AFRIQUE DU SUD – Vadrouilles dans le township de Soweto

Nelson Mandela, feu l'ancien président d'Afrique du Sud.Nelson Mandela, feu l’ancien président d’Afrique du Sud.
À l’arrivée à Johannesburg, la question s’impose : « Faut-il visiter Soweto ? » Des images de tragédies affluent : celles des émeutes de 1976, de la police de l’Apartheid abattant les écoliers noirs. La peur de la violence est aussi présente. Ne dit-on pas que les Blancs n’osent pas mettre les pieds dans le South West township, une ville noire de trois millions d’habitants ? Pourtant, des visites sont organisées par des habitants du cru. L’un des plus célèbres se fait appeler “Max”. Cet ancien militant de l’ANC (African National Congress) débarque dans les hôtels de Johannesburg avec son minibus blanc. Il emmène les touristes jusqu’au fin fond de Soweto sans que jamais ils ne se sentent en insécurité.

 

Max a grandi à Soweto et il y vit toujours malgré sa réussite sociale. Les habitants savent que son succès est aussi le leur et font bon accueil aux touristes. On boit un verre dans l’un des nombreux “troquets” avec terrasse. On découvre l’avenue la plus branchée de Soweto. « C’est la seule rue du monde où vivaient en même temps deux futurs prix Nobel : Nelson Mandela et Desmond Tutu », souligne Max. À deux pas se trouve la maison de Winnie Mandela. Une villa cossue qui symbolise l’émergence d’une bourgeoisie noire. Au cours de la dernière décennie, de belles maisons ont vu le jour à Soweto, loin de l’image de misère qui lui colle à la peau.

 

Soweto accueille d’autant mieux les touristes qu’elle en tire des revenus. Des cars de touristes font la queue devant un Musée de l’Apartheid flambant neuf. Pourtant Max n’entend pas présenter une vision idyllique. Le minibus fait halte devant une misérable cabane, une de celles qu’on appelle “maisons-boîtes d’allumettes”. Une vieille femme nous présente ses petits-enfants, qu’elle élève seule. « J’empêche les hommes de les approcher. C’est trop dangereux. Beaucoup de séropositifs imaginent qu’il suffit de violer un enfant vierge pour guérir ». Loin des cartes postales, cette visite révèle ombres et lumières de la nouvelle Afrique du Sud.

 

Pierre Cherruau

Source : Ulysse

 

 

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