Gbêhanzin plus fort que Jésus ?

 

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Dans leurs récits, chroniqueurs et historiens de la cour royale d’Abomey– les fameux kpanligans — montrent à quel point le roi Gbêhanzin avait des pouvoirs surnaturels que lui conféraient ses connaissances ésotériques et surtout son statut de chef des sorciers. Éduqué par son grand oncle Adandozan aux expériences paranormales, Kondo, dans sa préparation au sacre suprême, s’était lancé dans des recherches sur le « bo » qu’il approfondira par la suite en s’alliant la sympathie des dignitaires religieux les plus influents du royaume.

 

L’une des puissances acquises par le monarque était sa capacité à disparaître et à se transmuer : il pouvait se transformer en reptile ou en arbre et avait aussi la possibilité de se diluer dans le vent. Dans le maquis, Il avait, plusieurs fois , envoyé des essaims d’abeilles attaquer des colonnes de l’armée française. A ses soldats qui étaient angoissés à l’idée de dormir le ventre creux, il faisait venir des plats chauds dans la forêt pour satisfaire leurs faims. Parfois, avec l’imposition des mains, il guérissait des malades.

 

En plus de ce savoir, le fils de Glèlè avait des connaissances assez avancées dans la pharmacopée traditionnelle. Les plantes, pour lui, n’avaient pas beaucoup de secrets. La maîtrise de leurs vertus lui permettait d’intervenir dans le traitement de certaines affections dont souffraient ses proches. Les interventions spectaculaires du roi fascinaient autant qu’elles rassuraient son dernier carré de fidèles alors que se poursuivait la résistance.

 

Plus tard, quand les derniers missionnaires de l’église catholique entreprirent de convertir les populations d’Abomey et des environs, celles-ci éclatèrent de rire dès qu’on leur parla des miracles de Jésus. « Il a guéri des malades, nourri la foule à partir de rien, ressuscité des morts » ? s’étaient-elles esclaffées. » Notre Ghehanzin a fait plus. A côté de lui, Jésus fait figure d’un modeste apprenti ». Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’au cours d’un reportage de France Ô à Abomey sur le roi, un jeune disait à la journaliste Nathalie Serfati « Gbêhanzin, c’est notre Jésus Christ à nous ».

 

Par Florent Couao-Zotti

 

 

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