GABON – Nouveau gouvernement : «Petite» ouverture, grande déception

Très attendu, le gouvernement de «large ouverture», annoncé par le président de la République, puis par le Premier ministre n’aura été que d’une «petite» ouverture au regard de personnalités qui l’ont intégré.

 

Personnalités illustrant l’ouverture dans le gouvernement Issoze Ngondet.© Montage GabonreviewPersonnalités illustrant l’ouverture dans le gouvernement Issoze Ngondet.© Montage Gabonreview

 

C’était l’événement du week-end au Gabon. Très attendu, la composition du gouvernement de «large ouverture» tel qu’annoncé par le président Ali Bongo pendant son investiture, le 27 septembre dernier a déçu plus d’un. Par rapport au dernier gouvernement Ona Ondo, l’équipe Issoze Ngondet compte une vingtaine de nouvelles personnalités, parmi lesquelles sept non issues du Parti démocratique gabonais (PDG).

 

L’UPG-Moubamba, l’UPG-Awendjé, le Parti pour le développement social et solidaire (PDS) de Séraphin Ndaot, le Parti social démocrate (PSD) de Pierre-Claver Maganga Moussavou, et, plus surprenant, Estelle Ondo, débauchée de l’Union nationale (UN), ont accepté de siéger dans le gouvernement. A ceux-là, on pourrait ajouter des membres de la société civile, à savoir la magistrate Lucie Akalane nommée ministre déléguée chargée de l’Enseignement primaire, et une élue indépendante de l’Assemblée nationale, Flavienne Mfoumou Ondo, désignée ministre des Transports.

 

Un titre ronflant pour l’insaisissable Moubamba

 

Bruno Ben Moubamba, 49 ans, leader de l’une des nombreuses branches de l’Union du peuple gabonais (UPG), est nommé vice-Premier ministre, chargé de l’Urbanisme, de l’Habitat social et du Logement, va pouvoir travailler avec celui qu’il appelait, il y a encore deux mois, le «despote». Un titre ronflant pour un responsable politique quelque peu instable et insaisissable. Bien que n’ayant obtenu que 0,59% lors du dernier scrutin présidentiel, mais pour avoir dit ce qu’il fallait dire contre Jean Ping, il obtient un ordre protocolaire de premier plan que ne manqueront pas de lui envier de gros calibres PDGistes. L’UPG-Awendjé, elle, perd un ministre d’Etat – en l’occurrence Matthieu Mboumba Nziengui -, et se retrouve avec un ministre délégué, Olivier Koumba Mboumba. Le secrétaire général et porte-parole du parti d’Awendjé devient en effet ministre délégué à la Culture ! Quant au parti de Séraphin Ndaot, le PDS, qui a battu campagne pour Ali Bongo, il obtient, avec Joël Pono Opapé, le ministère de la Réforme de l’Etat. Connu pour ses outrances verbales et ses extravagances dans l’accoutrement, l’ancien basketteur qui avait milité au Parti gabonais du progrès (PGP) avant d’aller créer le PSD avec Me Ndaot Rembogo, va s’essayer à mettre en place une politique de réforme des institutions…

 

PSD : après le père, le fils

 

Le parti de Pierre Claver Maganga Moussavou, avec Biendi Maganga Moussavou, ancien président du mouvement des Jeunes du PSD, et fils de son père, sera aux commandes du nouveau ministère de la Promotion des PME et de l’Entreprenariat national. En plus d’Estelle Ondo, débauchée du parti de Zacharie Myboto, de Lucie Akalane, magistrate n’ayant aucune carte de membre d’un parti, et de la députée indépendante Flavienne Mfoumou Ondo, l’ouverture s’arrête là.

 

Une si légère ouverture

 

Quatre partis se réclamant de l’opposition, une magistrate, une élue indépendante, et une des figures de l’Union nationale – voilà à quoi se résume l’ouverture. Beaucoup de cadres de partis d’opposition contactés et reçus au Palais du bord de mer ont refusé d’y faire leur entrée. Mike Jocktane serait de ceux-là. Pour le reste, en dehors du Centre des libéraux réformateurs (CLR), parti membre de la majorité qui y compte deux ministres, à savoir Eloi Nzondo et Patricia Tayé, les trente-un autres membres de l’équipe appartiennent tous au Parti démocratique gabonais (PDG), à l’exemple d’Etienne Massard Kabinda et de Lambert Matha, nommés respectivement à la Défense et à l’Intérieur, ou de Françoise Assengone Obame, élue de l’Okano qui revient à un poste de ministre déléguée, de Lucie Ogouwalanga Aworet, ou encore de Yves Fernand Manfoumbi, qui atterrit au ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Mise en œuvre du Programme Graine. Une belle promotion pour ce quadragénaire, membre du Bureau Politique du parti de Louis !

 

La nouvelle équipe qui ne comprend au final aucun ténor de l’opposition peine déjà à convaincre. En prêtant serment, Ali Bongo Ondimba avait déclaré : «les élections sont terminées». Il estimait quil fallait maintenant passer à autre chose en tendant une fois de plus la main à tous les Gabonais pour qu’ensemble, ils tirent les leçons du passé afin d’envisager un meilleur avenir le Gabon. Ce gouvernement est à mille lieux de cet objectif. Le gouvernement formé le 2 octobre dans la nuit devrait tenir son premier Conseil ce mercredi.

 

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Source: gabonreview.com

 

Gabonreview.com (Gabon)

 

 

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