Le mal de notre époque

 

Macaire DagryMacaire Dagry

 

Depuis la création de notre monde, ou depuis que l’homme habite cette terre, il y a toujours eu de nombreux fléaux qui ont décimé des générations entières d’espèces humaines, jusqu’à la nôtre. De nombreuses civilisations se sont succédé; toutes écroulées par des épidémies ou des guerres. Des sociétés humaines également se sont éteintes les unes après les autres. Les hommes disparaissent, souvent pour les mêmes causes. Seul, un ordre éternel y demeure dans le temps  et dans l’espace, celui de la constance de ces faits.

 

Le désespoir et la solitude malgré les progrès de notre monde

 

Aujourd’hui, plus terrifiant encore que les épidémies telles que le Sida, Ébola, la tuberculose et autres, dans nos sociétés dites modernes, le sentiment d’abandon, la solitude, le désespoir, le sentiment de ne pas se sentir aimer ou désirer, causent autant de victimes que ces maladies. Aujourd’hui, grâce aux formidables progrès de la science, la médecine fait parfois des « miracles ». Elle sauve des vies humaines avec des moyens technologiques de plus en plus sophistiqués et ultra-performants. Même les maladies les plus redoutées arrivent à être circonscrites par la médecine, dans les pays industrialisés et dans le monde. La science nous amène à découvrir des univers, autrefois inimaginables, au-delà de notre espace terrestre.

 

Des hommes vont et reviennent sur d’autres planètes ; comme s’ils faisaient des allers et retours Abidjan-Paris par exemple. La vie sur les autres planètes de notre système solaire est de plus en plus connue par nos scientifiques. Les fonds marins sont également explorés et des mondes inconnues mis à jour, grâce aux progrès de la science. Les scientifiques étudient de plus en plus la possibilité pour les hommes d’aller vivre sur d’autres planètes de notre système solaire (Mars par exemple). Récemment, trois nouvelles planètes « potentiellement habitable » selon les scientifiques de l’agence spatiale américaine, viennent d’être découvertes avec de l’eau sur leur surface, « ouvrant ainsi la possibilité d’une forme de vie ».

 

En dépit de tous ces prodigieux progrès de notre siècle, des millions de femmes et d’hommes souffrent terriblement de sentiment d’abandon, de solitude, le désespoir, de sentiment de ne pas être aimer ou désirer. Beaucoup en meurent soit par suicide ou par maladies psychosomatiques. Nous vivons une époque vraiment paradoxale, où des êtres humains souffrent et meurent à côté de nous, sans qu’on s’en aperçoive. Nos préoccupations sont ailleurs. Nous avons de milliers d’amis sur les réseaux sociaux et pourtant nous souffrons de solitude, de manque d’amour et d’espérance. Notre téléphone devient alors, notre véritable source de bonheur, ou peut-être d’illusion de bonheur.

 

Je ne trouve pas d’homme qui m’aime, mais j’en trouve pour….

 

Sœur Térésa disait, « beaucoup de gens meurent dans le monde faute d’un morceau de pain, mais il en meurt bien davantage faute d’un peu d’amour ». En occident et de manière plus générale, dans les pays dits industrialisés, le manque d’amour, la solitude, le sentiment d’être indésirable etc. sont très souvent à l’origine de nombreux décès. En France par exemple, de nombreux suicides au sein de groupes ont fait l’actualité ces dernières années ou dans la police nationale par exemple. Cela montre à quel point le manque d’amour ou le sentiment de ne pas être aimé (même en vivant en couple ou marié) ou la solitude peuvent fortement fragiliser le psychisme humain. De telle sorte que dans le milieu professionnel, une très forte dose de pression ou de stress dans le travail ébranle toute la structure psychique de la personnalité, déjà fragilisée par ce manque d’amour ou cette solitude.

 

Dans ces pays industrialisés tant enviés par les africains à cause de cette réussite industrielle et le confort matériel, on assiste à une véritable pauvreté morale et spirituelle par ce manque d’amour ou sentiment de ne pas être aimé et désiré. Dans ces pays, plusieurs très hauts cadres, femmes ou hommes occupant de très hautes fonctions et responsabilités souffrent également de ce manque d’amour et de solitude. Ils rencontrent beaucoup de personnes dans le cadre de leurs activités professionnelles, mais, le soir venu, ils sont seuls et sans amour. A défaut d’amour, ils vont compenser avec des aventures sans lendemain, en espérant être aimé.  Avec les effets de la mondialisation, ce phénomène commence également à toucher les pays africains modernes, où on assiste de plus en plus à des souffrances dues au manque d’amour, à la solitude ou au sentiment de ne pas être aimé. Les africaines disent très souvent, « je ne trouve pas d’homme qui m’aime pour m’épouser. Mais par contre, j’en trouve beaucoup pour coucher avec moi et cela me fait souffrir. Je me sens seule et pas aimée». Cette frustration est également source de souffrance et de violence psychologique pour ces femmes, dont beaucoup d’entre elles, se tournent vers Dieu, pour avoir un homme qui puisse les épouser par amour.

 

Par Macaire DAGRY

 

 

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