Trump élu, bonne nouvelle pour l’Afrique.

 

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RFI, Radio France Internationale, sous prétexte de vouloir faire la « totale » sur les infos, est plusieurs fois revenue sur l’élection de Donald Trump et l’impact qu’un tel événement aura sur le continent africain. De vox populi en interviews de spécialistes en relations americano-africaines, les gens interrogés nous ont rebattu les oreilles avec leurs pleurnicheries.

 

« Que oui, on est foutus…on ne pourra plus aller en Amérique comme avant »– comme s’il était aisé de s’y rendre., » c’est l’Amérique raciste qui est au pouvoir »– comme si l’élection d’Obama avait rendu les Américains plus vertueux, « Trump est une brute épaisse et misogyne » – comme si plus de 80% d’Africains n’étaient pas eux-mêmes misogynes.

 

On a l’impression que les gens découvrent ce que sont, en vrai, les Etats-Unis d’Amérique, grand pays démocratique certes, mais surtout pays de paradoxes, où les extrêmes se côtoient et où les gens sont capables d’élire un idéaliste noir au pouvoir comme faire confiance à une « brute épaisse, raciste et misogyne ». Là-bas, cela a un nom  » le rêve américain « .

 

En 2008, les Africains ont dansé le chachacha à l’Américaine, heureux que celui qui est moitié africain, Obama, soit devenu le premier des citoyens du pays de l’Oncle Tom…Ils pensaient, à commencer par nos frères kényans, que le jeune président allait envoyer par camions titans des quintaux de dollars susceptibles de transformer le continent noir en USA bis – j’exagère à peine. Et pourtant, bien que le fils de Kogelo ait eu deux mandats, rien n’a changé pour l’Afrique, encore moins pour les Africains-américains, les frères de race du président, toujours englués dans le chômage, la criminalité et la sous-éducation. Et pourquoi, avec Trump, ouvre-t-on encore ici en Afrique, la boite aux lamentations?

 

On déplore le fait que l’Afrique ait été absente des discours de Trump. Comme si dans nos élections à nous autres, on a souvent parlé des USA ou de la France. Que voulez que la vendeuse de « yovo-doko » fasse des USA si lors de nos élections, un candidat venait à lui en parler? Que voulez-vous que le boucher du marché de Ouando pense, lui, de la France alors qu’il ne connait que la cartographie des carcasses d’animaux? D’ailleurs, la bonne femme du « tevi et d’ata », tout comme le vendeur de « tchintchinga » ne sait pas si l’Amérique existe ou si des humains y vivent. Exactement comme cet électeur de Trump, ce vieux blanc, vendeur de Popcorn qui n’a jamais quitté le Minesota et qui n’a strictement rien à secouer avec l’Afrique…

 

Finalement à attendre des autres, à toujours vouloir compter sur eux, les Africains ont perdu le goût de l’effort souverain, la prise en main de leurs propres destins. Ne pas s’en remettre à une puissance, fut-elle amie, partenaire ou toute autre, c’est, je crois, un engagement fort qui exige sérieux, travail, investissement. Le temps de vivre par procuration est peut-être en train de passer. Nos rêves ne sont pas en Amérique, mais bien ici, dans nos mains. Il ne tient qu’à nous de les réaliser. Avec ou sans Trump.

 

Par Florent Couao-Zotti

 

 

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