RD CONGO – DIALOGUE INCLUSIF: Transition et décrispation divisent les délégués

En attendant la grande plénière, c’est dans les trois commissions mises en place au Centre interdiocésain que se déroulent les grands débats. Dans la foulée, deux sujets majeurs alimentent les discussions, à savoir la gestion de la transition après le 19 décembre et les mesures de décrispation politique où plane l’ombre de Moïse Katumbi. Loin de se décourager, la Cenco annonce la fin des travaux avant le 19 décembre 2016.

 

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Jour pour jour, cela fait exactement une semaine que la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a ouvert au Centre interdiocésain les pourparlers entre signataires et non-signataires de l’accord politique du 18 octobre. Cela en vue d’un accord véritablement inclusif.Il devient de plus en pluspeu probable que la fin des travaux du dialogue inclusif intervienne ce vendredi, comme prédit par les évêques.

 

Devant la presse, hier jeudi 15 décembre, l’abbé Donatien Nshole, secrétaire général a.i de la CENCO, s’est exprimé en ces termes sur cette durée : « La fin des travaux, on ne sait pas le dire avec exactitude, mais nous pensons que c’est encore possible qu’elle intervienne avant la fin de la semaine ».

 

Le retard serait dû aux discussions très houleuses au sein de trois commissions mises en place à cet effet. Le compromis est loin de se dégager sur des questions majeures, comme celle portant sur la gestion de la transition après le 19 décembre 2016 et les mesures de décrispation politique par la libération de certains prisonniers politiques et d’opinion ainsi que le retour au pays de certains opposants en exil.

Jusque tard jeudi, les parties n’ont pas levé définitivement une option dans les deux commissions qui traitent de ces sujets, à savoir la commission gouvernance des institutions et la commission décrispation politique.

 

Les questions qui fâchent

 

Selon des bribes d’informations recueillies dans les couloirs de la CENCO, il persisterait encore un épais nuage autour de ces questions. En effet, entre la Majorité présidentielle, qui s’accroche au principe contenu dans l’accord politique du 18 octobre, et le Rassemblement, qui ne semble s’allier à cette thèse, il reste des divergences qu’il faudrait aplanir avant de parvenir à un compromis.

 

Si le statut du chef de l’Etat, Joseph Kabila, ne pose plus problème, après la date du 19 décembre 2016, les non-signataires de l’accord du 18 octobre 2016 ont une autre perception du gouvernement. Ils tiennent à une nette répartition de tâches entre différents animateurs de la transition. Evidemment, les discussions se limitent encore au principe.

 

Ainsi, aucune option n’a été jusque-là levée sur le camp qui aura les commandes du gouvernement de la transition. Sans doute, sur ce point précis, l’on devrait s’accrocher au principe contenu dans l’accord du 18 octobre, selon lequel le Premier ministre de la transition est issu de l’Opposition. Laquelle ? Le nouveau chef du gouvernement viendrait-il de l’Opposition présente à la cité de l’Union africaine ? Ou bien, sortira-t-il des rangs des non-signataires de l’accord du 18 octobre ? Des questions qui divisent pour l’instant mais qui trouveront certainement une réponse en plénière.

Les discussions achoppent également sur la compréhension du concept «respect de la Constitution et ses implications sur la résolution de la crise, le fonctionnement des institutions pendant la période transitoire ».

 

Par ailleurs, il a été noté au niveau de la commission « Décrispation politique », un sujet de désaccord entre parties prenantes. Il s’agit de la libération des prisonniers politiques et la levée des poursuites contre certains leaders politiques et d’opinion.  Délégué du G7 sur la liste du Rassemblement, Olivier Kamitatu estime que les mesures de décrispation sont indispensables pour baliser la voie à des élections apaisées où tous les candidats sont censés bénéficier de la même chance de concourir.

« Pour la décrispation, nous avons constaté qu’il y a sept dossiers emblématiques parmi d’autres. Nous avons posé cette question à la partie gouvernementale. Pour ces sept dossiers, nous voulons une réponse. Que ce soit Moïse Katumbi, que ce soit Jean-Claude Muyambo, que ce soit Eugène Diomi Ndongala ou des exilés comme Roger Lumbala, comme Mbusa Nyamwisi, etc. Pour tester la bonne foi de la MP, nous lui avons remis ces dossiers qui peuvent être traités dans quelques heures. Il suffit que les magistrats se réunissent, annoncent cela et que les politiques décident. Donc, c’est une chose assez simple », a déclaré Olivier Kamitatu, cité par le site d’informations actualite.cd

 

Me Georges Kapiamba de l’ACAJ, délégué de la Société civile aux assises du Centre interdiocésain, en appelle plutôt à l’arbitrage de la Cenco pour départager les deux parties.

Dans tous les cas, la Cenco pense que le bout du tunnel n’est plus loin. Dans le communiqué de presse rendu par l’abbé Nshole, faisant le point des travaux de la journée du mercredi 14 décembre, la Cenco note quelque nettes avancées. Dans un tweet relayé sur les réseaux sociaux, Félix Tshisekedi, qui siège à la commission « Décrispation politique », est paru détendu. « Pas de fumée blanche. Dans notre commission, nous sommes à deux pas d’une issue heureuse. Ça dépendra du camp en face », note le délégué de l’UDPS, repris sur la liste du Rassemblement.

 

Pour l’instant, le Rassemblement attend que le forum du Centre interdiocésain lève clairement l’option de la fin des poursuites judiciaires contre Moïse Katumbi et d’autres leaders politiques et d’option, aux arrêts ou en exil forcé.

S’agissant de la commission qui traite du processus électoral, le débat se focalise encore sur la mise en place d’un calendrier électoral réaliste qui prenne en compte des contraintes temporelles, sociales et budgétaires. « Le débat se poursuit sur le fichier électoral, les séquences électorales, le calendrier électoral, le financement des élections, la sécurité électorale, la CENI et le CSAC ainsi que sur le mécanisme de suivi des résolutions du dialogue national inclusif », a indiqué l’abbé Nshole.

 

Faut-il dès lors craindre un échec des pourparlers engagés par la Cenco ? Dans les rangs des évêques, on minimise cette hypothèse. Ceux-ci travaillent d’arrache-pied pour amener les deux camps, signataires et non-signataires de l’accord du 18 octobre, à parvenir inévitablement à un compromis avant le 19 décembre 2016.

Au Rassemblement, Etienne Tshisekedi n’attend plus que ce moment pour s’adresser à la population. La MP et ses alliés feraient mieux de ne pas gâcher cette dernière chance de faire la paix, prélude aux élections libres et apaisées, à brève échéance.

 

Le Potentiel

 

 

 

Source : http://www.lepotentielonline.com

 

Le Potentiel (RD Congo)

 

 

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