DOCUMENTAIRE – « La souffrance est une école de sagesse »

 

AstridLa couleur est rouge-latérite. Comme les terres que la caméra montre, comme le village qui s’offre au regard, comme les larmes qui ruissellent le long des joues d’Ariane Astrid. Ici, la simplicité des gens, leur sourire, leur accueil contrastent avec le dénuement dans lequel ils vivent. Qu’importe. Ariane Astrid Atodji se sent proche d’eux, elle sent leurs désarrois comme elle sent leur compassion dans la souffrance qu’elle éprouve. La souffrance du vide, des origines cachées, des manques tant ressentis. Il s’agit de son père, le fils de ce village de Ouidah, parti à l’étranger avec la promesse de revenir mais qui n’est jamais revenu. Il s’agit de ce frère à qui une bourse d’études a été offerte et qui s’en est allé là-bas au Cameroun, faisant sienne cette nouvelle terre. Et sur cette terre, il a eu une fille, Astrid justement qui n’a jamais compris pourquoi le père refuse de retourner au bercail, pourquoi il refuse de l’y emmener, pourquoi il refuse de répondre aux questions sur ses origines.

 

Et face à ce silence qui a duré trente-six ans, la jeune femme décide, caméra sur épaule, d’aller voir de près cette terre, de mettre des visages sur ses parents paternels, d’interroger leurs regards même si les réponses à tant d’interrogations semblent aléatoires.

 

La souffrance est une école de sagesse

Pas après pas, elle tente de reconstituer le puzzle. Mais chaque fois qu’elle tombe sur une des pièces, sa recomposition semble encore plus improbable et les larmes éclatent en abondance. Enfin de compte, c’est sa petite tante, la sœur de son père, qui lui servira de guide au milieu d’une foule de souvenirs traduits par les archives d’école, les traces des endroits où le père a vécu, les témoignages des uns et des autres, surtout ceux des membres de la famille. Ou de ce qu’il en reste.

 

 » La souffrance est une école de sagesse » est un documentaire-vérité sur la quête des origines, la douleur qu’elle peut engendrer et l’impuissance, pour l’itinérant, de remonter le temps. Les réponses à la quête ne sont pas indispensables, mais sont nécessaires les ressentis éprouvés au contact des faits, l’extraordinaire mobilisation des gens autour du sujet, la compréhension que commandent les situations, toutes choses qui permettent de relativiser la souffrance et de la surpasser. C’est, pour Astrid Atodji, une école. Et pour toutes les Astrid du monde une pédagogie de l’espoir.

 

La souffrance est une école de sagesse d’Astride Ariane Atodji (Cameroun/Bénin /France) diffusé surTV5…

 

Par Florent Couao-Zotti

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