Ces messages qui nous viennent de Tunisie

 

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Pays de métissages et de grande culture, la Tunisie a souvent fait figure d’exception dans l’ensemble du Maghreb, voire de l’Afrique. On ne l’évoque, peut-être pas assez dans l’actualité, tant c’est de l’histoire ancienne. Mais le réceptacle de peuples que fut cette terre qu’on appelait naguère Ifriqiya est celui qui a aussi donné son nom au continent. C’est-à-dire Africa ou Afrique. L’Afrique doit ainsi son nom à la Tunisie.

 

Habib Bourguiba qui a conduit le pays à son indépendance et qui a présidé longtemps à ses destinées s’était fait fort de lui doter de l’une des Constitutions qui faisait sa fierté. Non seulement au Maghreb mais également dans toute l’Afrique et dans le monde entier. En ce que cette Constitution-là, dans le contexte de son époque, accordait une place d’importance à la femme. L’homme n’aura ni ainsi trahi la femme qui est la mère de l’Homme, pour reprendre un adage. Et encore moins sa profession d’avocat. Le président Habib Bourguiba fut le premier avocat des femmes de son pays par cet acte courageux et visionnaire que beaucoup qualifient d’ailleurs de « révolution » en Tunisie et dans le monde arabe.

 

A travers le Code du statut personnel (CSP) du 13 août 1956, le président Habib Bourguiba donna aux femmes tunisiennes des droits qu’aucun pays arabe n’accordait aux femmes. Ce code établissait le principe fondamental de l’égalité de l’homme et de la femme, interdisait la polygamie, imposait le consentement des époux, répondait à la question du divorce devant un tribunal, etc. Il s’agissait là de la première grande révolution tunisienne, en somme.

 

« Le printemps arabe » peut donc être considéré comme la deuxième grande révolution. La contestation populaire ou « révolution de jasmin » qui a mis fin au régime oligarchique et dictatorial de Zine el-Abidine Ben Ali et qui est parti de Sidi Bouzid le 17 décembre 2010, restera à la fois un symbole et une leçon dans l’histoire de l’émancipation des peuples d’Afrique. A savoir que tout peuple doit pouvoir se libérer de tout dirigeant, quel qu’il soit, quand il assez de gémir sous son joug.

 

A tous ces messages, la Tunisie vient encore d’en ajouter un dernier et pas des moindres. Dans l’imbroglio sociopolitique né de l’après-révolution de Jasmin, avec son cortège de dérives islamistes et terroristes ou de crise économique, la Tunisie a opté pour un gouvernement d’union nationale. Et le vieux président Mohamed Béji Caïd Essebsi a nommé Premier ministre le jeune universitaire Youssef Chahed pour conduire ledit gouvernement. Tout un symbole !

 

Agé de 41 ans seulement, le jeune Premier ministre tunisien est diplômé en agroéconomie de l’Institut national agronomique de Tunis en 1998, major de promotion.  Titulaire d’un doctorat en sciences agronomiques de l’Institut national agronomique Paris-Grignon en France, il est chercheur et professeur en agroéconomie dans de nombreuses universités. Il est également professeur visiteur dans plusieurs universités à travers le monde.

 

En nommant Youssef Chahed au poste de Premier ministre, la Tunisie a encore volontairement ou involontairement envoyé un message d’importance et d’exception non seulement à sa jeunesse mais également à celle de toute l’Afrique. A décrypter ! Et si seulement la jeunesse tunisienne pouvait comprendre ce message…

 

Par Marcus Boni Teiga

 

 

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