AFFOLEE ce matin. Oui, mes amis et amies, la peur est bien plus que contagieuse de nos jours car elle est globale et savamment entretenue…

 

Le choc résorbé peu à peu, je dis non à cette agression contre la vie ! Stop ! La vie est ailleurs, la vraie vie, pas celle qui découle de seuls comptes des multinationales ou des superpuissances, elle est dans notre capacité à faire bloc, toutes et tous, quelles que soient nos convictions, croyances ou incroyances, couleurs de peau ou classe sociale, de nous retrouver en humains face à la Bête qui rôde, comme le montre la montée des extrêmes qui se tiennent par la barbe pour conquérir le pouvoir ensemble, pour mettre le citoyen au pas, pour nous intégrer dans des calculs globaux de pertes et de profits. Si la terreur est globalisée, qu’une conscience citoyenne anti-terreur soit tout aussi planétaire et agissante ; oui, il nous incombe de développer l’anti-haine solidaire, au nom de la fragilité de la vie, du monde… Qu’une solidarité humaine puisse se développer, hors des nomenclatures et politburos où l’on coopte le pouvoir. FRERES ET SOEURS HUMAINS, REJETTONS ENSEMBLE LE MEURTRE QUE L’ON BANALISE. REFLECHISSONS ENSEMBLE A SES CAUSES ET DEFENDONS NOS ENFANTS, NOS FAMILLES, NOS VISIONS DU MONDE COMME UN SEUL CORPS ET UNE SEULE CONSCIENCE. C’EST POSSIBLE, AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD ! Démasquons l’imposture de cette vie faite de guerres qui nous tuent et enrichissent les puissants ! A la conscience planétaire de l’écologie, adjoignons la conscience planétaire de la concorde humaine, qui dénonce cet état de faits que l’on voudrait nous faire prendre pour de l’argent comptant…

 

(c) Khal Torabully

 

 

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