RD CONGO – GESTION DE LA TRANSITION: La clé de répartition divise

Les réunions tirant en longueur, l’épouvantail d’un Plan B de la Cenco plane sur les discussions directes du Centre interdiocésain. Raison, la gestion de la transition bloque les discussions entre les délégués des parties prenantes à l’Accord du 31 décembre 2016. Ceux-ci sont divisés sur la clé de répartition des postes entre Majorité et Opposition au sein du gouvernement et du Conseil national de suivi de l’Accord.

 

car 6927_200_200

Pas de fumée blanche au Centre interdiocésain où continuent les tractations autour de l’arrangement particulier à l’Accord politique du 31 décembre 2016.Jusque hier tard dans la soirée, les évêques de la Cenco ont multiplié des échanges en aparté pour convaincre les uns et les autres.

 

Entre des délégués à ces assises, de profondes divergences persistent sur deux structures majeures de la transition, à savoir le gouvernement et le Comité national de suivi de l’Accord. En réalité, c’est la clé de répartition qui pose problème.

 

Si, concernant le gouvernement, le nombre de ses membres est connu, c’est-à-dire un Premier ministre, entouré de 36 ministres et 7 vice-ministres, les parties sont encore loin de s’accorder sur la répartition des postes entre composantes à ces pourparlers. Il en est de même pour le Comité national de suivi de l’Accord, où les parties doivent se répartir un quota de 28 membres, hormis Etienne Tshisekedi autour de qui une unanimité s’est dégagée pour la présidence de cette structure. Le blocage repose sur le quota à réserver aux uns et autres.

 

Selon des indiscrétions recueillies hier soir dans les couloirs du Centre interdiocésain, une nouvelle donne a émergé, à savoir deux blocs ; d’une part, la Majorité présidentielle et l’Opposition dans sa diversité, d’autre part. Jusqu’où voudrait aller la MP en exigeant que l’Opposition signataire de l’accord du 18 octobre 2016 rejoigne le Rassemblement ? Cela sent du roussi  et pas du tout du goût du Rassemblement qui continue à considérer l’existence de deux blocs distincts : les signataires et non-signataires de l’accord du 18 octobre 2016.

 

Gourmande, la MP exige la part du lion

 

Aux termes des propositions transmises à la Cenco, la MP exige un quota de 60% dans toutes les deux structures majeures de la transition (gouvernement et CNSA) contre 40% pour l’ensemble de l’Opposition. Ainsi, pour un gouvernement composé de 46 membres, comme convenu récemment dans l’arrangement particulier, la MP a la prétention d’avoir 28 membres contre 18 pour toute l’Opposition (Rassemblement et Opposition signataire de l’accord du 18 octobre). Quant au CNSA, si l’on doit s’en tenir à la même clé de répartition, la MP réclame environ 17 membres sur un total de 28.

Evidemment, cette clé a été rejetée en bloc par le Rassemblement. Ce qui bloque à ce jour l’avancement des travaux autour de l’arrangement particulier à l’Accord du 31 décembre.

 

Qu’en est-il de la clôture des travaux ?

 

Sur ce point précis, la Cenco, qui s’était déjà prononcée sur une date butoir qui a expiré samedi dernier, a gardé le silence. Mais, un tweet fait dimanche soir par Delly Sesanga, coordonnateur de l’Alternance pour la République, a ravivé le débat.« Signature de l’arrangement le 28 janvier 2017 », a écrit, sans autre commentaire, le coordonnateur de l’Alternance pour la République. Qu’est-ce à dire ?

 

Dans les cercles politiques, des commentaires sont allés dans tous les sens. Est-ce le signe d’un blocage ? Pourquoi les délégués à l’arrangement particulier se donnent-ils une semaine de plus pour boucler tous les travaux ? Autant d’interrogations qui alimentent le suspense autour des discussions directes lancées par la Cenco depuis le 8 décembre 2016.

 

Le plus évident est que les parties sont loin d’accorder leurs violons. Déjà, l’idée pour la MP de mettre dans un même sac le Rassemblement et l’Opposition signataire de l’accord du 18 octobre 2016 énerve des délégués du Rassemblement. S’il faut ajouter à cette nouvelle règle de jeu le mode de désignation du Premier ministre qui demeure un sujet à controverse, on est encore loin du bout du tunnel.

 

Plan B de la Cenco ?

 

Quelle sera dès lors l’attitude de la Cenco ? C’est la grande énigme. L’on se rappelle que la Cenco avait menacé de mettre fin à sa médiation le week-end, quelle que soit la conclusion des échanges du Centre interdiocésain. Bien sûr, c’était avant que le président du Congo/Brazzaville ne fasse la traversée du fleuve pour l’encourager à aller jusqu’au bout de sa mission.

 

Jusqu’où ira la patience de la Cenco ? Face à l’incapacité de deux camps de faire des concessions majeures pour faire avancer l’Accord du 31 décembre, peut-on envisager l’idée selon laquelle la Cenco pourrait jeter l’éponge ? Voilà une hypothèse apocalyptique que nul ne voudrait envisager pour l’instant.

 

En attendant, une épaisse fumée noire continue à couvrir les discussions du Centre interdiocésain, où se sont poursuivis hier tard dans la nuit les travaux autour de l’arrangement particulier à l’Accord politique du 31 décembre 2016. Ce qui pourrait pousser la Cenco à mettre en œuvre son plan B.

 

Par Le Potentiel

 

 

Source : http://www.lepotentielonline.com

 

Le Potentiel (RD Congo)

 

 

 

A lire aussi: 

 

RD CONGO – DIALOGUE INCLUSIF: Transition et décrispation divisent les délégués

 

RD CONGO – Tshisekedi parle avant le 19 décembre 2016

 

RD CONGO – DIALOGUE INCLUSIF : Les travaux reprennent mardi

 

RD CONGO – NÉGOCIATIONS DIRECTES: Modération à la MP, flexibilité au « Rassemblement »

Commentaires