GABON – Jean Ping : «Je ne reconnaîtrai pas le pouvoir d’Ali Bongo !»

Deux jours après la prestation de serment d’Ali Bongo, le candidat consensuel de l’opposition, convaincu de sa victoire, n’entend pas reconnaître le pouvoir du président de la République. Il déploie un agenda.

 

Jean Ping, le 29 septembre 2016 à Libreville. © GabonreviewJean Ping, le 29 septembre 2016 à Libreville. © Gabonreview

 

Des jours après la décision de la Cour constitutionnelle confirmant la victoire du candidat du Parti démocratique gabonais (PDG) lors du dernier scrutin présidentiel, Jean Ping qui dénonce un «coup d’état militaro-électoral» n’a pas arrêté de considérer qu’il est le véritable président élu du Gabon. Et visiblement, la cérémonie d’investiture du président de la République organisée le 27 septembre dernier ne l’en a pas dissuadé. À la faveur d’une déclaration, le 29 septembre à Libreville, le candidat consensuel de l’opposition a réaffirmé sa «détermination à assumer (ses) responsabilités de président élu par le peuple souverain, au-delà des circonstances».

 

«Je réaffirme urbi et orbi que je ne reconnaîtrai pas le pouvoir d’Ali Bongo qui a les mains souillées de sang de nos compatriotes. Je ne reconnaîtrai pas ce pouvoir qui a fait massacrer froidement de nombreux Gabonais, tout simplement parce qu’ils réclamaient le respect de leurs suffrages exprimés le 27 août 2016», a déclaré l’ancien président de la commission de l’Union africaine devant ses soutiens et les militants ayant bravé l’impressionnant dispositif des forces de l’ordre en faction devant l’entrée du domicile de l’opposant depuis plusieurs jours. Pour lui, il est également inenvisageable de reconnaître un «pouvoir inquisiteur qui enlève les Gabonais dans les rues, comme dans leurs maisons et les emprisonne arbitrairement».

 

Des Gabonais, lors de la déclaration de Jean Ping le 29 septembre 2016. © GabonreviewDes Gabonais, lors de la déclaration de Jean Ping le 29 septembre 2016. © Gabonreview

En réponse à l’appel au dialogue lancé par Ali Bongo, Ping a martelé : «Voilà quelqu’un qui a été désavoué par le peule et battu dans les urnes, qui demande à celui à qui il a volé l’élection de venir dialoguer avec lui ! Il le demande de surcroît le révolver sur la tempe, les hélicoptères d’attaque et les mirages volant à basse altitude au-dessus de nos maisons. (…) Nous n’irons à aucun dialogue sous l’égide de cet imposteur. A ses appels trompeurs à un dialogue de légitimation, nous disons non. (…)   Personnellement, dans mes fonctions nationales et internationales, je n’ai cessé de pratiquer le dialogue. Donc je ne suis pas fondamentalement contre le dialogue. Ma position à ce sujet est claire, je ne m’associerai pas à cette vaine tentative de légitimation de la forfaiture que les Gabonais dénoncent.»

 

A contrario, Jean Ping annonce une série d’initiatives dont l’organisation par ses soins d’un autre dialogue. «J’invite le peuple Gabonais à observer, le jeudi 6 octobre 2016, une journée nationale de recueillement pour nos morts et de compassion pour toutes les familles endeuillées, et toutes les victimes de la barbarie qui s’est abattue sur notre pays. (…) J’appelle le peuple à se préparer à un dialogue national inclusif qui sera organisé à mon initiative et selon des modalités qui sont à l’étude.» Et d’inviter les formations politiques, les syndicats, la société civile, les confessions religieuses, la diaspora et «toutes les autres forces vives de la Nation à se préparer à prendre une part active à ce dialogue national.»

 

A la communauté internationale qui a fait valoir «avec insistance» la nécessité pour lui «de se conformer aux voies légales et de jouer le jeu des institutions», il a lancé une nouvelle invite à «prendre ses responsabilités». Il a invité les Gabonais à se joindre à lui, à «rejeter et faire obstacle» au pouvoir d’Ali Bongo et à «ne lui accorder aucun crédit». Le candidat malheureux à la dernière présidentielle a également demandé aux ONG humanitaires internationales, «notamment à Amnesty international, et au Procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI), de venir au Gabon pour faire toute la lumière sur les assassinats, les disparitions et les violations des droits de l’Homme qui sont perpétrés dans notre pays depuis le 31 août 2016.»

 

Jean Ping a tenu à préciser que, conformément à son engagement personnel, il ne cédera ni ne reculera jusqu’à ce que sa victoire lui soit rendue.

 

Par

 

 

Source: gabonreview.com

 

Gabonreview.com (Gabon)

 

 

A lire aussi:

 

GABON – Issozet-Ngondet nommé Premier ministre d’un gouvernement d’ouverture

 

GABON – Ali Bongo prête serment pour un deuxième septennat

 

GABON – Jean Ping : «J’invite Ali Bongo à reconnaître le verdict des urnes»

 

GABON – Présidentielle 2016 : Les assurances de Moubelet-Boubeya aux observateurs internationaux

 

GABON – Présidentielle 2016 : Jean Ping, candidat unique de l’opposition

 

GABON – «Je pars pour infliger un K.O. afin de sauver les Gabonais», dixit Ali Bongo

Commentaires