AFRIQUE – La fable de l’indignation des peuples, et l’hypocrise interessée des dirigeants, pauvre Afrique !!! (par Tidiane Ndiaye)

Franc CFA par-ci, Franc CFA par-là, sans me mêler de ce débat, je conclurais en disant que sortir de la zone franc, «Boudiou! ce n’est pas la mer à boire» comme dirait ma grand-mère…. En technique monétaire, cet outil symbolique sert de moyen d’échange ou de numéraire, d’unité de compte, et de réservoir de valeur. Son premier rôle est de faciliter les échanges. Voilà pourquoi l’importance de la monnaie s’est développée avec la révolution industrielle, en engendrant un flux toujours croissant des échanges dans le capitalisme industriel. Les théories monétaires s’opposent sur le rôle de la monnaie dans l’économie. Les classiques et néoclassiques considèrent que la monnaie est neutre. Tandis que les keynésiens affirment, que la monnaie est active et qu’elle peut être utilisée pour améliorer les performances économiques. D’où la nécessité pour un Etat souverain, de battre, contrôler sa propre monnaie et d’en réguler la quantité (masse monétaire). Ceci doit se faire dans le respect des conventions internationales, surtout dans un contexte de mondialisation.

 

franc-cfa-696x462

 

Pour cela il faut que les pays désireux d’avoir leur propre monnaie – ou une monnaie unique dans un groupe de pays comme la CEDEAO -, respectent des critères de convergences. Ces critères sont aussi valables pour les Européens, que pour les Asiatiques et les Américains à savoir : La maîtrise de l’inflation, de la dette et du déficit public, la stabilité du taux de change et la convergence des taux d’intérêt. L’Afrique n’est pas un désert intellectuel pour justifier sa tutelle financière depuis les indépendances. Elle possède suffisamment de cadres économistes, monétaristes et autres experts dans le domaine, pour réussir le pari et la gestion d’une monnaie unique. Reste à savoir si la bonne gouvernance de la part de ses dirigeants suivra. Mais çà comme dirait Kipling, c’est une autre histoire. Car un «Super-critère de convergence» essentiel, évident mais non-écrit, est celui d’éviter de se servir de l’argent public, comme d’un bien personnel, une pratique courante en Afrique.

 

Autrement, aucun pays ne pourra gérer correctement une monnaie. Par conséquent, un réel développement économique et social, voire «l’émergence» tant vantée ici et là, ne seront toujours, que des rêves d’illusionnistes politicards, pour amuser la galerie. Surtout lorsqu’un président comme Bongo, qui ne manquait pas d’air ni d’humour disait : «Je n’ai pas de salaire, donc je me sers» bonjour la main à la caisse!!! Voilà pourquoi je ne me mêle de rien, je n’ai rien dit, rien entendu et j’ai rien vu…(Rires!!!)

 

Tidiane N’Diaye
Anthropologue – Economiste – Ecrivain

 

 

Source : http://www.senenews.com

 

Senenews (Sénégal)

 

 

 

A lire aussi:

 

Les Gambiens ont porté leur choix sur Adama Barrow

 

L’esclavage des Béninoises en Arabie

 

Bénin: Il faut tuer le monstre! (Par Judicaël Alladatin)

 

BENIN – AFFAIRE SEBASTIEN AJAVON – La réplique du collectif des avocats à la déclaration du Procureur de la République

Commentaires