SENEGAL – Chronique: C’est ainsi que naissent les dictatures (Par Babacar Touré)

Convenablement à l’invitation-défi de M. Idrissa Seck, les Sénégalais s’attendaient à ce que, enfin, la vérité soit connue sur ce honteux «protocole de Reubeus»; scellé sur le dos du peuple par une équipe de «grands bandits» comme l’a reconnu le principal mis en cause, dans un enregistrement audio resté inédit dans l’histoire judiciaire du Sénégal.

 

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Mais, comme à son habitude, Macky Sall est venu doucher nos espoirs de connaître le fin mot de cette histoire. Et voir nos maigres économies nous revenir. Le procureur comme les journalistes,  qui ont eu le culot de poser les questions qui fâchent, peuvent aller au diable.

 

«Ce débat n’a aucune importance pour ce pays, nous avons besoin de débats économiques», a  décidé  le nouveau monarque du palais de Dakar. Pourtant, c’est ce même président qui occulte toutes «les bonnes questions économiques» que ne cessent de poser l’inspecteur Ousmane Sonko quand il l’accuse, lui et sa famille, de faire perdre des milliards au trésor public.

Mais au lieu de répondre à ces débats posés, il préfère nous amuser avec son conseil ministeriel décentralisé qui napporte rizn aux conditions de vie des Senegalais.

Pendant ce temps, les auditions prévues par le procureur sont renvoyées au calendrier serère! Au diable le droit constitutionnel du peuple sénégalais à avoir des comptes sur la gestion de ses deniers. C’est Macky Sall qui décide ce qu’on doit dire ou faire.  C’est lui qui décide des sujets qui méritent d’être débattus.

 

On croyait avoir touché le sommet de la désinvolture avec Abdoulaye Wade quand il disait: «si je veux demain je m’achète 3 avions de commandement».

Mais, à côté de Macky Sall,  le père de Karim Wade est un nain. L’actuel président du Sénégal a cela de pervers pour une démocratie naissante que l’homme a, avec lui, la jeunesse -il a juste 50 ans- et le soutien d’une frange non négligeable  des leaders d’opinion prompts à vendre leur âme au prince régnant, pour assouvir des intérêts mondains.

 

C’est dans ce cadre qu’il peut livrer le Sénégal et un prince déchu aux qataris, marchander l’intervention des soldats sénégalais en Arabie, filer 13 milliards de nos Francs à son ami mafieux Adama Bictogo, priver le trésor public de centaines de milliards, imposer son clan à tous les postes de souveraineté et abandonner Mbayang Diop à la menace du glaive des saoudiens sans qu’on entende les cris d’orfraie des défenseurs de l’orthodoxie.

 

A ce rythme de la dictature de la pensée,  le maître du jeu réussira à nous demander, à tous, de ne porter que des tee shirts à son effigie après avoir décidé comme son père spirituel,  Abdoulaye Wade, d’ériger un monument à son image. C’est comme ça que naissent les dictatures. Nous sommes tous avertis.

 

Babacar Touré

 

 

Source : http://www.senenews.com

 

Senenews (Sénégal)

 

 

 

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