BENIN – Le torchon brûle entre les journalistes et la HAAC

 

Les journalistes et assimilés manifestant à la Bourse du travail le 18 janvier 2017Les journalistes et assimilés manifestant à la Bourse du travail le 18 janvier 2017

 

Après avoir été contraints à avorter leur sit-in il y a une semaine, les professionnels des médias du Bénin reviennent à la charge ce mercredi avec une manifestation à Cotonou pour exiger la réouverture des médias forcés au silence et dont les portes ont été mises sous scellées novembre dernier par la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC).

 

Réunis à la Bourse du travail de Cotonou ce mercredi matin à l’appel de l’Union des professionnels des médias du Bénin (UPMB), journalistes et autres professionnels des médias estiment qu’il faut se battre. Au cours de cette rencontre aux allures de meeting, Roland Da Hêfa, ancien journaliste à la chaine de télévision privée Canal 3 et homme politique, a déclaré: « la Haac est une institution de la République, la Haac c’est pour la presse. La Haac ne peut pas interdire un sit-in ».

 

Honoré Nahum, rédacteur en chef de Soleil fm, l’un des organes fermés dénonce quant à lui le manque de confraternité à accompagner ce mouvement de protestation.

« Nous sommes tous journalistes, et vous le savez très bien, pour qu’une émette dans un pays, il faut des pylônes et il faut des émetteurs. J’invite tous les journalistes ici qui ont leur caméra à regarder en faut de ce bâtiment à côté de Béko. Est-ce que vous voyez des dipôles ? » a dit le rédacteur en chef de Soleil FM en montrant le siège de son organe non loin de la Bourse du travail.  Et Honoré Nahum d’ajouter : « Tessi nous a dit qu’on émet de Cotonou. Pour qu’une radio émette il faut les pylônes et les dipôles. Est-ce que vous avez des dipôles en haut ? Il ne connait pas ça. C’est dommage; et je ne sens pas cette corporation. J’ai honte pour nous professionnels des médias. Et je le dis à haute voix».

Pour les manifestants, la HAAC a procédé à la fermeture des médias parce qu’on « n’a juste pas envie d’écouter des Béninois donner la parole à d’autres ».

 

A la suite de Honoré Nahum, Gustave Assah, président du conseil d’administration de l’organisation de la Société civile « Social Watch Bénin » interpelle le chef de l’Etat qu’il appelle à prendre des dispositions particulières afin d’obliger la HAAC à prendre des dispositions pour rouvrir les médias fermés. Il a proposé par ailleurs d’autres alternatives consistant à saisir d’autres institutions de recours et de médiation pour sortir de la crise. En attendant que les médias ouvrent à nouveau leurs portes, la centaine de journalistes sont toujours contraints au chômage et le président de l’UPMB, Franck Kpotchémè estime que le président de la HAAC, Adam Boni Tessi n’est pas encore prêt pour le passage de l’analogique au numérique. Se penchant sur l’impact social de cette fermeture, le président de l’UPMB se demande « quel plaisir éprouve le président de la HAAC à voir des pères et mères de familles traverser les périodes de fêtes sans job ».

 

Franck Kpotchémé balaie également du revers de la main la démarche utilisée par la HAAC pour en arriver à la fermeture des sept organes de presse.

 

                                                                                                      Source: http://www.afrika7.com

 

 

Afrika7 (USA)

 

 

 

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