AFRIQUE – Adama Barrow, le choix du peuple: une bonne nouvelle qui nous vient de Gambie

 

Adama Barrow, le président élu de Gambie.Adama Barrow, le président élu de Gambie.

Le dernier des dictateurs africains, à la fois sanguinaire et ubuesque, a été démocratiquement évincé du pouvoir. Démocratiquement. A la suite de la présidentielle gambienne du 1er décembre 2016. Les électeurs ont accordé majoritairement leurs voix au candidat unique de l’opposition Adama Barrow. Lequel devient ipso facto le nouveau président de la République.

 

Même si contre toute attente, le fantasque dictateur Yaya Jammeh ne s’est pas fait prier pour reconnaître sa défaite au lendemain de la proclamation des résultats par la Commission électorale gambienne, il a tout de même exigé un recompte des voix. Et à cet exercice, il s’est avéré que l’écart entre le vainqueur et le perdant s’est réduit. Mais sans pour autant pouvoir manifestement inverser le résultat final. Ainsi, Adama Barrow est bel et bien élu à l’issue du scrutin avec 43,2 % contre 39,6 % pour Yaya Jammeh et 17 % pour Mama Kandeh, le troisième dans l’ordre d’arrivée.

 

Exit donc Yaya Jammeh, le tombeur de l’ancien président Dawda Jawara. Après avoir régné sans partage pendant 22 ans sur le pays, l’hurluberlu de la politique africaine qui s’est découvert des vocations de prophète et de guérisseur, parmi tant d’autres, aura donc maintenant tout le temps et le loisir de s’y consacrer. Et il a déjà promis de rentrer dans sa ferme et dans son village pour ce faire. Soit. Mais encore faudrait-il le mettre hors d’état de nuire avec ses prophéties mystérieuses et autres guérisons miraculeuses qu’il dit tenir de Dieu.

 

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Si le nouveau président élu, Adama Barrow, ne prendra effectivement les rênes du pouvoir que le 19 janvier, il reste que le perdant a déjà reconnu sa défaite par deux fois, aussi imprévisible et instable soit-il. Même s’il est revenu après coup sur sa défaite par l’un de ces rocambolesques retournements dont lui seul détient le secret. Au risque de plonger son pays dans une grave crise inédite et de faire face à l’ensemble des pays de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

 

En tout état de cause, le changement en Gambie est de taille pour être passé sous silence sans en tirer des enseignements. La Gambie donne ainsi la preuve la plus éloquente qu’en Afrique, l’alternance restera toujours possible tant que l’opposition arrivera toujours à se fédérer et à canaliser l’expression populaire. Car les dictateurs, mêmes les plus sanguinaires, n’arriveront à se maintenir au pouvoir que lorsque la furie du peuple et le leadership des opposants ne parviennent pas à se rejoindre. C’est, du reste, ce message que le dictateur fantasque, Yaya Jammeh, a su décrypter pour se résoudre, bon gré mal gré, à reconnaître sa défaire dans un premier temps. En faisant contre mauvaise fortune, bonne impression. Avant de changer subitement d’opinion en songeant aux nombreux crimes qu’il a commis par le passé et aux menaces proférés à son encontre par son opposition victorieuse. Ce qui ne l’exempte aucunement de tous les crimes qu’il a commis durant ses années de pouvoir.

 

En cette fin d’une saison électorale 2016 en Afrique, particulièrement longue et houleuse, c’est le peuple gambien – après la révolution citoyenne du Burkina Faso en 2014 – qui vient offrir une précieuse et bonne nouvelle aux citoyens d’Afrique. Une bonne nouvelle, en somme, qui n’empêche cependant pas de noter partout à travers le continent une nette régression démocratique ces dernières années. Et que Yaya Jammeh le veuille ou non, il finira par se plier à la volonté de la majorité des Gambiens.

 

Par Marcus Boni Teiga

 

 

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